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Le SDF contre la presse pour ses «traitements tendancieux» de l’information

Le principal  parti d’opposition critique les organes de presse qui ont fait état de traitements de faveur dont bénéficie le chairman John Fru Ndi de la part du gouvernement camerounais.

Le Social democratic front (SDF) s’insurge contre sa «destruction» programmée par certains médias. Il l’a fait entendre dans un communiqué signé lundi, 15 mai, par le secrétaire général dudit parti, le sénateur Jean Tsomelou. Dans le viseur, des organes de la presse écrite «francophone» à l’instar de L’indépendant, Le Soir et de Sans détour qui ont consacré leurs unes à des révélations sur des financements de 6,4 milliards de Francs CFA que le SDF percevrait tous les cinq ans pour les salaires de ses élus .

«Le SDF regrette fortement le choix fait par les commanditaires de ces organes d’avoir choisi d’adopter un traitement trop parcellaire et tendancieux de l’information», indique le communiqué.

Selon la presse, le SDF percevrait des sommes importantes du gouvernement au titre d’avantages multiples, notamment : 330 millions de FCFA pour l’élection de 2011 répartis ainsi : 300 millions pour le parti et 30 millions pour Fru Ndi ; 70 millions de FCFA pour les sénatoriales de 2013 ; 120 et 140 millions de FCFA pour les élections municipales et législatives de la même année.

«Il convient d’attirer l’attention du peuple camerounais que les financements publics des partis politiques sont prévus par la loi du 19 avril 2012 et complétés par la loi du 21 décembre 2012 portant Code électoral» se défend le SDF.

Les révélations des médias cités sont accompagnées de documents «inédits» provenant du ministère des Finances et celui de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Un examen desdits documents permet de constater que de nombreux autres partis d’opposition (UPC, UNDP, UDC, UPC, MRC…) ont également perçu des subventions de l’Etat à l’occasion de la sénatoriale du 30 septembre 2013.


Les révélations de la presse contre le SDF sont étroitement liées à l’annonce du parti de ne pas participer  aux manifestations de la Fête de l’unité nationale le 20 mai prochain, en signe de protestation contre la gestion de la crise anglophone. Ce point serait, selon le journal Sans détour, l’élément qui aurait «creusé la tombe» du leader de l’opposition. «En choisissant de boycotter la Fête nationale pour des intérêts purement politiciens, Fru Ndi se met à dos l’ensemble des Camerounais mus par le désir de l’unité et du vivre ensemble qui entoure la célébration de cette fête républicaine. La colère et l’incompréhension enflent, corsées par les différents décaissements qu’opère Ni John Fru Ndi…»

Cet aspect des choses n’a pas échappé au sénateur Jean Tsomelou qui réitère le choix du SDF de boycotter les manifestions du 20 mai. «Le SDF pense que ces financements, qui ne sont pas des dons, ne nous obligent aucunement à suivre le chef de l’Etat dans ses dérives totalitaires et irresponsables depuis le début de la crise majeure dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest que connait notre pays», explique-t-il dans le communiqué sus-mentionné.

Dans les prochains jours, le Social democratic front entend apporter des précisions sur les réalités des financements publics des partis politiques tels que prévus par la loi. Le SDF annonce par ailleurs des poursuites judiciaires «si nécessaire» contre les auteurs de ces articles.

 

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