Culture: "La nuit des icônes", au Cameroun, c’est parti!
Par Makeda Lydie Gnotuom - 12/06/2009
Fally Ipupa et des artistes camerounais à Douala ce 12 juin 2009, pour la sensibilisation du port du préservatif féminin
Allier l’utile à l’agréable, c’est l’objectif avoué de l’agence de conseil en image et communication Icon & Co qui organise ce vendredi, 12 juin, un spectacle télévisé baptisé « la nuit des icônes », au Saint Jonh’s Plaza à Douala. Spectacle qui sera diffusé en direct sur Canal 2 international. Pour agrémenter cette soirée de gala, une belle brochette d’artistes musiciens : Lady Ponce, Nicole Mara, Nono Flavy, Krotal. En guest star, une icône de la musique africaine qui a électrisé les mélomanes camerounais il y a quelques mois. Pour son come - back à Douala, la star congolaise Fally Ipupa est la tête d’affiche de cette première édition de « la nuit des icônes ». En effet, « c’est au tour d’une guest star élevé au rang d’icône de par sa popularité ou de ses réalisations diverses » que s’articule ce spectacle, selon le comité d’organisation qui était face à la presse ce jeudi, 11 juin à Bonapriso. Quelle aubaine pour Fally dont sa présence à cet évènement colle avec son actualité : présentation de son nouvel album « Arsenal de belles mélodies » qui sort le 22 juin prochain après « Droit chemin en 2007.
Justement, Fally reste sur le droit chemin, car à côté de l’aspect spectacle, bling bling… se tisse en fond, une toile à l’allure humanitaire. La première édition de ce concept télévisuel, a pour première thématique : le préservatif féminin. Béatrice Oloa Elumbu, à la tête du concept explique : « nous avons été amené à entrer en contact avec l’association camerounaise pour le marketing social (ACMS), et il se trouvait qu’elle devait lancer une campagne de sensibilisation sur le port du préservatif féminin. C’est le premier projet qu’on a reçu, c’est le premier projet sur lequel on va collaborer. On s’est senti interpeller, déjà moi en tant que femme, et puis Fally Ipupa l’artiste au niveau de son engagement humanitaire. Donc, c’est un choix naturel qui s’est imposé à nous et nous sommes fiers de participer à ce programme ». Dans le même ordre d’idée, Fally Ipupa se dit sensible à l’importance de faire comprendre aux femmes la nécessité du préservatif féminin, car, « nous les hommes on se protège déjà, je crois que les femmes aussi doivent faire la même chose. On est en plein 21é siècle, il y a trop de maladies, et je pense vraiment qu’il faut se protéger. Je donnerais ma voix pour ça ». Dicap la merveille précise que pour cette bonne cause, il a quitté Paris alors qu’il était en studio, pour venir « uniquement faire d’abord la chanson, et ensuite, voir d’autres programmes. Je suis de tout cœur avec les initiateurs qu’il faut vraiment encourager », poursuit l’artiste. Par ailleurs, la musique fera corps avec le défilé de mode et les chorégraphies de danse au cours de cette soirée.

Organisateurs de la "nuit des icônes"
Préservatif féminin inconnu des femmes
Au Cameroun, 6,8% des femmes sont plus infectées au VIH que les hommes (4,1%). D’après l’ACMS, les filles de 15 à 24 ans apparaissent trois fois plus infectées que les garçons de la même tranche d’âge. Une situation qui s’explique par la vulnérabilité des femmes sur le plan biologique, un faible pouvoir économique, mariages précoces, mutilations génitales… Il est désormais question de militer en faveur du changement de comportement de la gent féminine sur le port du préservatif féminin, qui reste encore entouré des mythes relatifs à son confort, son esthétique ainsi qu’à sa fiabilité. Des préjugés que les femmes sont appelées à renvoyer aux calendes grecques. C’est donc à juste titre que les voies féminines, Nicole Mara, Flavy Nono, Lady Ponce vont s’élever à l’unisson ce vendredi soir, pour rencontrer celles de Krotal et de l’icône Fally Ipupa. Une chanson sur le préservatif féminin est d’ailleurs attendue dans les bacs, ainsi qu’un vidéogramme très prochainement.
Pour la deuxième édition de « la nuit des icônes », Béatrice Oloa Elumbu rassure : « ce sera dans 3 mois, avec un autre thème, une autre icône, d’autres artistes camerounais et puis, un engagement toujours pour aider les autres ».

