Jean Paul Tchomdou et les questions d’emploi au Cameroun

Par Hervé Endong - 28/02/2012

«Nous voulons permettre aux jeunes d’avoir des conseils pratiques qui puissent leur donner plus de force soit dans la recherche d’un emploi, soit dans la gestion de leur carrière»

 

Le producteur de la première émission télévisée consacrée aux questions d’emploi au Cameroun revient en profondeur sur les mobiles d’une telle émission et les avantages pour les chercheurs d’emploi qui avoisinent les dix millions au Cameroun

Pourquoi Carrières?
C’est la première émission télévisée camerounaise consacrée à la présentation des Success-Stories, à la valorisation des initiatives pertinentes et à la professionnalisation des compétences. Carrières part du fait que nous nous rendons compte qu’aujourd’hui, les jeunes qui frappent aux portes de l’emploi n’ont pas suffisamment d’informations ni de formation prospectives. Résultat des courses, les CV sont mal conçus, les lettres de motivation mal rédigées. En conséquence, ils se retrouvent au chômage pendant de longues années. Ceux qui ont même la chance de trouver un boulot se posent un certain nombre de questions, notamment en entreprise, sur leur carrière, sur leur profil, sur leur avancement. Quand ils ont envie de rebondir ils se retournent vers qui? Tout ce qu’on a comme journaux spécialisés dans le domaine vient de l’étranger, et ces journaux ne tiennent pas compte des spécificités locales. Au-delà, quand un jeune a le bac, il se demande quelle formation peut-il faire pour quel métier après, mais il n’a pas toujours de réponse. Carrières est donc la réponse à toutes ces questions dont les jeunes se posent.

 

© Journalducameroun.com
Jean Paul Tchomdou, producteur de Carrières
Carrière s’adresse-t-elle aux chercheurs d’emploi uniquement ou à la jeunesse dans son ensemble?
Carrières est une émission pour des cadres débutants, ou pour les jeunes chercheurs d’emplois. Quand nous parlons de jeunes chercheurs d’emplois, nous ne parlons pas forcément des jeunes de Terminale ou de ceux qui viennent d’avoir le bac. La télévision permet de ratisser large. Mais, aujourd’hui, les jeunes qui ont des difficultés sont les jeunes cadres qui viennent de débuter en entreprise et qui ont besoin des repères. Ils ont besoin des modèles, afin de développer leur carrière professionnelle, en s’arc-boutant sur eux. Accessoirement aussi, nous permettons aux jeunes en quête d’emploi d’avoir des armes efficaces pour se débrouiller dans cette jungle.

Quel est de manière concrète l’intérêt d’une telle émission pour les jeunes?
Le premier avantage pour un jeune c’est d’avoir des exemples. Nous avons des personnes au Cameroun qui ont réussi des choses extraordinaires, mais personne ne sait quelles sont les difficultés qu’elles ont rencontrées, le chemin adopté, comment elles ont répondu aux questions qui se posent. Il y a une espèce de blackout total sur leur parcours. Tous les jeunes qui veulent être pilotes, médecins, enseignants, ingénieurs, etc., doivent connaitre des modèles dans ces métiers. Ensuite, dans l’émission Carrières, il y a la rubrique appelée Coaching. C’est une rubrique pratique qui donne des informations pratiques et utiles. Lors de la première émission, le thème était «Comment rédiger un CV gagnant et convainquant». On donne des informations pratiques. A la 2e émission, le thème sera «Comment obtenir son premier emploi». Nous voulons permettre aux jeunes d’avoir des conseils pratiques, d’avoir des astuces pour leur donner plus de force soit dans la recherche de l’emploi, soit dans la gestion de leur carrière en entreprise.

 

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Jean Paul Tchomdou en compagnie de son boss, Perrial Jean Nyodog, DG de TRADEX
La production d’une telle émission demande beaucoup de moyens. Comment avez-vous géré cet aspect?
C’est vrai. La production d’une telle émission demande beaucoup d’argent. J’ai envie de dire même trop d’argent. Parce que nous avons des exigences de qualité qui se situent au même niveau que celles des émissions produites en Europe. Il y a beaucoup de mouvements et de déplacement. Carrières demande non seulement le matériel, mais les hommes et les moyens financiers. Dans notre business plan, nous nous sommes dit que nous n’allons pas avoir des rentrées financières au minimum avant la 4e ou 5e émission. Nous avons eu la chance d’avoir un partenaire qui nous suit déjà et qui permet d’anticiper un peu sur certains aspects. Au niveau de la production, nous avons pris l’engagement et les dispositions pour financer au moins 4 émissions. Nous avons des moyens personnels. J’ai contracté un emprunt bancaire pour pouvoir réaliser Carrières.

Qu’est-ce que Jean Paul Tchomdou gagne en retour ou c’est un sacerdoce?
Chacun a son objectif dans la vie. Il y a ceux qui veulent faire plaisir à leurs parents, ceux qui veulent être reconnus par leurs pays. En ce qui me concerne, mon objectif principal est de contribuer à ma manière à l’évolution du Cameroun et de l’Afrique toute entière. Je ne veux pas me contenter d’un emploi bien rémunéré. J’ai envie de me dire que 60 ans, 80 ans, après mon départ, les œuvres que j’aurai entreprises parleront de moi. Je veux contribuer à ma manière à la professionnalisation des compétences au niveau de la jeunesse. Nous avons des jeunes frères et sœurs qui, cinq ans après leur sortie de l’école, n’ont toujours pas d’emploi et cela me gêne énormément.




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