Prospère Nkou Mvondo: «Pour moi, Iya Mohammed n’est que le produit d’un système maléfique mis en place à la Fécafoot»

Par Mohamad AWALSON - 16/04/2013

Le candidat malheureux à la présidence de la fécafoot en 2009 entend poursuivre son combat pour l’assainissement du football camerounais

 

Quel est votre avis sur la situation qui prévaut à la Fecafoot après l’accusation de M. Iya Mohamed par le Contrôle supérieur de l’Etat ?
En tant que citoyen, je suis ahuri d’apprendre qu’en cinq ans, un gestionnaire d’une entreprise publique a fait perdre à l’Etat et à la nation camerounaise, plus de neuf (09) milliards de francs. Pensons un seul instant à tous les hôpitaux, écoles, lycées, routes, stades omnisports (…) qu’une somme comme celle-là aurait permis au Cameroun d’acquérir, pour le bien être des populations. Si ce gestionnaire a dilapidé 9 milliards en 5 ans, on peut aisément déduire qu’en trente ans de gestion, le Cameroun a probablement perdu près de 45 milliards du fait d’un seul homme. Je pense sincèrement que l’on doit prévoir une peine plus lourde que l’emprisonnement à vie pour ce type de comportement qui est une véritable trahison de sa nation. Certains disciples du gestionnaire trouvent en ces actes des euphémismes en parlant de « fautes de gestion », un peu comme s’il était normal qu’un gestionnaire commette des fautes de ce type. La lecture de la sanction du CONSUPE révèle pourtant qu’il y a dans ces « fautes de gestion », des actes criminels de détournement de fonds publics ; il en est ainsi lorsqu’on dit que le gestionnaire à dissimulé des recettes.

 

© journalducameroun.com
Prospère Nkou Mvondo, candidat malheureux à la présidence de la fédération camerounaise de football en 2009
Accusation qui aurait certainement un impact sur sa carrière à la tête de la Fecafoot…
S’agissant de son avenir à la Fécafoot, et sur le plan strictement juridique, l’article 35 des statuts de la Fécafoot exige que le candidat à la présidence de la Fécafoot n’ai jamais été reconnu coupable de malversations financières. Mais, l’article ne précise pas si les malversations en question doivent relever de la gestion de la Fécafoot ou de la gestion des structures autres. Certains analystes sont pour une interprétation restrictive de cet article et invitent à ne considérer que les malversations financières au sein de la Fécafoot. D’autres optent pour une interprétation large qui englobe toutes les malversations, même en dehors de la Fécafoot. Pour ma part, je m’inscris à l’école de l’interprétation large qui est conforme à la morale citoyenne et à l’éthique sportive. Pour cela, si Monsieur Iya est candidat à la présidence de la Fécafoot, j’attaquerai cette candidature qui n’honorera pas le sport camerounais. Il est inadmissible, au moins sur le plan moral, qu’un gestionnaire-criminel s’occupe du football camerounais, un secteur aussi important de la vie nationale dans lequel la jeunesse a besoin d’un autre modèle de dirigeant.

Suite aux moultes tractations entre le Ministère des Sports et la Fédération camerounaise de Football sur le processus de renouvellement de ses bureaux, la Fifa met en garde le Minsep, qui revient finalement sur sa décision. Alors, ces élections seront-elles crédibles?
J’avoue que la deuxième décision du Ministre des Sports m’a surpris. J’ignore les raisons profondes de ce revirement spectaculaire du gouvernement camerounais ; Je ne peux donc pas la commenter. Ceci ne m’empêche pour autant pas de penser que l’homme politique peut avoir ses raisons que la raison sportive ignore. C’est le lieu pour moi, très respectueusement, de rappeler au Ministre des sports qu’en date du 3 avril 2013, à ma demande, Maître Ebode Raphael, Huissier de Justice, lui a signifié une décision de la Chambre d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun. Cette décision « Ordonne à la FECAFOOT d’harmoniser ses textes, notamment sur les statuts en ce qui concerne les règles de quorum des organes décentralisés », toute chose qui doit impérativement se faire avant d’engager le processus électoral dans cette fédération sportive. Une sommation en ce sens a également était faite à la Fécafoot qui a perdu le procès. Pour tout dire, le Ministre des sports peut donner son « feu vert » administratif pour la tenue des élections à la Fécafoot : c’est son droit ; toutefois, il doit prendre en considération le « feu rouge » donné par la Chambre d’arbitrage du Comité national Olympique, une juridiction sportive reconnue par les lois de la République du Cameroun ; à moins que le Ministre, sous le diktat d’une organisation sportive de droit privé comme la FIFA, choisit de se mettre hors-la-loi, refusant, comme il est désormais de tradition au Cameroun, de respecter et de se soumettre à une décision de justice.
Le Ministre des sports a décidé que: la Fécafoot va sans doute poursuivre son processus électoral, avec des textes scélérats, en contradiction avec la loi, en contradiction avec une décision de justice… Certains seraient tentés de dire, comme à l’accoutumé : « le Cameroun… c’est la Cameroun ». En réaction à cette attitude défaitiste, je dis aux vrais sportifs camerounais que rien n’est perdu avec la levée de bouclier du Ministre. La décision de la Chambre d’arbitrage du Comité olympique garde toute sa force et toute son autorité. Si la Fécafoot ne fait pas appel, en saisissant le Tribunal arbitral du Sport, à Lausanne, en Suisse, cette décision, dans quelques jours, deviendra définitive et exécutoire. En ce moment, les clubs de football du Cameroun, qui, à travers ma modeste personne, ont gagné leur procès, tiennent le bon bout. Cette décision sera utilisée pour faire annuler toutes les élections organisées au mépris de l’autorité de la loi et de la justice. Que les « colons parasitaires », les « braconniers », les « assassins du football camerounais », qui occupent la Fécafoot en ce moment, sachent que l’heure de la fin a sonné.

Peut-on ainsi dire que pour vous, c’est une ouverture vers la présidence de la fecafoot?
Pour moi, Iya Mohammed n’est que le produit d’un système maléfique mis en place à la Fécafoot. Depuis des années, je mène un combat pour que ce système soit désintégré et anéanti. Pour l’attaquer, il me faut une posture qui me donne une qualité pour agir sur le plan juridique. C’est ce qui explique ma candidature au poste de président de la Fécafoot en 2009. Depuis lors, je suis allé à Zurich, à Tunis, à Paris, à la Lausanne (TAS) pour plaider la cause du Football camerounais, en vain. J’ai relancé le combat avec les Clubs de la Ligue régionale de l’Adamaoua en saisissant le Chambre arbitrale du Comité olympique qui a, le 28 mars 2013, ordonné la réécriture des textes de la Fécafot, comme nous l’avions demandé. C’est une bataille de gagné, mais la victoire n’est pas encore totale. Les problèmes que Monsieur Iya Mohammed a avec la SODECOTON et l’Etat ne constituent, ni un obstacle, ni un avantage pour nous dans cette lutte que nous menons pour l’assainissement du Football Camerounais. Peut être que l’Etat a trouvé là un moyen indirect de neutralisé au mauvais citoyen qui, comme un morpion, s’est agrippé sur le corps du football camerounais ; les hommes qui incarnent l’Etat ont leurs méthodes, nous avons les nôtres. Tant mieux si la conjugaison des méthodes conduits à la l’assainissement voulu de notre football.




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