Scandale à la BEAC: 19 milliards de FCFA détournés

Par Idriss Linge - 16/09/2009

Les révélations, publiées par Jeune Afrique, permettent d' interpréter le récent dynamisme diplomatique dans la sous région

 

Un conseil extraordinaire du Conseil d’administration de la BEAC
Hold-up à la BEAC c’est par ce titre que l’hebdomadaire panafricain a désigné le désormais scandale qui secoue la sous région Afrique Centrale. 19 milliards de FCFA auraient été détournés entre 2004 et 2009. Le 28 Août dernier le gouverneur de la Banque centrale signe un communiqué après la tenue d’une réunion extraordinaire de son conseil d’administration. On peut y lire clairement que le Conseil avait pris connaissance des rapports provisoires sur l’audit général de la BEAC et l’audit spécifique sur la gestion des réserves de change commis par la conférence des chefs d’Etats de la CEMAC. Plus loin on peut aussi y lire il (le conseil) a été informé des mesures déjà prises ainsi que des actions prévues par la BEAC pour corriger les insuffisances relevées.

Les rencontres d’Ali Bongo
Le deuxième indice a été le déplacement du président nouvellement élu du Gabon, Ali Bongo Ondimba en terre camerounaise. Officiellement il est venu en visite d’amitié, et de ses propres termes il a dit être venu rencontrer un sage, en la personne du président camerounais Paul Biya. Sa visite sera marquée par une heure de tête à tête au palais d’Etoudi, un moment durant lequel aucune information n’a filtré. Répondant à l’interview de la CRTV, le président élu du Gabon affirmera aussi que les discussions avec Paul Biya ont porté entre autre sur la question des orientations du développement futur de la sous région. Selon des sources proches des milieux de décision, il ne serait pas exclu que le scandale ait fait l’objet de discussion entre les deux hommes d’Etat. Après le président Biya, Ali Bongo aurait eu des discussions avec Idriss Deby Itno du Tchad et Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville.


 

© www.beac.int
Siège de la Beac, à Yaoundé
Un vrai vol organisé
Les révélations de jeune Afrique apportent les dernières pièces du puzzle de l’évènement qui aujourd’hui occupe les débats dans les grandes villes de la sous région Afrique Centrale. Principalement indexés, de nombreux hauts cadre d’origine gabonaise, dont l’ancien gouverneur Félix Mamalepot et l’actuel Philibert Andzembe. L’article sur la base du rapport d’audit et des documents internes qui on le sait aujourd’hui existent, leur attribue respectivement des trous de 17 milliards et de 2 milliards FCFA. En janvier 2009, Philibert Andzembe aurait échappé à la destitution lors du sommet extraordinaire de la CEMAC qui s'est tenu à Libreville, grâce au soutient du défunt président Omar Bongo.

les affinités nationales gabonaises ont joué un rôle clé dans les dérives coupables du bureau extérieur de Paris (BEP).
Jeune Afrique


Au total, ce serait 2400 chèques frauduleux ou suspects qui ont été émis entre 2004 et 2008, ainsi que 38 virements suspects, 1298 retraits en liquides non reversés et non enregistrés dans le livre de caisse, précise l'hebdomadaire. Le journal dresse également la liste des personnes concernées par l'affaire, les présumés responsables et bénéficiaires. Il y est rapporté que les affinités nationales gabonaises ont joué un rôle clé dans les dérives coupables du bureau extérieur de Paris (BEP) ". Des révélations qui amènent à comprendre comment, depuis 2004, des fonds injectés depuis le siège de Yaoundé, au Cameroun, sur les comptes parisiens du bureau extérieur ont été détournés. Suite à ces révélations, quelques réactions ont été enregistrées. Le ministère français de l'Economie, a déclaré que toutes les responsabilités, y compris en haut lieu doivent être établies estimant sa propre garantie engagée par le scandale. Le trésor public français participe à la gestion et au contrôle de la BEAC. Dans la sous région c’est un gros silence. Essimi Menye, ministre camerounais des finances et président en exercice du comité ministériel de l’Union Monétaire d’Afrique Centrale (UMAC), a affirmé pour sa part à la chaine de Télévision STV, Je ne suis encore officiellement au courant de rien, je viens de rentrer des congés.

 



A savoir

  • Selon Jeune Afrique, au total, ce serait 2400 chèques frauduleux ou suspects qui ont été émis entre 2004 et 2008, ainsi que 38 virements suspects, 1298 retraits en liquides non reversés et non enregistrés dans le livre de caisse.


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