Banque agricole du Cameroun: Le lancement annoncé pour octobre

Par Hervé Endong - 09/08/2012

Le ministre de l’Agriculture et du développement rural informe que l’avis conforme de la Commission bancaire de l’Afrique centrale sera obtenu en septembre 2012

 

Exigence du Gicam
« Le dossier est déjà prêt », rassure Essimi Menye. Ce 31 juillet 2012, le Minader est l’orateur principal de la 2e rencontre sectorielle du Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam), consacrée aux entreprises du secteur primaire. Il vient justement d’être interpellé par un adhérent au sujet du mystère qui entoure le lancement de cette banque. « Il ne manque que l’avis conforme de la Cobac pour que nous lancions les activités de cette banque. La prochaine session de cet organe aura lieu en septembre prochain et notre dossier sera examiné », poursuit le Minader, serein. Après l’obtention de l’avis conforme du gendarme du secteur bancaire en septembre 2012, le Minader espère lancer les activités de cette banque le mois suivant. Sur le fonctionnement de cette banque dédiée au secteur agricole, le Gicam reste imperturbable. «Nous suggérons que la gestion de cette banque soit confiée au secteur privé », défend André Fotso, le président du Gicam. C’est la principale exigence du patronat au sujet de cette banque. Sur ce point, le Minader ne trouve aucun inconvénient. « Ce qu’il faut, c’est mettre ensemble toutes les bonnes volontés, afin que cette banque serve les intérêts de l’économie. Je suis d’accord avec vous (le Gicam : ndlr) que ce soit le secteur privé qui la gère », réagit Essimi Menye. Maintenant, il faut attendre l’acte gouvernemental pour savoir si cet accord de principe sera respecté, surtout si l’Etat du Cameroun, unique actionnaire de cet établissement bancaire, avec 10 milliards de capital, apprend-on, pourra accepter confier la gestion d’une structure qu’il finance entièrement à un privé.  En tout cas, le secteur privé attend de pied ferme l’ouverture de cette banque qui, d’après le Gicam, va booster le secteur agricole confronté lamentablement à un problème de financement.

 

© lesafriques.com
Le ministre de l’Agriculture et du développement rural (Lazare Essimi Menye, photo) informe que la Banque agricole du Cameroun ouvrira ses portes en septembre prochain
Le Fmi est contre
Seulement, il convient de rappeler que le Fonds monétaire international (Fmi) est contre la création de cette banque. L’institution de Bretton Woods ne regarde pas dans la même direction que le Cameroun, au sujet de la création de la banque spécialisée dans le financement de l’agriculture et des petites et moyennes entreprises (pme). Après des réserves plus ou moins informelles formulées par les responsables locaux au lendemain de l’annonce pompeuse de la nouvelle par le Chef de l’Etat, l’institution monétaire a formalisé ses réserves, dans un rapport publié en mars 2011. Ce document fait une analyse de l’économie camerounaise après la mission la consultation effectuée en mars- avril 2010, au titre de l’article IV des statuts du Fonds. Au sujet des banques spécialisées, le rapport cité précédemment ne fait pas de cadeau au Cameroun. « Les services du Fmi mettent en garde contre la création d’institutions spécialisées (pour l’agriculture et le financement des Pme) car par définition elles font intervenir des portefeuilles de prêts sectoriels vulnérables et non diversifiés ». Traduction simpliste, le Cameroun doit abandonner cette piste, qui, à la longue, pourrait poser des problèmes à l’économie du pays. Ce pessimisme du Fmi est partagé par Désiré Avom, vice doyen à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Yaoundé II – Soa « Ces observations sont sans doute fondées sur l’expérience passée où les institutions spécialisées n’ont pas joué leur rôle en matière de financement du développement » soutient l’enseignant. Pour contourner les écueils relevés par le Fmi, Désiré Avom propose que les financements soient adossés sur des garanties fiables qu'il faudra clairement identifier, soit à travers la création d'une institution, soit qu’elles soient apportées par les demandeurs de crédits avec le risque de renforcer le rationnement du crédit pour les petites unités de production. « Des plafonds de crédit doivent être accordés aux Pme en fonction de leur taille et leur ancienneté, ceci pour éviter des prêts concentrés en faveur d’une société. Au sujet des risques de vulnérabilité, il faut sous certaines conditions, non seulement des fonds propres et des prêts, mais aussi une assistance technique. La création, la gestion et la viabilisation d’une Pme par un promoteur demandent de l’ambition, un projet solide, une stratégie claire, des moyens financiers (dont une part substantielle en fonds propres) suffisants pour faire face aux besoins, ainsi qu’une réelle compétence en matière de gestion. Ayant en général peu de moyens financiers à sa disposition, le promoteur a tendance à sous-estimer ses besoins et nombreux sont les projets qui n’aboutissent pas, détaille quant à lui, Eric Nanfa, l’associé gérant de Ecn Finance.


 





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