Cameroun: Le secteur primaire privé attend plus du gouvernement

Par Hervé Endong - 02/08/2012

La 2e sectorielle du Gicam, tenue le 31 juillet, a été l’occasion pour les opérateurs économiques de réitérer les attentes dans le secteur agricole et foncier

 

Sources de croissance
La problématique de l’émergence dont l’horizon est fixée à 2035 a été remise au goût du jour par la recherche des sources véritables de croissance pour l’économie camerounaise. C’est à la faveur de celle-ci qu’un net regain d’intérêt est désormais accordé au secteur primaire que ce soit du côté des pouvoirs publics ou des acteurs du secteur privé. « En effet, depuis un certain temps, tout le monde s’accorde à reconnaître que le secteur agricole est d’une potentialité de croissance exceptionnelle pour notre économie. Celui-ci occupe d’ailleurs une place de choix dans le Document de la Stratégie pour la Croissance et l’Emploi », commente André Fotso, le président du Gicam. La stratégie de réduction de 50% du sous-emploi visible est d’ailleurs basée essentiellement sur le développement de moyennes et grandes exploitations agricoles. « Cependant, une analyse de l’évolution du PIB agricole comparée à celle du PIB global montre que malgré son potentiel, l’agriculture n’arrive pas à décoller et à imprimer une dynamique positive sur l’ensemble de l’économie », relève le président de la holding Taf Investment group. Le secteur reste en effet caractérisé par des rendements faibles, d’importantes pertes après récoltes, l’absence de financements adaptés à ses spécificités et surtout d’importantes contraintes foncières. Ainsi, de l’intuition, presque universelle maintenant, à la concrétisation de cette opportunité de croissance, il reste à définir une stratégie devant conduire à l’utilisation judicieuse et rationnelle du potentiel agricole national. L’exemple de certains pays, à l’instar du Brésil, dont les niveaux de développement étaient similaires à celui du Cameroun montre qu’une amorce du développement économique à travers la révolution verte est possible.
 

 
 
 
 

 

© Journalducameroun.com
La rencontre s'est déroulée au siège du Gicam, à Douala

Aveux d’échec
C’est partant de cette constatation que le Gicam a consacré la 2e édition de ses sectorielles sur le secteur primaire. Le ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader), Essimi Menye, Ananga Messina, le ministre délégué auprès du Minader étaient les principaux intervenants de ces rencontres dont le thème était « Le secteur primaire, niche de croissance au Cameroun : Comment ? ». Le Minader dans l’ensemble, a avoué l’échec du gouvernement en matière de politique agricole. C’est surtout l’exposé du directeur des études, des programmes et de la coopération du Minader qui donne des frissons. Au regard de la forte dose de manquements soulevés. Patrick Mvondo Nna en a cité plus d’une trentaine. Concernant les contraintes d’accès au marché, Patrick Mvondo Nna cite, entre autres, le mauvais état des voies de communication, l’insuffisance des statistiques agricoles, l’inadéquation de la législation financière. Dans le domaine du financement du secteur agricole, il mentionne pêle-mêle la non spécification par type d’opérateurs, le faible taux d’attribution du crédit, etc. Dans l’ensemble, l’exposé de cadre du Minader montre et démontre simplement que le gouvernement a failli. Et les voies d’issues proposées à la fois par Patrick Mvondo Nna et Essimi Menye n’ont pas pu satisfaire les adhérents du Gicam, qui sont pratiquement restés sur leur faim, au regard de la place qu’occupe le secteur primaire dans l’économie camerounaise.

 



A savoir

  • Gicam: Groupement inter patronal du Cameroun


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