Le rappeur camerounais «Terror» en concert au CCF de Douala

Par Alix Fétué - 03/02/2010

«Après mon deuxième album j’arrête de chanter»

 

© Journalducameroun.com
Terror
Ambitieux, ondoyant et divers, ainsi peut-on définir en trois mots ce genre d’artiste, à la Yannick Noah, prêt à quitter une profession et s’imprégner d’une autre en toute simplicité. En d’autres termes, on parle de reconversion. Lui, n’a que 29 ans, mais pense déjà à la sienne. D’ailleurs, dans les prochains mois on ne l’appellera plus seulement Terror, il faudra y ajouter un Monsieur pour avoir Monsieur Terror. Tout simplement parce qu’il croit fermement qu’une autre vie est possible. C’est ainsi que va s’intituler son prochain album solo, le deuxième de sa carrière, actuellement en préparation et qui devrait sortir des studios avant la fin de l’année 2010.

Un rappeur bien en phase avec son temps
«La voix du ghetto», c’est lui. Il clame haut et fort ses souffrances et surtout sa volonté de retranscrire le quotidien des jeunes de son pays. Et ce n’est pas parce qu’il sème la terreur qu’il se fait appeler Terror, si oui avec ses textes, mais c’est surtout au regard de son physique imposant. «Au lycée, je jouais beaucoup au basket. A chaque fois que mes amis avaient des problèmes, c’est moi qu’on appelait à la rescousse pour résoudre le différend» relate t-il pour expliquer l’essence de son nom d’artiste. «Et c’est ainsi qu’ils ont commencé à m’appeler Terror, c’est resté jusqu’à ce jour» poursuit-il.

 

De son vrai nom Mahend Toukas Aggee, Terror entre dans la musique et précisément le rap dans les années 80. Mais déjà tout petit, se souvient-il, «j’écoutais du Bobby Brown, James Brown, mais surtout NTM, Mc Solaar qui ne sont que mes influences, mon idole étant Dieu». Sa passion pour la rime, il la doit entre autres aux auteurs Baudelaire, Arthur Rimbaud ou encore Stendhal qui font de mon année Terminale «une belle année, couronnée par l’obtention du Baccalauréat A4 espagnol». Il entre pour la première fois en studio en 1998, grâce à un certain Benjo Styl qui l’invite à poser sur l’album Le fond des égouts, la toute première compile de rap au Cameroun, sortie en 1999. Dès lors, une nouvelle ère s’ouvre pour le jeune rappeur. Il travail son flow, ses rimes, ses textes et son physique pendant près de quatre ans.
En 2002 quand certains le qualifient déjà de «50 cent camerounais», il preste en première partie du franco-camerounais Pit Bacardi au cinéma le Wouri et l’année d’après en première partie des rappeurs français Driver et Singuila au stade Mbappe Leppe à Douala. «De très beaux moments» pour le rappeur.

Un concert ce jeudi 04 février au CCF de Douala
2006, c‘est la consécration. Il sort son premier solo. L’intitulé «Black Alice» est bien accueilli par les mélomanes. Un album qui représente en même temps sa plus grosse fierté, mais aussi l’une de ses plus grosses déceptions, car n’ayant pas reçu le prix de meilleur album rap au Mboa Hip Hop Award 2009 «pourtant je le méritais» affirme l’artiste originaire de la tribu Banen dans le département du Nkam. «Beaucoup de choses restent à faire dans le Cameroun. Il faut que les gens arrêtent le lobbying et le sectarisme et qu’ils travaillent pour le mérite et non pour les gloires personnelles. Car à cette allure notre hip hop n’avancera jamais».

Sans doute ce qui pousse Terror à projeter la fin de sa carrière musicale après la sortie de son deuxième album. «Je compte me lancer dans les affaires, le business et me consacrer à ma famille» révèle t-il. Coup de pub ou réelle ambition, seule la suite pourra nous le dire. «Ce concert représente pour moi une reconnaissance pour tout le boulot que je fais depuis longtemps». Le rappeur promet beaucoup de surprises, et sera accompagné sur la scène d’un autre jeune rappeur camerounais du nom de Parol. Ce dernier fait partie du label Mapane Records que dirige Simon Mbey. Il évolue depuis quelques années sous la houlette du groupe Ak Sang Grave avec lequel il a participé à l’album Du fond de l’Afrique. Il figure également sur la compilation Kamer Konnexion aux cotés de plusieurs autres rappeurs camerounais tels Krotal, Boudor, Fulaw…

 



A savoir

  • Concert le jeudi 04 février 2010
  • Lieu: Salle de spectacles du CCF de Douala
  • Heure: 20 heures
  • Tarifs: 2500 Fcfa / Adhérents : 1500 Fcfa
  • Mboa hip hop Award: Cérémonie de récompense des rappeurs camerounais, organisée chaque année par la structure Blaxity que dirige Tony Nobody, en partenariat avec Canal 2 Internationale


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