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Arabie et Etats-Unis, des relations solides malgré les aléas

Donald Trump entame samedi son premier voyage Ă  l’Ă©tranger comme prĂ©sident par l’Arabie saoudien, un pays avec lequel Washington entretient des rapports de longue date basĂ©s sur la sĂ©curitĂ© et le pĂ©trole.

– Depuis 1940

Les deux pays ont établi des relations diplomatiques en 1940 durant la deuxième guerre mondiale. Cinq ans plus tard, leur partenariat a été scellé lors de la rencontre historique entre le roi Abdel Aziz ben Saoud et le président Franklin D. Roosevelt à bord du croiseur USS Quincy dans le canal de Suez.

La dĂ©couverte de vastes rĂ©serves de pĂ©trole sous les sables du dĂ©sert saoudien Ă  la fin des annĂ©es 1930 a donnĂ© au royaume le rang de partenaire vital pour les Etats-Unis, avides d’or noir.

Lorsque le KoweĂŻt a Ă©tĂ© envahi en 1990 par l’armĂ©e irakienne de Saddam Hussein, le prĂ©sident amĂ©ricain de l’Ă©poque George H. W. Bush a ordonnĂ© l’opĂ©ration « TempĂŞte du DĂ©sert ». Il a alors utilisĂ© les bases aĂ©riennes amĂ©ricaines en Arabie saoudite et dĂ©ployĂ© des milliers de soldats amĂ©ricains sur le sol du royaume.

« Un moment de coopĂ©ration sans pareil entre les deux grands pays », s’Ă©tait fĂ©licitĂ© M. Bush.

– Tensions puis coopĂ©ration

Mais il y a eu des périodes de tensions dans les relations bilatérales, y compris après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, revendiqués par Al-Qaïda. 15 des 19 pilotes qui avaient détourné les avions ayant tué quelque 3.000 personnes étaient des Saoudiens.

Mais plusieurs attaques, perpĂ©trĂ©es Ă  partir de 2003 contre des ressortissants Ă©trangers et les forces de sĂ©curitĂ© saoudiennes, ont fait de Ryad un partenaire solide dans la lutte contre Al-QaĂŻda. Le prince Mohammed ben Nayef, aujourd’hui hĂ©ritier du trĂ´ne, est apprĂ©ciĂ© Ă  Washington pour son rĂ´le dans la rĂ©pression de ce groupe jihadiste.

– En Syrie et au YĂ©men


Dès 2014, des avions saoudiens ont participé aux opérations de la coalition internationale qui, sous la conduite des Etats-Unis, combattent le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.

En 2015, le royaume sunnite s’est beaucoup plus focalisĂ© sur le YĂ©men oĂą il mène une campagne militaire contre des rebelles accusĂ©s de liens avec l’Iran chiite.

Washington fournit Ă  la coalition arabe sous commandement saoudien du renseignement, du ravitaillement en vol et des bombes. Mais l’administration Obama a bloquĂ© en dĂ©cembre une vente d’armes Ă  Ryad, par crainte de les voir utilisĂ©es contre les civils au YĂ©men.

– Après Obama

Les dirigeants saoudiens ont Ă©tĂ© ravis de tourner la page de l’ère Obama qui a refusĂ© d’impliquer son pays dans la guerre contre le rĂ©gime syrien de Bachar Al-Assad et a amorcĂ© une ouverture en direction de l’Iran, grand rival de Ryad.

Ils ont saluĂ© chaleureusement l’arrivĂ©e au pouvoir de Donald Trump qui a fait Ă©cho aux inquiĂ©tudes saoudiennes devant l’influence « nĂ©faste » de l’Iran.

Le puissant vice-prince hĂ©ritier Mohammed ben Salmane, 31 ans, a Ă©tĂ© le premier dirigeant du Golfe Ă  ĂŞtre reçu Ă  Washington par M. Trump. Le directeur de la CIA Mike Pompeo, le secrĂ©taire Ă  la DĂ©fense Jim Mattis et le secrĂ©taire Ă  la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure John Kelly ont tour Ă  tour visitĂ© l’Arabie saoudite cette annĂ©e.

Le prince Mohammed est ministre de la DĂ©fense, mais il s’implique beaucoup dans les dossiers Ă©conomiques. Il est ainsi l’artisan de l’ambitieux plan Vision 2030, lancĂ© l’an dernier pour rĂ©duire la dĂ©pendance du royaume au pĂ©trole. Il essaie en ce moment d’attirer des investisseurs amĂ©ricains.

En 2016, les exportations des Etats-Unis vers l’Arabie saoudite se sont Ă©levĂ©es Ă  18 milliards de dollars et ses importations du royaume Ă  17 milliards.

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