Paiement des factures: L’Etat se donne 60 jours pour régler tout
Par Hervé Endong - 16/08/2012
Un communiqué du ministre des Finances (Minfi) redonne espoir aux Petites et moyennes entreprises (PME)
Avancée
Ce communiqué est signé du Minfi. Le document d’Alamine Ousmane Mey porte à l’attention du public que les factures des prestataires ayant fourni des services à l’Etat jusqu’au 30 juin 2012 peuvent déjà être payées. Le communiqué susdit les invite ainsi à se présenter dans les différents postes comptables du trésor de leur localité, pour se faire payer. «Il faut une discipline, car il y a un ordre de paiement chronologique qu’il faut respecter. C’est une mesure ponctuelle qui vise à rassurer les créanciers, à mettre les comptables sur les rails et aussi à rassurer les banques», explique le directeur général du trésor dans Cameroun Tribune. D’après lui, dans la zone Cémac, le délai fixé à l’Etat pour régler ses créanciers est de 90 jours. «Mais au niveau du Cameroun, on s’est fixé un délai de 60 jours», souligne le directeur général du trésor. Ce dernier apprend aussi que le montant des factures payées par l’Etat à cette date s’élève à plus de 10 milliards de FCfa. Il s’agit là d’une véritable avancée. Une révolution. Car, le retard dans le paiement de ses factures est le principal reproche fait par les prestataires à l’Etat. Nombreuses sont les PME qui ont fermé parce que l’Etat n’a pas payé ses factures à temps. Aussi nombreux sont, également, ceux des jeunes entrepreneurs qui ont du se séparer douloureusement de leurs biens, au profit de leur banquier, à cause d’un paiement attendu, mais qui tardait à venir.

Jean Jacques Ndoudoumou, directeur général de l’Agence de régulation des marchés publics (Armp)
Ce 31 juillet 2012, lors de la 2e édition d’E-talk, le dîner-débat d’Entreprises du Cameroun (Ecam), qui réunit les représentants du gouvernement et du secteur privé ou de la société civile autour d’une problématique capitale pour l’économie camerounaise, plusieurs promoteurs des PME ont déversé leur bile sur Jean Jacques Ndoudoumou, directeur général de l’Agence de régulation des marchés publics (Armp), et l’un des principaux conférenciers.
Trois ans d’attente
«J’ai gagné un marché dans le cadre du comice agropastoral d’Ebolowa. Le marché a été réceptionné le 22 janvier 2011. Jusqu’à ce 31 juillet 2012, je ne suis pas encore payé. Pas même l’avance au titre du démarrage des travaux», a révélé François Youmsi Mogtomo. «Les entrepreneurs ayant travaillé dans le cadre de ce comice n’ont jamais été payés», a enchaîné ce promoteur de quatre Pme et membre du conseil d’administration d’Ecam, qui n’a toujours pas ses 100 millions, près de huit mois après. Elysée Bogning Deumany, directrice générale d’une Pme appelée Elbing Sarl, membre d’Ecam et de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (Ccima) a appris qu’elle attend parfois jusqu’à trois ans, avant que ses factures ne soient payées. «Les délais de paiement restent longs. Il faut que l’Etat paye dans les délais raisonnables les factures des promoteurs des Pme», s’est indigné Albert Dooh Collins, directeur général de Media Plus. Le communiqué du Minfi sort huit jours seulement après le conclave de ce jeune patronat qui a fait des Pme son portefeuille. Comme pour dire que Jean Jacques Ndoudounou et Bruno Ndongo Zinga, le directeur général des marchés des infrastructures au ministère des Marchés publics ont fidèlement transmis les réserves des opérateurs économiques au gouvernement. En tout cas, plusieurs dirigeants des PME ont très bien accueilli cette nouvelle, qu’ils qualifient d’ailleurs «d’avancée notoire». Pourvu seulement que ça dure.

