Cameroun: Inondations meurtrières dans l’extrême nord

Par Idriss Linge - 26/07/2010

Les derniers bilans font état de12 morts, des dizaines de blessés et 3000 sans-abris

 

Huit personnes ont été tuées des suites des inondations consécutives à une forte pluie de plus de 10 heures de temps, dans la ville de Pouss, une localité située dans la région de l’Extrême-nord du Cameroun. On a aussi enregistré de nombreux blessés et d'importants dégâts matériels dans cette ville, a rapporté samedi soir, la radio nationale. La dernière victime, une jeune fille de 14 ans, est décédée à l’hôpital régional de Maroua, la principale ville de la région. Les autorités ont aussi fait part de ce que 3000 personnes seraient sans abris. Selon des témoignages des personnes jointes par téléphone, la pluie a surpris les habitants dans la nuit de jeudi à vendredi dernier. Plusieurs maisons ont été inondées, ce qui a provoqué la mort de leurs occupants. Le marché principal centre des activités, a été entièrement détruit par ces inondations. Ces inondations sont les plus graves depuis celles de 2005 qui avaient frappé les villes de Maroua et de Buea dans le sud-ouest. Le gouvernement de la région, Joseph Betsi Assomo est descendu sur les lieux pour apporter le soutien et le réconfort du gouvernement. Le ministère de la santé a prescrit que tous les blessés soient gratuitement pris en charge. Mais face à l’ampleur du désastre, tout le monde se pose la question de savoir comment l’Etat compte gérer le cas de ceux qui ont perdu leurs maisons et pour certains l’ensemble de leurs biens. Parmi la population, on craint le pire. « On ne sait pas ce qui nous arrive, les populations ici sont perdus et attendent encore ce que l’Etat va dire, c’est trop grave ici », nous a confié par téléphone, Gaston Tchinaï, un habitant de Pouss.

 

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La pluie est à l'origine des inondations
Le gouvernement s’est prononcé le dimanche 25 juillet 2010
Le Ministre Marafa Hamidou Yaya de l’administration territoriale faisait le point de la situation dans un communiqué. Sur le terrain, les familles sont désarmées alors qu’on craint de nouvelles pluies. Cette catastrophe risque une fois de plus, de mettre à rude épreuve, le système de gestion de catastrophe au Cameroun. Des observateurs craignent que ressurgissent l’épidémie de choléra que le gouvernement a récemment contenu avec grande peine. Le système de protection sociale et autre mécanisme d’intervention face aux catastrophes reste très faible. Le gouvernement s’est toujours défendu d’avoir mis sur pied un cadre légal que ses promoteurs ont jugé solide, pour régir la gestion des catastrophes au Cameroun. Ces textes sont la loi du 6 décembre 1986, le décret du 6 novembre 1995 et le décret du 12 mars 1996. Plusieurs structures interviennent aussi dans la gestion et la prévention des catastrophes. On peut y répertorier la Croix rouge, des ONG nationales et internationales et sur le plan purement médical le Service d’aide médicale d’urgence (SAMU). Par expérience, on sait que ce genre de situation entraine des conséquences qui vont au-delà de la fourniture d’une assistance médicale. Même si le gouvernement déclarait un état de catastrophe, les populations qui ont tout perdu ne se verront pas rembourser, parce que le système d’assurance de patrimoine est inopérant dans cette région où la majorité des populations vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le nord du Cameroun connaît d'importants contrastes climatiques, des sécheresses rudes alternant avec parfois de graves inondations.

 





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