Cameroun: Que vont devenir les sinistrés de Garoua?
Par Ebah Essongue Shabba - 10/09/2012
L’on s’interroge toujours sur l’avenir des populations victimes des récentes inondations dans la région
Les récentes inondations dans la ville de Garoua ont fait de nombreux sinistrés. De Laïndé, Liddiré, Lopéré, Bibémiré, ou encore Gabdiré dans l’arrondissement de Garoua II, en passant par Souari, Sabongari, et le quartier Toupouriré dans l’arrondissement de Garoua Ier ; les victimes se comptent par milliers. Sans abris du fait des nombreuses maisons détruites, c’est dans les bâtiments des salles de classes que les familles, ne sachant plus à quel saint se vouer ont trouvés refuge. En effet, nombreuses sont ces écoles primaires, qui aujourd’hui sont devenues des camps de réfugiés où parfois plus de 1 000 âmes cohabitent dans un environnement sanitaire inquiétant. A l’école publique de la Bénoué par exemple, les sinistrés du quartier Gabdiré y sont installés depuis le 24 août dernier. Ici, êtres humains, animaux domestiques et effets personnels se disputent l’espace. La cour de récréation à moitié envahie par les eaux a été transformée en cuisine par les femmes. Les toilettes se sont très vite avérées petites, vu le nombre d’utilisateurs, obligeant certains à aller déféquer dans la nature. Et dans ce capharnaüm hygiénique, beaucoup ont vite fait de craindre des risques de choléra.

Le maire de Garoua, explicant aux populations de sinistrées de Bibémiré les mesures prises par l'Etat
Pris de cours par la catastrophe et face à l’ampleur des dégâts, c’est timidement que les autorités ont réagit. Effectuant des descentes sur le terrain pour constater le sinistre, pendant que la Croix Rouge quant à elle procédait comme il est de coutume dans ce genre de situation, au recensement des sinistrés. Il aura fallu attendre la réunion de crise du samedi 28 juillet à Garoua - soit 04 jours après le sinistre - pour une action humanitaire en direction des sinistrés : 100 sacs de riz et 25 cartons d’huile offerts par le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Garoua pour des milliers de sinistrés. Très peu diront certains, insignifiant concluront d’autres. Face à l’urgence de la situation, les sinistrés recevront également l’aide du député Mamouda Ali, de l’ambassadeur itinérant Badjika Ahidjo, du ministre madame Youssouf Hadidja Alim, d’Oumoul Koulsoumi Ahidjo maire de Garoua II ou encore celle du chef de l’Etat Paul Biya.
L’avenir des sinistrés…
Malgré tous ces actes d’assistance aux victimes, la question du devenir des sinistrés en cette période de rentrée scolaire se pose avec acquitté, au point de devenir un vrai casse tête pour les autorités administratives. L’on apprend donc qu’en guise de solution, les autorités ont décidés de déguerpir les populations des écoles et autres lieux publics qu’ils occupaient pour les recaser à Laïndé, plus précisément au stade municipale de Garoua avec l’appui de la communauté urbaine, du HCR, du PAM, de l’OMS, de l’UNICEF, etc. Un vaste camp sera construit pour accueillir et gérer les sinistrés, le temps de leur trouver des lotissements de terrain pour leur recasement définitif. Les enfants seront scolarisés avec l’appui de l’UNICEF afin que ces derniers ne perdent pas l’année scolaire débutée. D’autre part, toutes les habitations situées sur la bande de 100 mètres le long du fleuve seront détruites et les populations recasées. Ceci, afin d’éviter un autre drame dans ces zones marécageuses dangereuses que les populations occupent depuis belles lurettes et qui subissent chaque année des inondations. Il est également prévu une indemnisation des sinistrés ainsi que les agriculteurs dont les champs situés aux abords du fleuve ont été envahi par les eaux, entrainant la destruction des cultures. L’on espère surtout que ce chapelet de mesures que le gouvernement s’apprête à égrainer sera respecté en raison de l’urgence de la situation. Rappelons que pour le département de la Bénoué, suite aux récentes inondations l’on dénombre au total 23 676 personnes sinistrées.

