Cameroun-Congo: Discussions sur l’exploitation commune des gisements de fer

Par Idriss Linge - 01/10/2012

Le Cameroun propose son espace pour le transport des minerais exploités, mais le Congo a ses projets et la CEMAC ses exigences

 

Le Cameroun et la république du  Congo ont entamé des discussions pour une exploitation conjointe du minerai de fer situé à la frontière entre les deux pays. Mercredi 26 septembre 2012 dernier, Louis Paul Motaze,  le secrétaire général des services du Premier  Ministre   a été reçu  par le  Président congolais Denis Sassou Nguesso, en qualité d’envoyé spécial du président Paul Biya, dans le cadre de ces discussions. Monsieur Motaze était accompagné pour la circonstance du ministre en charge des mines, Emmanuel Bonde, et du conseil du gouvernement sur le projet de Mbalam, BMCE Capital. « Cette exploitation du fer dans les deux pays, devra nécessairement entraîner la construction d’une ligne de chemin de fer,  parce que le fer ne se transporte que par voie de rails ou par voie de bateau et donc nécessite aussi la construction d’un port. Nous sommes également là pour jeter les bases de la coopération minière entre les deux pays », a déclaré  Louis Paul  Motaze face à la télévision congolaise, pour expliquer l’initiative camerounaise. De source introduite, on apprend cependant que la rencontre aurait aussi été suggérée par le partenaire australien qui manœuvre actuellement à l’obtention d’un permis d’exploitation dans les deux pays. Situé à seulement 70 kilomètres de la frontière avec le Cameroun, il serait effectivement plus facile d’évacuer le fer du  site minier Congolais de Yangadou par le chemin de fer et le port camerounais en eau profonde de Kribi dans le littoral sud. D’un autre côté, le gouvernement camerounais ne manque  pas l’ambition  de saisir l’opportunité d’avoir des plus-values en droits de passage. Mais les dirigeants congolais estiment que si la démarche est pertinente aujourd’hui, elle ne le sera pas toujours. Le pays envisage de construire ses propres infrastructures.

 

© Journalducameroun.com
Discussions sur l’exploitation commune des gisements de fer entre le Cameroun et le Congo

«Dans un premier temps, il sera question effectivement que le minerai de fer soit transporté via le Cameroun et évacué au port en eau profonde de Kribi. Mais entre-temps, ce n’est plus un secret, nous envisageons de construire un autre port plus grand, en eau profonde, parce que le développement minier va vers un boum, et notre port actuel ne pourra pas supporter l’intensité de cette activité …Le président nous a engagé dans nos propres réflexions et d’ici peu de temps, nous pourrons parler de nos propres installations et infrastructures aussi bien routières que ferroviaires, surtout pour le port qui est déjà très avancé dans les études » a déclaré Pierre Oba, le ministre congolais en charge des mines. Une délégation camerounaise doit se rendre cette semaine à Washington aux États-Unis, pour envisager avec le conseil juridique du gouvernement sur ce projet, Patton &Boggs, ce à quoi devrait ressembler les accords d’exploitation commune. Même si un avantage comparatif semble aller pour la solution camerounaise, les experts proches du dossier font savoir que l’enjeu de ces échanges, repose aussi sur l’engagement communautaire des deux Etats. Un des challenges du dossier est celui d’harmoniser les positions sur le programme des infrastructures validé dans le cadre du PER (Programme Economique Régional) de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire d’ Afrique Centrale). Le sujet ne semble pas banal. Il y a quelques semaines, le ministre congolais en charge des transports est venu au Cameroun pour échanger sur le programme ferroviaire national. Même si entre la mine de Yagandou et le projet de port en eau profonde à Pointe Noire il y a 600 kilomètres, le pays possède aujourd’hui des réserves de change confortable et peut se lancer dans de gros projets d’infrastructures avec une meilleure sérénité que le Cameroun. « Au Cameroun tout comme au Congo, les infrastructures qui doivent soutenir l’exploitation du fer sont encore des projets. Même s’il a déjà débuté, le port en eau profonde de Kribi est encore un projet », a relevé le ministre congolais Pierre Oba. De plus, le gisement côté congolais semble plus important et son exploitation devrait durer plus longtemps. Une délégation congolaise est attendue au Cameroun en décembre prochain pour boucler le dossier, et le lancement du projet de Mbalam risque encore d’attendre.

 





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