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Anniversaire des indĂ©pendances africaines: L’exemple sĂ©nĂ©galais

De nombreux observateurs se sont réjouis du discours du président Wade qui, à sa manière demande une révision des accords avec la France

L’Afrique debout pour prendre son destin en main
Le coup d’envoi des festivitĂ©s du cinquantenaire des indĂ©pendances de nombreux pays africains, a Ă©tĂ© donnĂ© samedi 3 avril 2010 Ă  Dakar au SĂ©nĂ©gal par le prĂ©sident Wade. A cette occasion il a inaugurĂ© un monument de la «Renaissance africaine», en prĂ©sence de de nombreux invitĂ©s. Le prĂ©sident sĂ©nĂ©galais a appelĂ© Ă  la mise en place des Etats-Unis d’Afrique. Parmi les invitĂ©s, une vingtaine de chefs d’Etat africains, dont le ZimbabwĂ©en Mugabe connu pour sa rĂ©forme agraire. Quelques stars ont Ă©galement participĂ© aux cĂ©lĂ©brations, comme le Camerounais Manu Dibango ou l’AmĂ©ricain Akon. Les observateurs ont Ă©tĂ© marquĂ©s par le courage qui se dĂ©gageait du discours de Wade. Pour la première fois depuis SĂ©kou TourĂ©, un chef d’Etat plaide officiellement pour une nouvelle considĂ©ration des relations avec la France. En effet, après notre indĂ©pendance formelle, notre gouvernement de l’Ă©poque avait consenti Ă  l’ancienne puissance coloniale des bases militaires, terrestre, aĂ©rienne et navale, sur notre territoire. Au fil des annĂ©es, cette situation a paru de plus en plus incongrue et a Ă©tĂ© souvent ressentie, par nos populations, singulièrement les jeunes, les cadres et l’armĂ©e, comme une indĂ©pendance inachevĂ©e, a dĂ©clarĂ© Abdoulaye Wade qui a confirmĂ© que symboliquement, le SĂ©nĂ©gal rĂ©cupĂ©rait les bases militaires françaises dès ce dimanche 4 avril 2010.

Ras le bol du mépris du président français
La rĂ©action française est venue du ministère des Affaires Ă©trangères. Paris minimise les dĂ©clarations du prĂ©sident Wade. Nous n’avons pas Ă  rĂ©pondre au prĂ©sident Wade. Le SĂ©nĂ©gal a toujours eu la totale souverainetĂ© sur les emprises militaires françaises dans son pays. La question de la souverainetĂ© ne se pose pas vĂ©ritablement. L’avenir des emprises, le calendrier sont en cours de discussion pour parvenir Ă  un accord qui, j’en suis certain, ne manquera pas de satisfaire les deux parties, a dĂ©clarĂ© Bernard Valerio, le porte-parole du ministère français des Affaires Ă©trangères.

Dans une interview accordĂ©e au Journal du Dimanche, le prĂ©sident Wade justifie sa rĂ©action par le mĂ©pris du prĂ©sident français Ă  son Ă©gard. M. Sarkozy, au Cap en 2008, a dĂ©clarĂ© que la France devait se sĂ©parer de toutes ses bases en Afrique. Je n’ai pas apprĂ©ciĂ© que, s’agissant de bases qui se trouvent «chez moi», il aille rĂ©gler la question en Afrique du Sud sans m’en parler d’abord. D’autant, il faut le dire, que j’Ă©tais un peu le rival de Thabo Mbeki (alors prĂ©sident sud-africain) pour le leadership de l’Afrique. Une erreur supplĂ©mentaire du prĂ©sident français dans sa gestion des relations avec ses «partenaires privilĂ©giĂ©s» et ses «amis africains»

Pousser l’exemple sĂ©nĂ©galais plus loin


De nombreux observateurs saluent le courage du prĂ©sident Wade qui semble, au contraire de nombreux autres chefs d’Etats africains, avoir cessĂ© de voir la France comme le point cardinal de son dĂ©veloppement. En octobre 2007, le SĂ©nĂ©gal a rompu des dizaines d’annĂ©es de collaboration avec le puissant groupe BollorĂ©, en octroyant la gestion du port de Dakar Ă  la DubaĂŻ Ports World. Des recours avaient Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s et par la suite une tentative de nĂ©gociation: mais rien n’y avait fait. A la direction du groupe, on avait admis qu’une telle dĂ©cision aurait une «portĂ©e symbolique forte»: cela fait 80 ans que le groupe français est en effet prĂ©sent au SĂ©nĂ©gal, et 20 ans qu’il gĂ©rait le port. De nombreux experts admettent aujourd’hui que la France devra faire preuve de beaucoup d’imagination, si elle veut conserver son prĂ© carrĂ© africain. De nombreux analystes politiques et Ă©conomiques dĂ©noncent de plus en plus une relation privilĂ©giĂ©e oĂą seule la France est gagnante. Les pays africains, anciennes colonies françaises, sont parmi les plus pauvres du continent et pourtant parmi les plus riches en ressources et matières premières. Le grand dĂ©fi de ces pays demeure le FCFA. 55% des rĂ©serves de change de ces pays sont gĂ©rĂ©s en toute opacitĂ© par la France qui n’a pas pu sauver le CFA de la dĂ©valuation, et qui le maintient dans une stabilitĂ© dangereuse pour ses Ă©changes et autres transactions Ă  l’international. Alors que le nombre de pauvres augmente dans les pays francophones d’Afrique, le bĂ©nĂ©fice des entreprises françaises y a augmentĂ© de 10% ces deux dernières annĂ©es.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade

www.interet-general.info)/n

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