Le Camerounais Christian Ngalle poursuit ses rêves professionnels aux Etats-Unis

Par Vanguardis Press Agency (VPA) - 19/01/2010

«Les autorités camerounaises ne sont pas sérieuses du tout, je reviens donc à mes premières amours ici à New York»

 

Présentez-nous CN Consulting
CN Consulting est un cabinet de conseil et assistance en communication, marketing et gestion de projets dont les activités s’exercent dans sept pays : le Cameroun, la France, les Etats-Unis, la Belgique, le Canada, l’Afrique du Sud et le Congo-Brazzaville. Les compétences pluridisciplinaires de son équipe lui valent d’être sollicité par divers organismes au rang desquels la Banque Mondiale.

Vous êtes également l’un des promoteurs des journées et de l’annuaire du web au Cameroun, qu’est ce qui a justifié le lancement de ce concept ?
Les activités de recherche et de développement qui font partie intégrante de nos missions, nous ont amené, à nous intéresser à un secteur à fort potentiel qu’est celui des TIC, notamment dans les pays en vois de développement comme le Cameroun. Les journées du web ont donc été lancées, pour la première fois, en 2007. Elles sont une initiative de la Fondation Yolande NGALLE, créée à l’initiative de mon épouse. C’est cette fondation qui a sollicité les services de CN Consulting. L’objectif que nous nous sommes assignés au lancement des journées du web était de vulgariser le travail par le biais de l’Internet au Cameroun. Il nous paraissait injuste de ne pas tirer profit des avantages et de la convivialité que procure le travail par le biais des TIC, et notamment du web. Les journées du web consistaient donc en un événement annuel qui réunissait, dans le cadre d’ateliers professionnels, les personnes en charge de la mise à jour et la gestion des projets en rapport avec le web au sein des entreprises et des administrations. Une soirée de gala au cours de laquelle on présentait les meilleurs sites web, sur écran géant, clôturait les manifestations. Et parce que les audits que nous menions régulièrement nous donnaient une configuration de l’environnement web national, nous avons édité, en 2008, le premier annuaire des sites web du Cameroun. Si l’expérience s’est avérée concluante du fait de l’engouement des cibles à participer aux activités des journées du web, il n’y aura malheureusement pas de quatrièmes journées du web comme on se serait attendu à en avoir cette année, encore moins la deuxième édition de l’annuaire web. Toutes les structures se plaignent de ne pas disposer d’argent pour appuyer l’événement qui, de par son envergure aujourd’hui, nécessite environ 25 000 000 F CFA, par édition ! La Fondation Yolande NGALLE ne pouvant se substituer aux pouvoirs publics, nous avons préféré mettre la clé sous la porte en suspendant nos activités sur le Cameroun, pour une période indéterminée.

 

© Journalducameroun.com
Vous êtes installé à New York depuis quelques mois, comment appréciez vous l’environnement professionnel ici ?
Si on appelle communément les Etats-Unis, « the last stop », il faut compter avec le gigantisme de ce pays qui offre des opportunités et dont l’environnement du travail n’a rien à voir ce qui se passe ailleurs, notamment en Afrique. Rien à voir avec les crocs en jambe de mon Cameroun où tout est mis en œuvre pour tuer les projets et les idées quand les gens d’en face n’y voient aucun intérêt personnel.

Doit-on comprendre que tous les projets que vous avez initiés au Cameroun ont été torpillés, si oui par qui et pourquoi ?
Non… On ne peut pas dire qu’ils ont été torpillés. Il est simplement arrivé ce qui se produit couramment au Cameroun : pas d’intérêt, pas d’action! Comment imaginer, par exemple, que le Ministre de la Communication soit disposé à préfacer l’annuaire des sites web couramment utilisés au Cameroun, et dise ne pas disposer d’un seul kopeck pour appuyer l’édition de ce support qui est par ailleurs gratuit? Vous comprenez donc qu’il était disposé à tirer les dividendes politiques d’une telle action, sans pour autant la soutenir financièrement. Pourtant, depuis la première édition des journées du web, nous sollicitons le Ministère de la Communication, le Ministère des Postes & télécommunication… et à chaque fois, la réponse est toujours la même : pas de disponibilités budgétaires ! Mais allez voir les dépenses qui sont faites pour des choses que l’on pourrait qualifier de farfelues, vous n’en reviendrez pas…

Vous travaillez en ce moment sur un projet de lancement d’un magazine "Icône d’Amérique". De quoi parlera-t-il concrètement ?
Icônes d’Amérique est le magazine people, en français, qui sera lancé dans quelques semaines ici aux Etats-Unis. Il s’agit d’un magazine d’une cinquantaine de pages, entièrement en full color. Icônes d’Amérique viendra non seulement combler un vide né de l’absence d’une publication francophone, pour les francophones des Etats-Unis. Sa ligne éditoriale est consacrée à l’information positive sur ce qui se fait dans ce pays, par des gens de cet environnement. On parlera des africains, des européens et des américains aussi.

"Icône d’Amérique" sera publié en français or il y’a comme une grande inconnue sur l’importance de la communauté francophone aux États-Unis. Votre avis?
On compte environ 1,6 million de francophones aux Etats-Unis. Le recensement de cette année permettra éventuellement de réajuster ce nombre. Il est aussi important de relever que 119 alliances françaises (c’est l’appellation des centres culturels français dans les pays non francophones) sont implantées aux Etats-Unis, ce qui me conforte à l’idée que le français va connaître un essor relatif dans les années à venir. Enfin, un magazine en français aux Etats-Unis va aussi contribuer à faciliter l’apprentissage du français aux Etats-Unis, d’où l’idée d’intéresser aussi les non francophones.

On vous a vu à un certain moment de votre carrière flirté avec la bourse, votre présence à New York où se trouve le NYSE va-t-elle faire renaître votre passion ?
Oui, évidemment. Je travaille également sur un projet qui sortira très bientôt des fonts baptismaux. Il s’agit de l’analyse du risque d’investissement dans les pays africains et du moyen-orient. Un enthousiasme aveugle m’avait fait repartir au Cameroun, au lancement des activités du marché financier en 2002. Avec le sentiment que j’ai de ce que les autorités camerounaises ne sont pas sérieuses du tout, je reviens donc à mes premières amours ici à New York. Comment penser que Douala Stock Exchange, en sept années d’activités, n’a que 3 valeurs à sa cote ? Je me demande comment cette entreprise marche…

 

© Journalducameroun
A quoi attribuez vous cet échec la, est-ce parce que les entreprises ne sont pas performantes ou alors parce que ceux qui les dirigent n’ont pas la culture de la bourse ?
Au manque de sérieux des autorités camerounaises! Comment mettre sur pied une place boursière, sans envisager des actions qui viseront à vulgariser ce précieux outil de financement des économies modernes, auprès du public ? C’est encore là une aberration criarde. L’échec est donc à tous les niveaux, parce que le marché a été créé sans un business plan en réalité.

Vous êtes un mordu d’Internet, quelle l’analyse faites-vous de l’importance et de l’utilisation des sites Internet aux États-Unis et au Cameroun et partant en Afrique ?
Les Etats-Unis définissent des activités et se donnent les moyens pour y parvenir. En ayant bien sûr à l’esprit d’améliorer la qualité des services offerts aux usagers et le confort d’utilisation auquel ils ont droit. Rien à voir avec la navigation à vue du Cameroun. Je ne suis pas très déçu de ces dysfonctionnements pour avoir étudié et travaillé hors du Cameroun. Je comprends donc. Ce qui est décevant, c’est que les bonnes choses vues et vécues par un camerounais à l’étranger ne sont pas toujours faciles à implémenter au Cameroun, à cause de la réaction négative qui leur est opposée à plusieurs niveaux. C’est le cas de l’utilisation de l’Internet. Une vingtaine de départements ministériels camerounais sont présents sur la toile, et très peu d’entre eux sont régulièrement mis à jour. Pire, les services du premier Ministre qui sont la première structure à avoir mis en ligne un site web, il y a de cela plus de dix ans, ont aujourd’hui le site web le moins beau à voir… Regardez comment c’est touffu, au graphisme archaïque, à côté d’informations à, la vétusté avérée. Que dire des Ministères du Tourisme, de la Culture, du Sport et de l’Education Physique, et j’en passe… Qui ne sont pas présents sur la toile. Je pourrais passer des semaines à vous décrire les incongruités du Cameroun en matière d’Internet. Un pays où une structure budgétivore comme l’ANTIC ne fait rien dans le sens de la promotion du travail par les TIC.

A votre avis que faut-il faire pour remédier a cette situation ?
Je n’ai pas de leçons à donner à ce sujet. J’ai réalisé d’importantes études à ce sujet, et dont les résultats et les conclusions ont été données à qui de droit. C’est d’ailleurs des tâches dont la réalisation à un coût. Les dirigeants camerounais savent ce qu’il faut faire ; Ils ne veulent pas le faire et à ce niveau là, donnons du sens à l’adage selon lequel on ne donne pas la confiture au cochon ! Le problème est profond et se résume à la présence du Cameroun sur la toile… Pas de stratégie, le leitmotiv classique est toujours opposé : celui du manque de moyens. Finalement, au Cameroun, il n’y a de moyens pour rien !

Vos meilleurs vœux pour 2010, à qui les adresserez-vous ?
A moi-même d’abord et à ma famille, ainsi qu’à ceux qui rêvent de belles choses, de projets bien menés. Que la réussite accompagne tous ceux-là.


A savoir

  • 2002 : Etudes prospectives, sur les places boursières de Paris, Johannesburg, Bruxelles, New York,
  • 2003 : Création du Journal PATRIMONIA, dédié à la vulgarisation des concepts nouveaux (marché financier et valeurs mobilières)
  • 2004 : Développement des activités du Cabinet Okalla Ahanda & Associés, 2005
  • 2005 : Préparation de la participation des entreprises camerounaises au Salon PROMOTE 2005
  • 2006 : Réalisation d’une étude pour la création de la Fondation Yolande NGALLE (R&D Journées du web).
  • 2007 : Premières Journées du Web
  • 2008 : Deuxième journée du web, édition du premier annuaire des sites web utilisés au Cameroun.
  • 2009 : Troisièmes Journées du Web, et awards aux meilleurs sites web du Cameroun.


Agenda - événements

Sensual Tropical
La nuit des étoiles

TOUT L'UNIVERS JOURNALDUCAMEROUN.COM

DOSSIERS

Dossiers

PUBLI-REPORTAGES

SERVICES INTERACTIFS

Forums
Petites annonces

Galeries

Photos