Lutte contre la corruption au Cameroun: L’arrestation de Marafa fait des vagues

Par Idriss Linge - 24/04/2012

Une organisation dénommée comité national contre l’instrumentalisation de la justice, parle de règlement de compte politique

 

L’opinion publique est de plus en plus plongée dans le débat sur les dernières évolutions au Cameroun de l’opération dite « épervier », visant à réprimer les atteintes qui ont été faites à la fortune publique. Dans un communiqué distribué aux médias, un groupe de personne se faisant connaître sous l’appellation de comité national contre l’instrumentalisation de la justice, fait savoir que l’arrestation de Marafa est le résultat d’un complot.

C’est clair, il s’agit d’une stratégie politicienne et Kafkaïenne ourdie par BIYA et les siens qui a pour objectif principal d’éliminer un véritable homme politique populaire et capable comme l’a remarqué l’ambassadeur des USA dans Wikileaks, en le condamnant à une peine infamante et affligeante lui ôtant son éligibilité.
comité national contre l’instrumentalisation de la justice


Selon les auteurs de la lettre, plusieurs indices permettent de soutenir cette position. La crédibilité du juge en charge de l’affaire est mise en cause. Le communiqué apprend qu’il ne doit sa place qu’à un conseiller spécial du président et aurait tenté d’extorquer de l’argent à Marafa du moment qu’il était ministre d’Etat. Le deuxième argumentaire repose sur des notes que monsieur Sadi ancien secrétaire général du parti (RDPC) et actuel remplaçant de Marafa, aurait eu avec l’ancien ministre de la défense Amadou Ali, aujourd’hui à la présidence. Dans la correspondance, apprend-on, il était exclusivement question de Marafa, fait savoir le communiqué.

 

© Journalducameroun.com
Une organisation parle de règlement de compte politique à propos de l'arrestation de Marafa Hamidou Yaya
Cette campagne médiatique qui divise les opinions même dans le forum des journalistes est une nouvelle étape des manifestations qui sont survenus après l’arrestation de l’ancien ministre de l’administration territoriale. En milieu de semaine passée, on a appris que des jeunes de la ville de Garoua, la principale ville de la région du Nord, ville d’origine de Marafa Hamidou Yaya, avaient boudé l’installation d’un gouverneur. Chez les observateurs avertis, il y a aussi une divergence des opinions, mais sans véritable tendance partisane. « C’est un faux débat, Marafa a été arrêté injustement et tout le reste, il n’est pas le seul à être arrêté, il y a à Kodengui une dizaine de ministres, un ancien premier ministre, des dizaines de directeurs généraux et d’administrations, là aussi c’est un coup monté ? Non. Je crois que les gens délirent complètement. Il y a un fait, ces responsables ne peuvent pas être des innocents. J’apprends que Marafa était PDG d’entreprises, c’est son salaire de fonctionnaire qui lui a donné ces moyens-là ? Peuvent-ils jurer qu’ils n’ont rien fait la main sur le cœur ? », S’exprime pour sa part François M, fonctionnaire dans un ministère à Yaoundé. Pour d’autres par contre, si la présomption de culpabilité des dirigeants camerounais peut être forte, c’est la manière dont la justice est rendue qui peut poser problème. « Il est difficile d’être dans le gouvernement de Biya et ne pas voler. Il y a trop de failles dans le système dans un régime où le parti et l’Etat se mélangent encore. Mais voilà tout semble indiquer que l’opération épervier comme beaucoup d’autres choses d’ailleurs est désormais pilotée par la Présidence. Une preuve de cela, le chef de l’Etat plutôt que de nommer un magistrat habitué des dossiers en instance, a préféré prendre un conseiller de la présidence, fusse-t-il magistrat de formation. C’est clair, que dans ce schéma, la présidence aura un fort impact sur le déroulement des procès. Il n’est donc pas à exclure que des gens convaincus de corruption et soupçonnés de de vouloir prendre la place du Khalife (président), se verront tapés dessus. Du coup la marge est très mince entre règlement de compte et application de la justice », explique pour sa part un autre observateur de ces évènements. A l’arrestation d’Yves Michel Fotso, on avait aussi parlé d’organiser les marches, les initiatives s’étaient aussitôt estompées.

 





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