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Afrique: avec des mesures douces, on nous endort et garantit de beaux jours au FCFA

Par Leon Tuam

Le jour vient oĂč une autre gĂ©nĂ©ration d’Africains scrutera la façon dont nous avons vĂ©cu et gĂ©rĂ© les ressources en notre possession Ă  notre Ă©poque, et se demandera si nous Ă©tions des ĂȘtres humains normaux. Cette gĂ©nĂ©ration lointaine d’Africains verra tous les dĂ©gĂąts et crimes que nous avons laissĂ©s et ceux aussi commis par des Ă©trangers chez nous sous nos yeux et qui affectent durement leurs vies, et elle se demandera si nous fĂ»mes vraiment des ĂȘtres normaux.

Et quand cette gĂ©nĂ©ration lointaine d’Africains dĂ©couvrira qu’Ă  une quinzaine de pays africains la petite France avait imposĂ© une monnaie pour les maintenir dans la pauvretĂ© et l’esclavage au-delĂ  d’un demi-siĂšcle, elle dira que nous Ă©tions essentiellement rĂ©gis par la peur et l’Ă©goĂŻsme et Ă©tions anormaux.

Parlant du FCFA, les feux de pressions des milieux mĂ©diatiques et intellectuels africains sur la France et ses valets installĂ©s Ă  la tĂȘte des pays francophones ont fait frĂ©mir et pĂąlir la France ; et en dĂ©rivation, des mesures douces pour nous endormir et garantir de beaux jours au FCFA ont vu le jour.

Ainsi, on nous a dit que le tirage des billets de cette monnaie de honte dorĂ©navant se fera en Afrique, et qu’aussi ce franc utilisĂ© jusqu’ici sĂ©parĂ©ment dans les zones Afrique centrale et de l’ouest sera interchangeable Ă  l’avenir.

Peut-on, doit-on parler ici d’une certaine victoire africaine sur cette domination honteuse Ă  travers la monnaie par la France ? Pas du tout. Ce serait sans connaĂźtre la France. Ces deux mesures rĂ©cemment annoncĂ©es sont un piĂšge, une escroquerie et un somnifĂšre. Sans compter sur leurs dirigeants, les peuples victimes doivent s’organiser et gagner les rues pour refuser massivement cette rapine Ă  ciel ouvert Ă  travers le FCFA.


Ce qui s’est passĂ© est telle l’histoire d’un esclave qui s’Ă©crierait : « MaĂźtre, maĂźtre, ces chaĂźnes me font mal, coupez-les ! Je veux ma libertĂ©. » Et le maĂźtre, cynique et sarcastique qu’il est, veut tout ouĂŻr sauf LibertĂ©. Il trouve de la graisse et se met Ă  frotter les chaĂźnes en disant : « Ça doit aller mieux, tu verras. C’est mieux, n’est-ce pas ! » Et la substance attĂ©nuant la douleur, l’esclave s’assoupit, oubliant que ses chaĂźnes sont toujours lĂ , intactes.


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