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A la Maison Blanche, les conseillers de Trump ont le blues

Fin janvier, des jeunes recrues entraient Ă  la Maison Blanche pleines d’enthousiasme et de fiertĂ© Ă  l’idĂ©e de servir leur pays dans la nouvelle administration du prĂ©sident Donald Trump.

Quatre mois plus tard, leur mission, censĂ©e ĂŞtre une expĂ©rience extraordinaire dont ils se vanteront un jour auprès de leurs petits-enfants, commence Ă  ressembler davantage Ă  un Ă©norme boulet qu’ils traĂ®nent autour du cou.

En s’envolant vendredi pour son premier voyage Ă  l’Ă©tranger, Donald Trump laisse derrière lui une Maison Blanche assiĂ©gĂ©e et des jeunes conseillers de plus en plus dĂ©moralisĂ©s.

Mercredi soir, dans les petits bureaux communs très Ă  l’Ă©troit de la cĂ©lèbre « West Wing », la nomination d’un procureur spĂ©cial pour enquĂŞter sur les liens entre le cercle rapprochĂ© de Donald Trump et la Russie est tombĂ©e comme un coup de tonnerre.

Sur une tĂ©lĂ©vision accrochĂ©e au mur, les commentateurs des chaĂ®nes d’information lâchaient les mots de « collusion », « grand jury », « destitution », encaissĂ©s comme des coups de poing par des assistants du prĂ©sident muets et stupĂ©faits.

Les employés du service de communication allaient et venaient de leurs bureaux en salles de réunion pour tenter de trouver une façon positive de présenter cette nomination qui pourrait bien rester comme une tâche indélébile sur la présidence de Donald Trump.

Pendant des mois, ces employĂ©s de l’administration Trump ont vĂ©cu l’Ă©puisement, les dĂ©chirements, les coups bas et l’atmosphère de crise perpĂ©tuelle de la Maison Blanche.

Ce dernier dĂ©veloppement – point d’orgue d’une semaine de tumultes d’une intensitĂ© que la Maison Blanche a rarement connu – s’est jouĂ© sous les regards du monde entier.

Dans les couloirs, un photographe tentait de capturer par quelques clichĂ©s ces moments d’histoire, si pĂ©nibles pour le personnel, avant de se faire Ă©carter.

– ‘Comment vas-tu?’ –

Les talents de meneur d’hommes de Donald Trump, vantĂ©s par certains, ne se sont pas exprimĂ©s Ă  la Maison Blanche, oĂą les coups en douce et les rumeurs quotidiennes de limogeage sont devenus la norme.


En privĂ©, les employĂ©s se plaignent de l’incompĂ©tence de l’administration et du sous-effectif. Les conseillers les plus juniors se demandent souvent s’ils vont pouvoir retourner Ă  leur travail le lendemain, parfois avec le dĂ©sir inavouable d’ĂŞtre enfin dĂ©livrĂ©s.

Certains s’amusent de ce que l’innocente question « comment vas-tu? » est devenue une question existentielle, alors que tout le monde chuchote les dernières rumeurs de dĂ©part.

D’autres disent qu’ils cherchent une porte de sortie ou qu’ils songent Ă  prendre un avocat.

Les rĂ©publicains qui se sont vus demander s’ils Ă©taient intĂ©ressĂ©s par un poste Ă  la prĂ©sidence se tiennent prudemment Ă  distance.

Pour le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, ce dĂ©sastre vire Ă  l’humiliation publique. TournĂ© en ridicule par les humoristes, moquĂ© par les correspondants de la Maison Blanche et presque rituellement contredit par le prĂ©sident, Sean Spicer a Ă©galement dĂ» supporter d’entendre ses collègues dire aux journalistes qu’il sera bientĂ´t limogĂ©.

Présentée comme une possible remplaçante, Kimberly Guilfoyle, une ancienne avocate, mannequin et actuellement présentatrice sur la chaîne Fox News, a même ouvertement déclaré à un journal local être en pourparlers avec la Maison Blanche pour reprendre le poste de porte-parole.

« Je pense avoir une très bonne relation avec le prĂ©sident », a confiĂ© Kimberly Guilfoyle au journal Mercury News.

« J’aime les relations simples, directes et authentiques, fondĂ©es sur la confiance et l’intĂ©gritĂ©, et je pense que c’est essentiel pour rĂ©ussir Ă  ce poste. »

Sean Spicer Ă©tait vendredi Ă  bord d’Air Force One avec les autres conseillers du premier cercle – Jared Kushner, Ivanka Trump et Steve Bannon – pour un premier dĂ©placement prĂ©sidentiel Ă  l’Ă©tranger que certains comparent Ă  un champ de mines – en Arabie saoudite, en IsraĂ«l, dans les Territoires palestiniens, au Vatican, Ă  Bruxelles et en Sicile.

Pour ceux de l’Ă©quipe Trump qui restent Ă  Washington, la semaine prochaine offrira peut-ĂŞtre un rĂ©pit.

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