Cameroun: Améliorer la prise en charge des réfugiés.

Par Idriss Linge - 20/06/2010

Le Cameroun est une destination privilégiée pour de nombreux réfugiés, le HCR entend y renforcer sa capacité d’intervention d’ici à 2011

 

Plus de 100 000 réfugiés au Cameroun
Pour plusieurs personnes ressortissantes de l’Afrique centrale ou même de la région des grands lacs, le Cameroun représente aujourd’hui un refuge ou un endroit de choix pour la demande d’asile. Le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés et les autorités camerounaises offrent une assistance technique à près de 81 000 réfugiés, originaires du Nigeria, de la Centrafrique ou du Tchad et 2230 demandeurs d’asile. Une loi camerounaise de 2005 fixe les règles régissant le statut des réfugiés. Mais sur le terrain les experts doutent que les personnes et les infrastructures habilitées à rendre opérationnel ces mesures législatives ne soient pas effectives et opérationnelles. Malgré son ouverture au principe d’accueil des réfugiés, les conditions de vie des réfugiés restent sujettes à de grosses difficultés. Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua où on retrouve une forte concentration de réfugiés centrafricains, l’accès aux sites de recasement reste très difficile. La conséquence est que ceux-ci vivent dispersés sur plus de 70 sites de recasement et occupe une superficie de près de 30 000 mètres carrés. Il apparait difficile pour les différents intervenants dans le processus d’assistance aux refugiés de pouvoir effectuer leur travail avec des résultats optimaux. D’un autre côté, la situation économique du pays qui est très difficile ne permet pas aux réfugiés des zones urbaines de pouvoir s’auto prendre en charge. Ce qui fait que chaque année la prise en charge par le HCR coûte de plus en plus cher.

 

© hcr.org
Médiation serrée pour le HCR
Le HCR continue de faire pression sur le gouvernement camerounais pour que le code régissant le statut des réfugiés soit effectif. Mais en dépit de ces efforts, les besoins des réfugiés au Cameroun continuent d’être préoccupants. La sécurité alimentaire continue de poser un problème pour les 63 000 réfugiés des régions de l’Est et de l’Adamaoua au Cameroun. Principalement dépendants de l’aide alimentaire, leur état nutritionnel en dépit de quelques améliorations demeure préoccupant. Le taux de malnutrition globale est de 7,5% sur la population des enfants de moins de cinq ans. Parmi eux, 2% souffrent de malnutrition aigüe. L’accès aux soins médicaux pour cette population est elle aussi très hypothétiques, malgré la signature des accords avec des structures hospitalières. Le taux de vaccination des enfants réfugiés demeurent lui aussi très faible et très en deçà du taux national au Cameroun. Le volume d’eau disponible est limité parfois à 15 litres par habitant réfugié, c’est-à-dire un sceau par jour. Le taux de scolarisation ne dépasse pas les 40% et les infrastructures scolaires existantes ne suffisent pas à couvrir une demande grandissante en raison des surpopulations. A Langui un camp de réfugiés de la région de l’Est, la mise en place des conditions pour assurer des conditions de vie dignes aux réfugiés n’a pas retenue toute l’attention voulue. Certains réfugiés qui ont de la chance de faire partie d’un programme de pris en charge en zone urbaine ont une condition de vie plus acceptable, mais tout le monde ne bénéficie pas du programme.

 

© hcr.org
Est-il encore opportun d’accueillir certains réfugiés au Cameroun?
Le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés a pour principal objectif d’augmenter le nombre de réfugiés pris en charge et d’améliorer les conditions de vie pour une bonne partie d’entre eux. L’augmentation incessante du nombre de réfugiés justifie aujourd’hui les augmentations de budget de prise en charge du HCR depuis 2006, année au cours de laquelle le programme de retour volontaire des réfugiés nigérians prenait fin. L’enregistrement des demandeurs d’asile et la fourniture de pièce d’identité aux personnes qui en auront besoin figurent dans les objectifs actuels du Haut-Commissariat. Dans la région de l’Adamaoua de nombreuses déclarations d’exactions commises par des réfugiés continuent de croître. L’exemple international des dérives auxquelles pouvant conduire à une mauvaise gestion des statuts de réfugiés est celui du Kosovo. Au-delà des massacres, la réalité demeure que les ambitions de partitions de la Serbie et du Kosovo sont parties d’une revendication plus accrue de leurs droits par des réfugiés albanais habitant la zone du Kosovo. Il est difficile de comprendre pourquoi le HCR continue de maintenir des camps de réfugiés centrafricains au Cameroun et que la communauté internationale reconnaisse d’un autre coté que la situation en Centrafrique s’est améliorée, de même qu’au Tchad. Pour preuve, le contingent des forces des nations unies affecté aux deux pays sera bientôt démobilisé. Les problèmes sociaux vécus par les réfugiés pourraient se transformer en véritable crise politique dans les régions concernées. Le Cameroun ne le dit pas officiellement, mais les autorités resteront très prudentes.




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