Palmier à huile: Petites divergences sur l’investissement de Cargill

Par Idriss Linge - 23/05/2012

L’agence camerounaise de promotion des investissements a fait une annonce que les responsables de cette entreprise américaine commentent avec beaucoup de réserves

 

Intervenant dans une des éditions du journal diffusé sur la radio d’Etat, madame Minja Marthe Angeline, directrice générale de l’agence de promotion des investissements (API) au Cameroun, a fait part de ce que le groupe américain Cargill, jusqu’ici connu pour ses investissements dans le cacao, ambitionnerait de s’impliquer dans l’exploitation du palmier à huile. « Ils ont proposé d’investir près de 200 milliards de FCFA sur 50 000 hectares de palmier à huile. C’est un secteur où le potentiel en création d’emploi et l’investissement nous semble sérieux. Nous à l’API, examinerons cette proposition assez sérieusement », a déclaré madame Minja. Pourtant, et selon une information rapportée par l’agence Reuters, les responsables de Cargill ne semblent pas aussi enthousiastes à communiquer sur cette annonce d’investissement. «Cargill reconnait qu’elle mène constamment des actions en vue d’agrandir sa stratégie d’affaire, en vue de lui permettre d’être présent sur un marché encore plus grand. Notre politique interne nous invite par contre à ne communiquer que lorsque les progressions effectuées sur chaque projet sont assez significatives pour qu’on puisse en parler », a fait savoir Corinne Holtshausen, une des portes parole du groupe Cargill, répondant à un mail d’un journaliste de l’agence de presse Reuters. Il reste pourtant avéré que le groupe est actuellement en prospection en terre camerounaise. La visite, ont indiqué les membres de la délégation qui la composaient, «entre dans le cadre d’une mission de prospection qui vise à implanter en Afrique, notamment au Cameroun, au Liberia et en Côte d’Ivoire, une vaste plantation de palmier à huile».

 

© duchampalatable.inist.fr
Cargill veut investir dans le palmier à huile au Cameroun
La réserve du groupe américain peut se comprendre. Le palmier à huile intéresse beaucoup d’investisseurs au Cameroun et la compétition est ouverte. Il y a quelques semaines, le secrétaire général de la présidence de la république, Ferdinand Ngo’o, recevait une délégation du groupe Herakles Farm, qui envisage d’investir jusqu’à 200 milliards de FCFA dans une palmeraie, dans la région sud-ouest du Cameroun. Dans le même sillage, le singapourien Biopalm a annoncé le début dès août prochain d’un investissement de près de 900 milliards. On peut dès lors comprendre que Cargill ne veuille pas dévoiler ses cartes. L’autre problème que pose l’investissement dans le palmier à huile est la forte critique dont sa mise en œuvre fait l’objet au Cameroun de la part de la société civile. Prenant le relais d’une grande campagne internationale, le centre pour l’environnement et le Ddéveloppement (CED), une ONG camerounaise, rappelait tous les inconvénients d’une négociation légère des concessions faites par les autorités camerounaises à ses «partenaires ». « Ces contrats inaugurent dans notre pays une nouvelle catégorie d’investissements. Ils rapportent peu à l’Etat, contribuent à violer les droits des populations, et peuvent coûter extrêmement chers en cas de recours à l’arbitrage. Les accaparements fonciers sont en train de se transformer en véritable bombe à retardement économique et sociale, et il est urgent qu’une réflexion soit conduite pour corriger cette tendance », faisait savoir son responsable Samuel Nguiffo, lors de la publication d’un rapport sur les investissements d’Herakles Farm au Cameroun. Seul le futur indiquera si le groupe Cargill a pleinement tiré les enseignements des investisseurs qui sont déjà sur le terrain Cameroun.

 





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