Violence à Bamenda: 58 «casseurs» aux arrêts

Par Xinhua - 12/12/2016

Le ministre camerounais de la Communication a indiqué dimanche, que 34 de ces prévenus sont entre les mains de la gendarmerie et 24 sont retenus par les forces de l'ordre

 

Au Cameroun, 58 "casseurs" sont arrêtés après leur interpellation suite à des violences ayant causé deux morts, une dizaine de blessés et d'importants dégâts matériels jeudi dans le nord-ouest du pays, révèle un bilan officiel dévoilé dimanche, 11 décembre 2016, à Yaoundé par le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary.

Parmi les prévenus "34 entre les mains de la gendarmerie et 24 retenus par les forces de l'ordre", en attendant d'être poursuivis en justice, a indiqué le porte-parole du gouvernement lors d'une conférence de presse à son cabinet dimanche soir.

Ils sont accusés, a-t-il précisé, d'avoir participé aux manifestations violentes qui ont secoué jeudi Bamenda, la principale ville de la région de l'Extrême-Nord et fief du chef de l'opposition John Fru Ndi, causant deux morts et une dizaine de blessés dont quatre gendarmes et quatre policiers, puis une jeune femme.

D'importants dégâts matériels ont été aussi enregistrés lors de ces incidents ayant provoqué une réaction musclée et des heurts avec des forces de défense et de sécurité. Ils font état de "neuf véhicules brûlés" appartenant à ces forces et un sous-préfet de Bamenda.

Plusieurs édifices publics ont également été incendiés dont les locaux du commissariat du 3e arrondissement et un pavillon de l'hôpital régional de la ville, ainsi que des établissements scolaires.

 

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Le ministre de la Communication a condamné ces "actes de vandalisme" et de "guérilla urbaine", orchestrés par des groupes de "contestataires devenus de véritables insurgés" et de "casseurs", accusés de vouloir déstabiliser le pays en provoquant une situation insurrectionnelle, sous les revendications fallacieuses de fédéralisme.

Depuis fin novembre, cette ville et d'autres localités du Nord-Ouest sont paralysées par une opération "villes mortes" caractérisée par la fermeture de commerces et d'écoles et étendue à Buea, dans le Sud-Ouest.

A l'origine, une grève d'avocats et d'enseignants pour protester contre la marginalisation décriée par les populations anglophones minoritaires de au sein d'un système institutionnel dominé selon eux par les francophones.

Pour tenter d'amorcer la crise, le pouvoir de Yaoundé a entamé des négociations bloquées par l'intransigeance des grévistes. Après Buea la veille, un meeting du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) était prévu jeudi à Bamenda, en présence du Premier ministre Philemon Yang, lui-même originaire du Nord-Ouest.

La manifestation n'a pu avoir lieu, à cause des manifestants qui se sont organisés pour bloquer la circulation par l'érection de barricades sur les principaux axes de la ville, munis de projectiles, de catapultes et de cocktails Molotov.

Le ministre de la Communication a mis en garde contre la poursuite de cette escalade de violences et fait part des mesures prises par le gouvernement pour y mettre un terme, en débusquant leurs commanditaires.





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