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A certains Chefs d’Etats qui nous mentent un peu trop souvent

Par François Zoomevele Effa

Mesdames, Messieurs, et surtout vous les Messieurs.
Je suis fatiguĂ© d’avoir l’honneur de solliciter vos bienveillances, alors qu’il est de notoriĂ©tĂ© on ne peut plus publique que vous ĂŞtes très malveillants. A vous le chef d’Ă©tat français, vous qui – alors que nous Africains ne vous demandions rien – nous avez promis et fait miroiter tant de choses quand vous serez PrĂ©sident, vous ne faites qu’empirer les pratiques nĂ©o coloniales de vos prĂ©dĂ©cesseurs.

Il n’y aura plus de françafrique, disiez-vous et vous avez poussĂ© le bouchon si loin dans vos bla-bla du temps de « Moi, PrĂ©sident » que vous avez laissĂ© croire que les Africains rĂ©sidents lĂ©galement en France allaient pouvoir participer aux Ă©lections locales. Que nenni! Vous avez fait pire que Sarko qui lui, dĂ©testait ouvertement l’Afrique. Vous n’avez pas comme lui me direz-vous ordonnĂ© l’assassinat de Kadhafi, le bombardement du palais prĂ©sidentiel de Gbagbo et son arrestation, sans oublier la bĂ©nĂ©diction aux Ă©lections truquĂ©es du Gabon. Mais votre armĂ©e s’est complètement dĂ©ployĂ©e en Afrique, et vos militaires en Centrafrique, au Mali,.. sont plus nombreux que du temps colonial.

Vous pourriez au moins permettre que ceux d’entre eux qui violent les petites filles et les petits garçons indigènes la bas soient aussi jugĂ©s et punis dans et par les pays souverains oĂą se passent ces crimes. Ne recommencez pas le coup de l’Arche de ZoĂ© sous Sarko ! Dites Ă  votre PrĂ©fet de Besançon d’arrĂŞter d’expulser les ressortissantes camerounaises qui ne demandent que leur rĂ©gularisation administrative conformĂ©ment Ă  la loi. Les mères d’enfants français et les conjointes de Français sont presque systĂ©matiquement dĂ©boutĂ©es alors que votre loi leur octroie de droit un titre de sĂ©jour. Mais ce PrĂ©fet leur donne Ă  ces dames une O.Q.T.F. (obligation de quitter le territoire français).

La semaine dernière encore, ce fameux PrĂ©fet a Ă©tĂ© condamnĂ© par un tribunal administratif Ă  payer une amande de 1500 euros Ă  une camerounaise dont l ‘O.Q.T.F. a Ă©tĂ© jugĂ©e abusive et qui n’a donc pas Ă©tĂ© expulsĂ©e. Et puis, dites Ă  vos mĂ©dia d’arrĂŞter de cultiver le racisme. On nous casse les oreilles avec des mosquĂ©es qui envahiraient la France, alors que c’est plein d’Ă©glises chrĂ©tiennes en Afrique. Le futur maire de Londres musulman, alors que vous vous plaigniez quand on vous disait que l’ancien maire de Paris Ă©tait homosexuel. On va oĂą comme ça Monsieur Le PrĂ©sident, peut ĂŞtre vers votre rĂ©-Ă©lection !

Quant Ă  vous, Messieurs les PrĂ©sidents d’Afrique Centrale, surtout les prĂ©sident Ă  vie du Cameroun, des Congo, de la GuinĂ©e Ă©quatoriale et du Tchad, il est très difficile de dĂ©celer une once de bienveillance dans votre maladie chronique de vous accrocher au pouvoir et de prendre en otage vos pays pendant des dĂ©cennies. L’un de vos illustres doyens, BarthĂ©lĂ©my si mes souvenirs sont bons, fanfaronnait devant des journalistes occidentaux ; il lĂ©gitimait ses 33 ans au pouvoir disant que ce n’Ă©tait pas donnĂ© Ă  qui voulait, mais Ă  qui pouvait. Oui, cher BarthĂ©lĂ©my, vous vous targuiez d’ĂŞtre le meilleur Ă©lève de François Mittterand dans le temps.

Je vous rappelle qu’il n’a fait que ses deux mandats constitutionnels au pouvoir, et qu’il n’a pas comme vous, tripatouillĂ© la constitution de son pays pour se maintenir Ă  la prĂ©sidence. C’est vrai que vous ĂŞtes l’homme des grandes ambitions, et nous venons de comprendre la plus grande et de vos ambitions et de vos rĂ©alisations, qui est votre longĂ©vitĂ© au pouvoir.


Non, le peuple n’aura pas votre peau, il vous prie vous supplie avec les motions de vos «doungourous» de rester au pouvoir jusqu’Ă  votre mort. Il paraĂ®t que vous parlez la mĂŞme langue que votre collègue de la GuinĂ©e Ă©quatoriale. Il a un grand sens de la dĂ©mocratie, car parmi les fĂŞtes nationales et fĂ©riĂ©es de son pays, il y a le 5 juin son anniversaire personnel, et il fait plus fort encore, car le 10 dĂ©cembre, journĂ©e des droits de l’homme est fĂ©riĂ© aussi. Il tient de son prĂ©dĂ©cesseur et parent qui avait changĂ© la confession de foi chrĂ©tienne dans les Ă©glises, et il fallait dire qu’on croyait en lui, le prĂ©sident tout puissant…

J’ai l’horreur d’imaginer ce cauchemar qui peut facilement devenir rĂ©alitĂ©, que vous passiez la main Ă  vos enfants comme l’ont fait certains de vos collègues : Bongo et Kabila. Ce serait dĂ©jĂ  en route pour les Ă©quato – guinĂ©ens, et comprendrez que, aussi prĂ©sidents que vous soyez, je ne vous adresse ni sentiments distinguĂ©s ni une quelconque considĂ©ration bref, je ne vous salue point.

François Zoomevele Effa.

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