Le bilinguisme au Cameroun, une mayonnaise qui tarde à prendre

Par Maturin Petsoko - 04/02/2010

50 ans après l’institution du bilinguisme au Cameroun, nombre de citoyens ont de la peine à maîtriser des deux langues

 

Tu me parles en anglais je te réponds en français et vice versa, voilà comment se pratique le bilinguisme institué depuis 50 ans au Cameroun. Ce qui illustre à suffisance la réalité selon laquelle le Cameroun a vraiment maille à partir avec le bilinguisme, mieux la facilité pour un citoyen de s’exprimer couramment et aisément dans les deux langues officielles que sont le Français et l’Anglais.

Pourtant, l’étranger qui séjourne pour la première fois au pays peut être frappé par le journal télévisé bien particulier de la chaîne publique invariablement animé par deux présentateurs, l’un parlant français, l’autre parlant anglais lançant tantôt les mêmes sujets, tantôt des sujets différents, traités dans les deux langues par des reporters différents. Idem au quotidien gouvernemental Cameroon-Tribune où une même interview est réalisée en français et en anglais et, où un reportage en anglais succède à un autre en français sur le même sujet.

 

© kibodio.com
Vous avez aussi souvent entendu parler des écoles primaires bilingues et des Lycées bilingues, des établissements bilingues dans lesquels les deux communautés qui s’y trouvent ne suivent pas en réalité le même système éducatif. Ces deux communautés francophone et anglophone partagent juste la même enceinte et parfois avec le même uniforme pour tous les élèves. Il s’agit en réalité des établissements ‘’deux en un’’.

Pourtant, l’objectif au départ visait un bilinguisme individuel grâce auquel chaque enfant qui suivrait le cycle du système éducatif national serait capable de parler indifféremment le français et l’anglais. Mais aujourd’hui, le français et l’anglais se côtoient et ont même tendance à se mélanger avec ce que les Camerounais appellent eux-mêmes le Franc-anglais.

Dans les services publics et même dans les salles de nos juridictions, les services des traducteurs et interprètes y sont si souvent requis parce que le magistrat ou le responsable paraître quelques soucis avec le français ou l’anglais. Dans l’enseignement supérieur, il existe des universités dites Anglophones et d’autres francophones. Sur la scène politique, combien sont-ils à pouvoir s’exprimer invariablement dans les deux langues officielles ? En tout cas, pas grand nombre. Ainsi va le bilinguisme à la camerounaise 50 ans après son institution. Une assertion bien connue de chez nous ne dit-elle pas que c’est le Cameroun qui est bilingue et non les Camerounais?

 





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