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Accords de partenariat Ă©conomique: Le Cameroun perdra plus de 200 milliards en 12 ans

L’association pour la sensibilisation sur les accords de partenariat ACP-UE (ASAC) continue de tirer la sonnette d’alarme

L’esprit de la dĂ©marche des responsables est simple, tout accord peut-ĂŞtre dĂ©noncĂ© si une partie le veut. C’est pourquoi, l’Asac continue, malgrĂ© la signature d’un accord de partenariat Ă©conomique d’Ă©tape le 15 Janvier 2009 par le Cameroun et l’union europĂ©enne, d’interpeller les dĂ©cideurs camerounais. Son prĂ©sident, Docteur Ebale, enseignant d’histoire Ă  l’universitĂ© de YaoundĂ© I a rencontrĂ© la presse ce mardi 3 FĂ©vrier 2009. Pour lui, si la signature des accords de partenariat Ă©conomique fait dĂ©bat, c’est parce qu’elle n’augure rien de bon pour le Cameroun. Le Cameroun qui a pourtant selon lui intĂ©rĂŞt Ă  se dĂ©fendre et dĂ©fendre l’Afrique Centrale parce que nous avons le tissu industriel le plus fort de la rĂ©gion. Les panĂ©listes rĂ©unis autour du prĂ©sident de l’Asac se sont accordĂ©s sur le fait que la signature des Ape tels que prĂ©sentĂ©es, en ce moment, constituent un risque Ă©norme pour les pays de l’Afrique Centrale. Pour Jacob Kotcho, secrĂ©taire permanent de l’association de dĂ©fense des intĂ©rĂŞts collectifs (Acdic), la signature des Ape est un facteur dĂ©stabilisateur de l’intĂ©gration rĂ©gionale. Alors que l’Afrique Centrale est en train de d’amorcer sa marche vers un ensemble sous-rĂ©gional harmonieux et cohĂ©rent, il y a lieu de constater que le Cameroun est le seul pays qui a signĂ© jusqu’ici l’accord d’Ă©tape des Ape. D’après Jacob Kotcho, l’Afrique Centrale pourrait perdre 775 milliards de francs Cfa dont 295 milliards pour le Cameroun en 12 ans du fait de ces accords de partenariat Ă©conomique. Au-delĂ  de la menace qui pèse sur l’intĂ©gration rĂ©gionale justement, la libre entrĂ©e de 80 % des produits europĂ©ens aura des implications fiscales extrĂŞmement lourdes. Ainsi que l’indique les panĂ©listes, ce sont les droits de douanes qui vont baisser alors que les droits de douanes reprĂ©sentent près de 40 % des recettes budgĂ©taires de certains pays de l’Afrique Centrale

Inquiétudes
Mme Andela, panĂ©liste et membre de la sociĂ©tĂ© civile s’interroge sur la dĂ©marche de l’Union EuropĂ©enne qui entend aider le Cameroun Ă  compenser les pertes engendrĂ©es par les accords de partenariat Ă©conomique. « C’est un vĂ©ritable scandale. Dans toutes les nĂ©gociations qui engendrent des pertes pour l’une des parties, la compensation doit ĂŞtre faite par l’autre partie » fulmine t-elle. Celle-ci a aussi soulevĂ© son inquiĂ©tude par rapport Ă  l’intention du gouvernement d’Ă©largir l’assiette fiscale pour permettre la compensation des pertes crĂ©Ă©es par les Ape. Ainsi que sur l’attitude de l’Union EuropĂ©enne qui « fait une fixation » sur le respect des Ă©chĂ©ances plutĂ´t que sur le contenu des accords. J’ai le sentiment que l’Union EuropĂ©enne ne se prĂ©occupe que des dates arrĂŞtĂ©es pour la signature des accords au lieu de discuter du contenu de ces accords a-t-elle dit. Jacob Kotcho a, quand Ă  lui, tenu Ă  prĂ©ciser Ă  l’assistance que la notion de libre accès des produits camerounais sur les marchĂ©s europĂ©ens est une notion encadrĂ©e. Ce ne sont pas vraiment tous les produits camerounais qui vont entre dans l’Union EuropĂ©enne puisque ces produits doivent avant tout respecter les normes de qualitĂ©.
Les accords de partenariat Ă©conomique continuent donc de faire dĂ©bat mĂŞme si tout indique qu’ils devraient entrer en vigueur en 2010. Les prĂ©occupations que continuent de soulever la sociĂ©tĂ© civile seront-elles entendues ? L’Asac interpelle en tout cas le gouvernement puisque, comme l’a fait remarquer jacob Kotcho, Il faut dire la responsabilitĂ© de cette affaire incombe d’abord Ă  nos dĂ©cideurs. Reste Ă  voir de quelle marge de man uvre dispose ces dĂ©cideurs et quels sont les outils de pression qu’utilise l’Union EuropĂ©enne sur ces dĂ©cideurs. Dans un contexte oĂą l’offensive commerciale de la Chine est presque foudroyante.



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