Opérations de maintien de la paix, le métier de Sisyphe de l’Assemblée Générale des Nations Unies

Par Christian NGALLE - 20/10/2010

L'organisation est déployée dans toutes les parties du monde. Plongée au coeur du système

 

C’est au lendemain de la seconde guerre mondiale en 1948 que le conseil de sécurité autorise le déploiement d’observateurs militaires au Proche-Orient afin de superviser la mise en œuvre de l’accord d’armistice signé entre Israël et ses voisins arabes. La première mission de maintien de la paix de l’ONU voit ainsi le jour. Plus d’un demi-siècle plus tard, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. L’assemblée générale est le principal organe délibérant, directeur et représentatif de l’ONU. Créée par la Charte des Nations Unies en 1945 et composée des représentants des 192 états membres de l’organisation, elle est un forum multilatéral de discussion unique sur tout l’éventail des questions internationales abordées dans la Charte. En outre, elle joue un rôle important dans l’établissement de règles et la codification du droit international. L’assemblée tient chaque année une session ordinaire intensive de septembre à décembre, qui peut au besoin se prolonger au-delà de cette période.

 

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Les fonctions de l'ONU
Au rang de ses fonctions et pouvoirs, on cite l’étude des principes généraux de coopération pour le maintien de la paix et de la sécurité internationale, y compris les principes régissant le désarmement, et faire des recommandations sur ces principes. Il en est de même de toutes les questions se rattachant au maintien de la paix et de la sécurité internationale et les recommandations sur ces questions, sauf lorsqu’un différend ou une situation est en cours d’examen au conseil de sécurité. L’assemblée générale des Nations Unies discute également des questions rentrant dans le cadre de la Charte ou se rapportant aux pouvoirs et fonctions de l’un des quelconques organes de l’organisation et, avec la même exception, faire des recommandations sur ces questions. Elle demande également la réalisation d’études et fait des recommandations en vue de développer la coopération internationale dans le domaine politique; d’encourager le développement progressif du droit international et sa codification, de faciliter pour tous la jouissance des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de favoriser la coopération internationale dans les domaines de l’économique, du social, de l’humanitaire, de la culture intellectuelle, de l’éducation et de la santé publique.

Recommander des mesures propres à assurer l’ajustement pacifique de toute situation de nature à compromettre les relations amicales entre nations; recevoir et étudier les rapports du Conseil de sécurité et des autres organes de l’organisation; examiner et approuver le budget de l’ONU fait aussi partie des pouvoirs de l’assemblée générale des Nations Unies qui détermine également la répartition des contributions entre les états membres et élit les membres non permanents du conseil de sécurité et les membres d’autres conseils et organes de l’organisation et, sur recommandation du conseil de sécurité, nomme le secrétaire général. Par ailleurs, l’A.G peut également prendre des mesures si le conseil de sécurité ne parvient pas à une décision en raison du vote négatif d’un membre permanent, dans tout cas où paraît exister une menace contre la paix, une rupture de la paix ou un acte d’agression. L’assemblée peut examiner immédiatement la question afin de faire aux membres les recommandations appropriées sur les mesures collectives à prendre pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationale. Il faut tout de même préciser que l’assemblée ne peut adresser que des recommandations aux états sur les questions internationales relevant de sa compétence, qui n’ont pas force exécutoire, elle a néanmoins pris des initiatives — dans les domaines de la politique, de l’économique, de l’humanitaire, du social et du juridique — qui ont touché directement des millions de personnes dans le monde entier.

 

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L'évolution des missions de maintien de la paix
L’historique déclaration du millénaire adoptée en 2000, et le document final du sommet de 2005 témoignent de la volonté des états membres d’atteindre des objectifs précis pour faire régner la paix et la sécurité, progresser vers le désarmement et favoriser le développement et la lutte contre la pauvreté; défendre les droits de l’homme et promouvoir l’état de droit, protéger l’environnement, répondre aux besoins particuliers de l’Afrique et renforcer l’organisation des Nations Unies. La recherche du consensus fait également partie des missions de l’assemblée générale. Chaque état membre dispose en effet d’une voix à l’assemblée. Les décisions sur certaines questions importantes, telles que les recommandations relatives à la paix et à la sécurité, et l’élection des membres du Conseil de sécurité, sont prises à la majorité des deux tiers des états membres, mais les décisions sur les autres questions sont prises à la majorité simple.

Ces dernières années, les états membres ont fait un effort particulier pour prendre les décisions par consensus, plutôt que de les mettre aux voix, ce qui a contribué à élargir le soutien apporté aux décisions de l’assemblée. À cet effet, le président consulte les délégations pour déterminer si elles sont prêtes à adopter une résolution sans vote. Le maintien de la paix des Nations Unies est un instrument unique et dynamique conçu par l’organisation en vue d’aider les pays en proie à des conflits à créer les conditions d’une paix durable. En réalité, une définition ne pourrait cerner toute la portée du terme maintien de la paix. Et ce d’autant plus qu’il ne figure pas dans la Charte des Nations Unies. Cependant, le deuxième secrétaire général des Nations Unies, Dag Hammarskjöld, sous le mandat duquel la première mission a été autorisée, a fait référence au maintien de la paix comme s’inscrivant sous le chapitre six et demi de la Charte, entre les méthodes traditionnelles de résolution pacifique des différends, telles que la négociation et la médiation placées sous le chapitre VI, et les actions plus coercitives autorisées sous le chapitre VII.

 

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L'ONU évolue et s'adapte à son époque
Au fil des ans, le maintien de la paix des Nations Unies s’est adapté à l’ère du temps. Autrement dit, il a évolué de manière à répondre aux exigences posées par différents conflits et un paysage politique changeant. Né à l’époque où les rivalités de la guerre froide paralysaient régulièrement le conseil de sécurité, le maintien de la paix avait comme principaux objectifs le maintien de cessez-le-feu et la stabilisation des situations sur le terrain afin que les efforts entrepris au niveau politique puissent aboutir à un règlement pacifique des conflits. Ces missions étaient composées d’observateurs militaires et de troupes légèrement armées ayant des fonctions de supervision, de préparation de rapports et d’établissement de la confiance en appui aux cessez-le-feu et à des accords de paix limités. Avec la fin de la guerre froide, le contexte stratégique du maintien de la paix des Nations Unies a profondément changé, conduisant l’organisation à modifier et étendre ses opérations sur le terrain de missions traditionnelles impliquant des tâches strictement militaires à des entreprises pluridimensionnelles complexes destinées à veiller à la mise en œuvre d’accord de paix globale et à aider à bâtir les fondations d’une paix durable.

Aujourd’hui, les soldats de la paix entreprennent une grande diversité de tâches complexes, allant de l’appui à la mise en place d’institutions de gouvernance durables, la surveillance des droits de l’homme, la réforme du secteur de la sécurité au désarmement, à la démobilisation et la réinsertion des anciens combattants. La nature des conflits a également changé au cours de ces dernières années. Initialement conçu comme un moyen de régler des conflits entre les états, le maintien de la paix a progressivement été appliqué aux conflits intra étatiques et aux guerres civiles. Bien que les soldats demeurent l’épine dorsale de la plupart des opérations de maintien de la paix, celles-ci se composent également d’administrateurs, d’économistes, de policiers, d’experts juridiques, de démineurs, d’observateurs électoraux, d’observateurs des droits de l’homme, de spécialistes dans les domaines des affaires civiles, de la gouvernance ainsi que des employés humanitaires et des experts en communication et en information publique. Le maintien de la paix des Nations Unies continue d’évoluer, tant sur le plan conceptuel qu’opérationnel, afin de relever les nouveaux défis et réalités politiques. Face à la demande croissante pour des opérations de paix de plus en plus complexes, les Nations Unies ont vu, ces dernières années, leurs capacités utilisées à leurs limites d’une manière qui est sans précédent. L’organisation s’est activement employée à renforcer ses capacités de gestion et d’appui aux opérations sur le terrain et, de cette façon, a contribué à la fonction la plus importante des Nations Unies: Le maintien de la paix et de la sécurité.



A savoir

  • ONUST: Mai 1948, organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve en Palestine.
  • UNMOGIP: Janvier 1949, groupe d’observateurs militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan.
  • UNFICYP: Mars 1964, force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre.
  • FNUOD: Juin 1974, force des Nations Unies chargée d’observer le dégagement.
  • FINUL: Mars 1978, force intérimaire des Nations Unies au Liban.
  • MINURSO: Avril 1991, mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental.
  • MINUK: Juin 1999, mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo.
  • MONUSCO: Novembre 1999, mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo.
  • MINUL: Septembre 2003, mission des Nations Unies au Liberia.
  • ONUCI: Avril 2004, opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire.
  • MINUSTAH: Juin 2004, mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti.
  • MINUS: Mars 2005, mission des Nations Unies au Soudan.
  • MINUT: Août 2006, mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste.
  • MINUAD: Juillet 2007, opération hybride UA/ONU au Darfour.
  • MINURCAT: Septembre 2007, mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad.


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