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Affaire Ibrahim Bello: la version de la victime

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Sur les circonstances qui ont conduit à l’amputation de ses membres la victime révèle avoir subi des tortures par électrification et des bastonnades. L’information est contenue dans une note attribuée au jeune homme

Dans des révélations publiées sur les réseaux sociaux et à lui attribuées,  Ibrahim Bello dénonce la torture policière dont il a été victime à Ombessa à la période allant du 05 au 07 février dernier. «Quand je suis arrivé là-bas, un policier m’a demandé de m’asseoir et il a commencé à me taper violemment avec la machette, sans même me demander ce qui s’est passé. On ne m’a pas permis de dire ce que je faisais à côté de cette voiture. Ensuite, on m’a mis en cellule où il y avait quelques personnes.
La nuit, un autre policier a menotté ma main gauche sur la fenêtre et par la suite on a cherché deux grosses chaines avec les cadenas pour attacher mes deux bras sur la fenêtre. Quelques minutes après, alors que les menottes creusaient déjà mon bras, parce que trop serrées, on a attaché mes pieds avec une longue fronde en caoutchouc.

J’ai vu trois personnes à côté de moi dont une, de courte taille et l’autre, de taille élancée. Ils m’ont placé en balançoire. Mes bras étaient attachés sur la fenêtre et les gens ont arrêté mes pieds ligotés et je regardais vers le sol. Ils ont commencé à me taper avec la machette et un morceau de planche plusieurs fois en me versant de l’eau. Le policier a pris le gros bout du long fusil qu’il avait sur lui pour cogner violemment mes doigts et ma main gauche au point où le sang sortait partout. Ensuite, par plusieurs fois, ils ont branché le courant électrique sur moi. J’ai crié pendant longtemps mais personne ne m’a laissé. Pour la suite, je ne sais plus ce qui s’est passé», indique le texte rapportant en français le récit de la victime. Ce dernier ne s’exprime qu’en Fulfulde.

En début de semaine, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) dénonçait dès la torture infligée à  Ibrahim Bello au poste de police d’Ombessa. Dans un rapport publié en début de semaine, ladite organisation fait état des blessures et de brulures de second degré retrouvées sur les jambes du concerné au moment de sa prise en charge médicale dans la même ville. Pour le CNDLH le fait pour les policiers d’avoir abandonné la victime au bord de la route alors qu’elle avait besoin de soins médicaux est un autre élément ayant favorisé la putréfaction des membres du garçon de 17 ans.


Sur les circonstances de son arrestation, Ibrahim Bello confirme le déchainement de la foule sur lui, alors identifié comme un voleur. «Quand je marchais dans la ville avec mon sac de voyage avant de prendre la voiture pour le village en passant par Bafoussam comme je le fais souvent. Je me suis retrouvé à côté d’une voiture garée non loin de ce musulman, devant un bar en bordure de la route. Quand je contemplais la voiture, notamment le numéro du châssis et son design, les gens ont commencé à crier et j’ai vu beaucoup de gens à côté de moi. Certaines personnes de la foule ont empêché qu’on tape sur moi. C’est ainsi qu’on m’a fait traverser la route directement et je me suis retrouvé au poste de police».

Ibrahim Bello est aujourd’hui privé de ses membres inférieurs et d’une partie de son bras gauche. Il bénéficie, à l’Hôpital central de Yaoundé, d’une prise en charge aux frais du gouvernement. De nombreuses interpellations ont été faites à la suite de la mobilisation des ONG et des médias sur ce cas. La société civile quant à elle entend poursuivre des actions afin de s’assurer que la responsabilité de toutes les personnes ayant participé à ce drame.

 

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