Justice: La demande d’extradition de la Camerounaise Léonie Batin a été refusée
Par Luidor NONO N. - 29/01/2010
Le jugement a été rendu par la Cour d’Appel de Versailles en France
Les juges de la Cour d’Appel de Versailles se sont prononcés contre l’extradition de Léonie Batin accusée d’escroquerie et recherchée par la justice camerounaise. En jugement mercredi 27 janvier, ils ont ordonné sa mise en liberté au motif que les faits qui lui sont reprochés ont été commis dans un Etat autre que le Cameroun. C’était la principale ligne de défense de son avocate qui a fait valoir lors de l’audience du 20 janvier l’art 49 de la convention Franco-Camerounaise de 1974 qui prévoit que «l’extradition est refusée si les infractions (…) ont été commises dans l’Etat requis» c’est-à-dire la France. Léonie Batin, ex-Directrice de l’antenne Crédit Foncier du Cameroun à Paris avait été interpellée le 12 janvier à Sèvres près de Paris à cause d’une demande d’extradition émise par Cameroun. Il lui est reproché le détournement de près de 300.000 euros (200 millions FCFA) entre 2002 et 2005 à des fins personnels. Une accusation qui rentre dans le cadre de l’opération Epervier diligentée par les autorités camerounaises.

Cour d'appel de Versailles dans les Yvelines en France
Cette affaire remonte début 2006 lorsque le gouvernement camerounais lance l’opération mains propres dans le cadre de la lutte anti-corruption. Plusieurs dirigeants du Crédit Foncier du Cameroun sont arrêtés et emprisonnés à Yaoundé notamment le Directeur général Joseph Edou, oncle de Léonie Batin. Il sera condamné à 40 ans de prison pour «détournement de fonds publics». L’affaire connaîtra son dénouement en 2008 avec la condamnation d’autres hauts responsables de cette institution. En France, une enquête préliminaire avait été ouverte en 2007 afin d’examiner la marche du CFC, suite à une plainte déposée contre Léonie Batin et toujours «en cours». Selon l’avocate de Léonie Batin, Me Wassermann, c’est à la France de juger sa cliente si quelque chose doit être fait. Ce d’autant plus que l’Avocate générale ne s’opposait pas à un avis favorable d’extradition. Pour elle, il fallait juste rechercher et être précis sur les dates et les lieux où les faits ont été commis.
Pour justifier leur demande d’extradition, les autorités camerounaises ont produit dans le dossier, une carte nationale d’identité numéro 103635808 émise en avril 2002, période durant laquelle l’intéressée se trouvait ailleurs qu’au Cameroun. Son avocate soupçonne un faux et pense à un coup monté contre sa cliente car le nom de Léonie Batin ne figure pas sur la liste des 21 personnes condamnées pour avoir détourné plus de neuf milliards de FCFA dans l’affaire du Crédit Foncier du Cameroun. C'est en vertu d'un accord bilatéral entre le Cameroun et la France de 1974 que le Cameroun réclamait l'extradition de Léonie Batin. Celui-ci ne peut s'appliquer que si les faits reprochés se sont déroulés dans le pays demandeur (Cameroun). Or l'antenne du Crédit Foncier du Cameroun est une société de droit français dont le siège se trouve à Paris. . Léonie Batin est mariée depuis six ans à un ancien policier français spécialiste du terrorisme. Elle a 39 ans et a été arrêtée alors qu’elle allait récupérer son fils de 3 ans à l’école.

