Douala/Makèpè Missoké: Un marché qui dérange

Par Hervé Endong - 10/07/2012

Les commerçants de ce marché spontané situé dans l’arrondissement de Douala 5e ont investi la chaussée, au grand dam des automobilistes et motocyclistes

 

Marché Makèpè Missoké, ce samedi 7 juillet 2012, il est un peu plus de 9 heures. « 100, 100F les prunes, 100, 100F les prunes ! ». La jouvencelle qui, d’une voix en soprano, reprend à tue-tête ce refrain est sur la chaussée, côté droit venant de Makèpè Cité. Sur la chaussée justement, ses tas de prunes sont rangés sur un nylon transparent qui date de Mathusalem. «Le piment de bonne qualité ici. N’oubliez pas votre piment », entonne en ténor, une femme, la cinquantaine bien sonnée, qui a aussi établi ses quartiers sur la chaussée. Juste à côté. Son produit est sécurisé dans une brouette qui occupe un bon pan de la chaussée. L’image qui frappe le plus ici dans ce marché spontané débuté dans les concessions, est celle des vendeuses de légumes. C’est en effet sur la chaussée, de part et d’autre, que ces commerçantes écoulent leur produit. La route pour elle est devenue un endroit banal. Elles ne reculent devant rien. « On vous a envoyé ? ». Voilà le sort réservé à notre question de savoir pourquoi elles préfèrent investir la chaussée. « Vous voulez qu’on aille où ? Il n’y a plus d’espace à l’intérieur », lancent les plus clémentes. Le marché de Makèpè Missoké est devenu un véritable far west. Les deux bordures de la route, sur une distance d’environ 200 mètres, sont littéralement occupées par les commerçants. En dehors des marchandises qui grignotent déjà une bonne partie de la chaussée, ces derniers multiplient des traversées soporifiques de la route, compliquant davantage la tâche aux automobilistes qui marquent leur préférence pour cette route, au détriment de celles de Tonnerre et d’Akwa Nord. Ici, que ce soit en Mercedes Ml, en Lexus ou en Hummer, la vitesse est quasi nulle. Car, le risque de monter sur un pied qui traîne ou même de bousculer un commerçant est bien élevé.

 

© tripadvisor
Image d'illustration

Source d’embouteillages
Le marché Missokè est la source d’embouteillages sur cette route. « Au départ je passais de ce côté, quand le marché en question n’avait pas encore investi la route. Ça circulait. Mais, depuis que les commerçants sont sur la chaussée, j’évite cette route », témoigne un cadre d’une multinationale ayant pignon sur rue à Douala. «Il n’y avait pas de marché à cet endroit. Je ne sais pas pourquoi la Communauté urbaine de Douala laisse les choses comme ça », s’offusque un directeur général d’une entreprise opérant dans les télécoms, habitué de cette route qui a déjà la particularité d’être remarquablement étroite. A la Cud, le patron des lieux est conscient du mal. «Nous sommes au courant de tout ce qui se passe de ce côté », avoue Fritz Ntoné Ntoné. Mais, le médecin calme le jeu. «Le problème de Makèpè Missoké est très facile à résoudre », souffle-t-il, le sourire en coin. Pour le délégué du gouvernement auprès de la Cud, la priorité reste d’abord le carrefour Ndokoti et le marché Ndogpassi. «Si on réussit à Ndokoti et à Village, quand on va seulement annoncer la descente à Missokè, les commerçants eux-mêmes vont quitter avant qu’on arrive », soutient Fritz Ntoné Ntoné. Donc, la libération de ce marché n’est pas encore à l’ordre du jour. La galère des automobilistes va se poursuivre encore. Peut-être pour longtemps.

 





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