Ecam contre le recrutement des 25.000 jeunes diplômés à la Fonction publique
Par Hervé Endong - 16/08/2012
D’après Entreprises du Cameroun, l’Etat n’a pas vocation à créer les emplois, mais le secteur privé
Emplois productifs
Le président d’Entreprises du Cameroun est longuement revenu sur la problématique de l’emploi ce 9 août 2012, à Douala, était invité spécial d’un atelier organisé lors d’un atelier sur la couverture de l’information économique et financière, organisé par l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun. Protais Ayangma venait partager son expérience avec les journalistes conviés à cette session de formation de deux jours animée par un célèbre journaliste américain, Paul Hemp en l’occurrence. Pour l’assureur, il faut miser sur les emplois productifs qui permettent à la longue de créer d’autres emplois. Il pense ainsi que le projet « 100.000 emplois à l’horizon 2015 », annoncé en novembre 2011, lors du lancement d’Ecam, peut mieux faire l’affaire, par rapport aux 25.000 recrues de l’Etat, qui ne vont rien créer. Le président d’Ecam ne croit pas au programme de recrutement spécial des 25.000 jeunes diplômés de l’Etat. « Je ne crois pas aux 25.000 de l’Etat », lance d’entrée de jeu Protais Ayangma Amang. «Les gens se plaignent déjà des fonctionnaires, l’Etat en ajoute d’autres. Cela veut simplement dire que le nombre de corrompus va augmenter, tout comme les goulots d’étranglement », s’indigne le directeur général de Colina la Citoyenne. Pour lui, l’Etat n’a pas vocation à créer les emplois. Mais le secteur privé. « L’Etat crée un cadre macro économique qui permet de créer les emplois, au lieu qu’il en crée lui-même, et alourdisse ainsi le budget », déroule Protais Ayangma Amang. C’est pour cette raison qu’il compte relancer l’initiative « 100.000 emplois à l’horizon 2015 », lors du forum international de la Petite et moyenne entreprise (Pme), qui aura lieu du 17 au 24 novembre 2012, à Douala. Annoncé le 2 novembre lors du lancement du mouvement patronal Ecam, l’initiative « 100.000 emplois horizon 2015» se bâtit autour et avec plusieurs partenaires que sont : l’Etat et ses démembrements, les organisations patronales comme Ecam, les entreprises, les jeunes chercheurs d’emplois, les médias, les organisations internationales et les bailleurs de fonds, etc.

Paiement des Pme
Il est attendu de l’Etat, dont l’adhésion est primordiale, trois mesures essentielles. Le paiement aux Pme avec obligation pour l’Etat et démembrements de payer dans un délais de 60 jours maximum, une loi devra être votée dans ce sens et un observatoire de délais de paiement créé, puis il faudra que l’Etat oriente la dépense publique vers les Pme en leur réservant au moins 30% des marchés publics, la restructuration des outils d’intervention de l’Etat comme le Fne, le Piasi, etc. et enfin la mise en place d’une politique de bonification d’intérêt et de prêt à taux préférentiels. Ecam devra, à la suite de l’Etat, accompagner les Pme dans la réalisation des marchés publics qui leur sont attribués à travers la formation, le renforcement des compétences et le cautionnement. La création d’un fonds de garantie permettra aux Pme un accès plus facile au crédit et pour les plus jeunes Ecam va créer, les pépinières d’emploi généralistes et spécialisées. Quant aux entreprises, troisième acteur majeur de l’initiative, elles vont se réconcilier avec le grand public mais surtout par leur adhésion au projet transformer leur vie et développement ainsi que celui des milliers de familles camerounaises. Ecam ne va pas créer des entreprises, d’autres structures notamment les entreprises, ont cette vocation, ils vont créer le cadre et interconnectés les différents acteurs pour que le projet multisectoriel soit une réalité d’ici 2015. «Cet objectif peut même être atteint avec 2015. Puisque le Cameroun compte près de 90.000 entreprises, si chacune d’elle prend l’engagement dans un cadre normalisé avec l’Etat, de créer un seul emploi par an, nous aurons largement dépassé ce chiffre à l’échéance», a indiqué François Nyoumsi, chef d’entreprise et membre du Conseil d’administration d’Ecam. «On ne demande pas un seul franc pour ces 100.000 emplois, comparé à ce va coûter les 25.000 », a rassuré Protais Ayangma.

