Crise des salaires à la FIFFA: Le gouvernement intervient
Par Idriss Linge - 04/09/2012
Le ministre des Finances a rassuré les personnes prenant leurs salaires auprès de cette microfinance de leur disponibilité dès ce mardi 4 septembre 2012
Au cours d’un point de presse, tenue lundi 03 septembre, le ministre camerounais des Finances Alamine Ousmane Mey, a fait savoir que les personnels des administrations publiques dont de nombreux militaires et percevant leurs salaires auprès de la microfinance FIFFA, pouvaient les recevoir dès mardi. Le ministère des finances informe les fonctionnaires militaires et autres agents de l’Etat ainsi que les pensionnés dont les salaires et pensions sont payés à travers le réseau de coopérative FIFFA, que des mesures urgentes ont été prises pour assurer le paiement immédiat des salaires ainsi que l’octroi des crédits dans le cadre de la rentrée scolaire 2012-2013, peut-on lire dans un communiqué signé de ce ministère. Parlant aux journalistes, le ministre Ousmane Mey a fait savoir que son administration ne lésinera sur aucun moyen pour que ceux qui n’ont pas reçu leurs salaires puissent l’avoir. Je tiens à rassurer l’opinion publique, surtout les clients de la FIFFA, que toute les dispositions sont prises pour que les ressources soient disponibles, a-t-il ajouté. Le gouvernement a aussi annoncé que des responsables du trésor public seraient présents dans chaque agence de l’établissement financier, pour répondre aux préoccupations de ses épargnants.

Une vision qui fait grogner les clients
Pour de nombreux usagers, le mystère demeure sur les causes du délai dans le règlement des salaires et autres services de crédit, en cette période de rentrée scolaire. Le gouvernement discrètement refuse de faire le point sur ce sujet précis. Certains militaires s’exprimant sur le sujet affichent leur mécontentement. Je suis là depuis le matin et on ne me dit rien. Nous n’avons pas de réponse à nos différentes questions alors que nous avons des contraintes. Personnellement je n’ai pas demandé à ce que mon salaire soit versé dans cet établissement, et si cela doit se faire à mon préjudice, alors c’est très grave, a fait savoir l’un des manifestants devant une des agences de l’établissement. Pour certains, la situation dure depuis plus de trois mois et aucune explication aussi n’est donnée sur les raisons de la situation. Dans l’agence FIFFA du carrefour Warda à Yaoundé, dans la capitale camerounaise, le personnel se refuse à tout commentaire. Les usagers se plaignent aussi de leur traitement en qualité de client. Plusieurs épargnants de FIFFA, ont aussi fait part de certaines contraintes, mais pour cela, le gouvernement promet simplement de revenir sur le sujet une autre fois. Il est difficile de savoir si la FIFFA s’oriente vers une crise comme celle qui a fait tomber COFINEST (Compagnie financière de l’estuaire) il y a quelques mois. Au Cameroun, il est aujourd’hui admis que le secteur de la microfinance souffre de problèmes sérieux de gouvernance. On estime à environ 1,5 million le nombre de Camerounais qui leur confient leur argent, un nombre qui a augmenté avec la décision de l’Etat il y a quelques années, de virer le salaire des fonctionnaires dans ces établissements. Les critères de sélections des partenaires du gouvernement ainsi que les modalités du suivi de ce partenariat restent inconnus du public. Il est difficile de prévoir ainsi combien de temps le problème va durer à la FIFFA. De nombreux clients exigent déjà qu’on retourne à la pratique des bons de caisses qui avaient pourtant montré des limites, avec la mise en place de gros réseaux de corruption.

