Cameroun: Le gouvernement contre la crise économique

Par Idriss Linge - 23/04/2009

Le premier ministre Inoni Ephraim crée un comité interministériel pour la circonstance

 

Le Premier ministre, chef du gouvernement, Ephraim Inoni, a créé un comité interministériel de suivi de la stratégie gouvernementale de riposte contre la crise économique et financière internationale. Ce comité est chargé de proposer les mesures de prévention et de lutte contre les effets au plan interne de la crise économique et financière. Sa création intervient après la remise du rapport du groupe de réflexion sur la crise économique et financière. Ce groupe avait été créé par le Premier ministre, chef du gouvernement, sur hautes instructions du chef de l’Etat. Depuis hier la configuration du comité est connue. Placé sous la présidence du secrétaire général des services du Premier ministre, il a comme membres les ministres en charge des finances, de l’économie, de l’agriculture, de l’énergie, des forets, des travaux publics, des mines et du commerce. La mise en place de ce comité intervient au moment où l’économie camerounaise est déjà touchée par les effets de la crise.

Sont concernés, les produits d’exportation à l’instar du bois, du caoutchouc, de l’aluminium, du coton et même le pétrole. La conséquence de la mévente de ces produits va se ressentir au niveau de la balance commerciale du Cameroun. Les observateurs avertis font d’ailleurs état de ce qu’elle sera déficitaire. Et le Premier Ministre pense même que ce déficit pourrait représenter 1% du PIB.
Face à cette situation, la riposte du gouvernement se veut forte. Le groupe de travail a proposé dans le secteur bancaire, la poursuite de l’encadrement du risque. Au plan économique, il est prévu des mesures de relance et de consolidation de croissance. Ces mesures devront s’articuler autour de certains leviers. C’est ainsi que la priorité est accordée au développement des filières de production. Concrètement, le gouvernement envisage l’accroissement substantiel de la production de certains produits de consommation. Les populations devraient par conséquent avoir sur le marché à court terme, des tubercules, du riz, du mais, du blé. Le gouvernement se propose également de s’investir dans le développement infrastructurel et énergétique. L’autre levier de cette riposte a pour point d’ancrage la valorisation des ressources humaines. A ce sujet, le groupe de réflexion a proposé au Premier ministre la création d’un fonds pour soutenir l’initiative créatrice des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur. C’est donc à la faveur de ces recommandations, que le Premier ministre a créé hier le comité interministériel de suivi du plan gouvernemental de riposte contre la crise économique et financière internationale.

 

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Mais en réalité cette annonce déjà n’a pas galvanisé l’opinion publique pour laquelle la crise n’est pas une nouveauté et les solutions gouvernement encore moins. Mais dans le cadre pur de l’expertise, beaucoup trouve que la feuille de route dont parle Inoni Ephraim est obscure, car il dicte des grandes actions mais n’explique pas comment elles seront financées. Ayant renforcé l’encadrement bancaire, les privées et les initiatives nouvelles ne trouveront pas facilement de financement. De même l’Etat ne peut prétendre prendre la relance à sa charge car lui-même annonce déjà un déficit sur le budget 2009. Il faudrait plutôt selon cette analyse que le gouvernement retrouve son rôle développementiste afin de donner un véritable sens au principe d’appropriation dans le cadre de la gestion macroéconomique et de la gestion des ressources. Cela nous évitera d’avoir des croissance économique fondée sur des améliorations fictives, et des revenus qui n’impactent pas la population entière.

Cette mobilisation des ressources pourrait à elle seule ne pas résoudre tous les problèmes auxquels est confronté le Cameroun aujourd’hui, sachant en particulier que les précédentes crises l’ont dépourvu d’institutions de financement internes adéquate et de ressources humaines nécessaires pour faire du développement une réalité. Toutefois, dans le moyen à long terme, si le Cameroun pouvaient financer une part croissante de ses besoins en matière de développement en tirant parti de sources intérieures, il disposeraient de la flexibilité indispensable pour formuler et mettre en œuvre des politiques adaptées à ses problèmes économiques et sociaux ainsi que d’autres problèmes de développement. La multitude de défis auxquels le Cameroun est aujourd’hui confronté exige forcément une diversité d’actions, en fonction de la situation spécifique de chaque localité, plutôt qu’une approche identique pour tous. Dans ce contexte, il serait plus judicieux de disposer d’une plus grande marge d’action pour concevoir et mettre en œuvre des politiques tirant le meilleur parti des ressources disponibles, de manière à arriver au cercle souhaité d’accumulation, d’investissement, de croissance et de réduction de la pauvreté fondé sur le modèle de l’Etat développementiste et de cesser de s’appuyer uniquement sur les ressources extérieures






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