Traîtrise au sommet de l'Etat: A bas les masques
Par Tobie NDI - 26/10/2012
Au grand bonheur du peuple, qu'on le veuille ou non, le redoutable Épervier est en haute altitude dans l'aire politico-judiciaire dans la lutte contre les crimes économico-politiques au Cameroun.
Au grand bonheur du peuple, qu'on le veuille ou non, le redoutable Épervier est en haute altitude dans l'aire politico-judiciaire dans la lutte contre les crimes économico-politiques au Cameroun. La gibecière de cet oiseau aujourd’hui craint, et que l'on croyait jusque-là confinée aux petits rats et autres souris qui grignotent de temps en temps quelques dizaines de milliers de FCFA de deniers publics, se remplit de plus en plus de bêtes de poids et bien plus féroces. La faune des prédateurs de la fortune publique et du pouvoir politique ébranlée étale au grand jour sa fébrilité et son angoisse.
Les «proies» et les «gibiers», a qui mieux-mieux, sortent des boisseaux et abreuvent l'opinion des contributions épistolaires qui, lorsqu'elles ne renforcent pas le doute sur la sincérité des propos de leurs auteurs qui clament un soutien passif pour certains et encore actif. Pour d'autres, même de manière à tout le moins ironique à son Excellence Paul Biya, trahit tout de même une chose: les signes de dislocation au sein d'un groupe d'apparatchiks du système, complice dans la conquête du pouvoir sur le dos du Président Paul Biya. Je convoque ici particulièrement les dernières sorties éditoriales des ministres Marafa et Grégoire Owona.
En fait, M. Marafa en transformant son procès qui se voulait essentiellement d'ordre judiciaire en une manipulation politique ourdie uniquement dans l'optique de la recherche d'une mise à l'écart de la vie publique du prétendant au pouvoir qu'il finit par se reconnaître, lâche là un aveu implacable. L'atteinte à la fortune publique qui lui est imputée avait pour finalité, l'acquisition d'un trésor de guerre en vue de la course au pouvoir.
Sans citer nommément ses partenaires dans cette besogne, M. Marafa se dévoile leader d'un lobby probablement constitué mais encore silencieux, ceci à son grand étonnement, alors que l'heure devrait être selon lui à l'action. Aussi, la première réaction, comme pour combler les attentes est venue du Ministre Grégoire Owona, et publiée dans les journaux la semaine dernière Ainsi, le Ministre Owona explique avec aisance et clarté le message de Marafa qui jusque-là était ambigu. J'ai appris de la plume du Ministre, Secrétaire Général Adjoint du Comité Central du Rdpc, que M. Marafa appelle le peuple camerounais tout simplement à un soulèvement populaire et à la sédition. En avait-on vraiment besoin?

Tobie NDI Communicateur, homme politique, militant du Rdpc
Je me permets de m'interroger sur le choix du rôle «d'assistant de Marafa» joué dans ce contexte. Est-ce du fait qu'il maîtriserait mieux les desseins pouvoiristes de son ex-collègue du gouvernement, ou alors aurait-il participé au début, à l'élaboration de la stratégie de conquête du pouvoir par celui avec qui il se dit proche et qui jusque-là serait resté secrète? A s'y méprendre, ceci a des relents d'une démarche pédagogique bien huilée utilisée dans la vulgarisation et le partage auprès d'un public cible d'une idée ou d'un projet. Nous ne sommes pas si éloignés d'une séance des travaux dirigés conduits par un assistant dans un cours depuis peu professé par M. Marafa, et qui aurait pour titre: «la déstabilisation du Cameroun». Dans cette logique, le rôle est très bien joué et le message passe. Chaque camerounais sait désormais ce que le groupe des pouvoiristes attend de lui pour assouvir leur sombre dessein. Personnellement, j'ai la faiblesse de ne plus douter que c'est de cela qu'il s'est agit. Lorsqu'on surfe sur la promotion du Ministre Owona au gouvernement en 1997, défile tout de suite dans les esprits le sacre de Marafa à la prestigieuse et puissante fonction de Secrétaire Général de la Présidence de la République. Et sur ce chapitre, le Président Paul Biya, le Ministre d'Etat Marafa et le Ministre Grégoire Owona sont les seuls mieux placés pour se souvenir du rôle joué par chacun d'eux dans la formation de l'équipe gouvernementale de décembre 1997.
Il n y a plus d'équivoque: Marafa appelle à la mobilisation des troupes. Grégoire Owona condamne cet appel. Et, les Camerounais sont servis d'une intrigue sur la trahison. Un parrain trahit le Chef et le protégé trahit à son tour le parrain. Il ne reste qu'à entonner le titre de la célèbre musicienne: qui a bu boira, mais il faut lire: qui a trahi trahira. Qui vend l'œuf vendra la poule.
Ce reniement par certains aujourd'hui du sombre dessein pouvoiriste nourrit depuis des lustres par un lobby qui se trouverait en plus au cœur des scandales relatifs à la dépravation des mœurs sociales dénoncées à tu tête dans notre société, ressemble à quelque chose prés à une partie du cirque offert en son temps par un certain Juda lors de la trahison et la livraison de celui qu'il appelait «Maître» Jésus-Christ. Traîtrise au sommet de l'Etat: A bas les masques.
Marafa et ses amis peuvent-ils faire basculer le Cameroun dans l'insurrection? Sans ambages, la réponse est non et oui.
Non, simplement parce que le Président de la République, S.E Paul Biya a toutes les clés de lecture de la situation à disposition, il n y a aucun doute, l'appel à l'insurrection et à la sédition du peuple par ses proches collaborateurs « traîtres» ne date pas de la 5e sortie épistolaire de ce désormais condamné Marafa. La paupérisation du peuple à travers une disette financière, alimentaire, sanitaire, l'emploi de la jeunesse, tout comme la prévarication des biens publics par cette caste était une logique obéissant à la technique usitée pour le soulèvement du peuple, et à la sédition. Le Président Biya n'est pas dupe, il sait qui a amené qui, qui est avec qui, et qui veut quoi. Il a certainement aussi appris du Ministre Grégoire Owona que bon nombre de ses collaborateurs sont sans consistance politique. Il urge donc de faire place à la nouvelle génération.
Oui, il y a un grand risque de soulèvement du peuple si le Cameroun continuait de promouvoir la flagornerie, l'hypocrisie et la roublardise d'une certaine élite, alors là les masses populaires paupérisées, déçues et sans espoir pour l'avenir saisiraient la perche ainsi tendue. Une seule chose est à retenir. Le Président Paul Biya est trahi par la plupart de ses collaborateurs à qui il a fait confiance. Faire recours à une nouvelle génération de collaborateurs reste le seul espoir pour sortir ce bateau de la tourmente.

