Fête de la jeunesse: Intégralité du discours du président de la république

Par Paul Biya - 11/02/2011

Discours diffusé le février 2010

 

Chers jeunes compatriotes, La célébration du Cinquantenaire de notre indépendance, qui sera suivie cette année de celle de notre réunification, aura été pour nous tous, et pour vous particulièrement, l’occasion de revivre les étapes de notre libération, mais aussi et surtout de nous projeter dans l’avenir. C’est évidemment ce dernier aspect qui vous concerne le plus. Je vous disais l’an dernier que j’avais la conviction que nous étions sans doute à la veille d’une reprise de notre économie, laquelle, vous le savez, a subi les effets retardateurs de la crise mondiale. J’ai le sentiment que les faits sont en train de me donner raison. En effet, nous devrions cette année retrouver notre taux de croissance d’avant la crise et peut-être même faire encore mieux. Bon nombre de nos grands projets devraient être lancés. Laissez-moi en citer quelques-uns.

Dans le domaine de l’énergie : les barrages et les centrales hydroélectriques de Lom Pangar, de Memve’ele, de Mekin et, il faut l’espérer, la centrale à gaz naturel de Kribi. Concernant les infrastructures routières : la remise à niveau de la voirie de nos centres urbains et la construction de nouvelles routes dans la plupart de nos Régions. Dans le secteur minier : le démarrage attendu de nos projets. Pour ce qui est de l’adduction d’eau et la distribution d’électricité : la poursuite ou la mise en œuvre des travaux déjà entamés ou prévus. S’agissant des transports : la première phase de construction du port en eau profonde de Kribi. Au plan social : le lancement de vastes programmes de logements, de nouvelles infrastructures de santé et de constructions scolaires, universitaires et sportives.

Ce regain d’activité devrait non seulement procurer à nos populations une amélioration de leurs conditions de vie, mais aussi créer une demande importante de main d’œuvre à différents niveaux de compétences. Des perspectives favorables en matière d’emploi pourraient ainsi se faire jour et nous mettre en meilleure situation pour lutter contre le chômage, mal dont notre jeunesse est hélas la principale victime. Il est un autre facteur qui peut nous inciter à un certain optimisme. La demande croissante, au niveau mondial, de matières premières d’origine minérale 2 ou végétale devrait nous conduire à en stimuler la production. Nos projets miniers, déjà cités, apporteront une première réponse. Mais je compte surtout sur notre agriculture, au sens large, pour la compléter. Je l’ai dit tout récemment à Ebolowa, mais permettez-moi d’y revenir quelques instants.

Notre agriculture dispose en effet de capacités de production considérables qui peuvent être développées. C’est le cas des céréales comme le riz et le maïs et de nos cultures de rente, essentiellement le cacao et le café ; mais aussi de nos cultures industrielles, coton, palmier à huile, hévéa, canne à sucre et banane. Une augmentation sensible de ces productions contribuerait non seulement à l’équilibre de notre commerce extérieur, mais serait immanquablement accompagnée d’un appel de main d’œuvre et d’une réduction du chômage. Je crois en effet que dans notre situation actuelle, la solution de notre problème d’emploi se trouve à ce niveau. Si notre agriculture se révèle capable de faire ce « bond en avant », elle offrira une gamme importante d’emplois, allant des plus simples aux plus qualifiés. C’est la raison pour laquelle j’engage nos jeunes à ne pas se détourner du travail de la terre qui est garant de stabilité et d’épanouissement. Ceci ne veut évidemment pas dire qu’il faut négliger les activités industrielles et de services, elles aussi créatrices d’emplois et porteuses d’avenir.


 

© www.prc.cm
Paul Biya, Président du Cameroun
Chers jeunes compatriotes,
Cette bataille pour l’emploi n’est que l’autre face de notre combat pour le développement. Et ce combat, c’est vous qui, dans les prochaines années, allez devoir le mener … et le gagner. Pour cela, il vous faudra être armés de toutes les compétences nécessaires que vous avez acquises au cours de votre parcours scolaire et universitaire. C’est bien entendu la garantie de votre réussite personnelle, mais aussi et surtout l’accomplissement d’un devoir civique envers votre pays. Vous lui marquerez ainsi votre reconnaissance pour les efforts qu’il a faits pour vous tout au long de vos études. Ces efforts seront poursuivis. Même si, provisoirement, l’Etat a dû restreindre certaines dotations budgétaires, il reste déterminé à accorder la priorité à l’éducation en général et à chaque type d’enseignement en particulier. Au niveau de l’éducation de base, l’objectif fondamental restera l’élargissement de l’accès à l’enseignement et l’amélioration de sa qualité.

Parallèlement, les actions entreprises pour la construction d’infrastructures scolaires et la fourniture d’équipements ainsi que l’appui à l’enseignement privé seront poursuivis. Il sera porté une attention particulière à l’achèvement du cycle primaire afin de garantir l’irréversibilité de l’alphabétisation. En ce qui concerne les enseignements secondaires, une réflexion devra être engagée pour définir les priorités en fonction des moyens disponibles. Mais les orientations principales continueront d’être le renforcement de l’offre éducative et la multiplication des infrastructures.

S’agissant de l’enseignement supérieur, la professionnalisation restera le maître mot, sans négliger pour autant l’extension du système LMD. La synergie entre l’université et l’entreprise devra faire l’objet d’initiatives dans l’esprit des propositions du récent forum consacré à ce problème. Par ailleurs, il va de soi que la politique engagée pour renforcer la gouvernance sociale au sein de l’université sera étendue. D’autre part, je rappelle qu’un effort exceptionnel a été fait en 2010 au profit de la recherche universitaire et de l’excellence académique. Ces dotations seront majorées en 2011.

Mes chers jeunes compatriotes,
Je vous l’ai dit l’an dernier. La participation des jeunes au développement n’est pas seulement une affaire de compétence intellectuelle et technique. Elle suppose également un engagement de caractère civique et patriotique. A cet égard, un fait significatif est à signaler. J’ai en effet signé récemment le décret portant création, organisation et fonctionnement de l’Agence du Service Civique National de Participation au Développement. Cet organisme est investi d’une mission de mobilisation des énergies en vue du développement économique, social et culturel de notre pays, de la promotion du sentiment national et patriotique, et enfin du progrès du sens de l’intérêt général, de l’esprit civique et de la culture de la paix. Ces dispositions concernent les jeunes de 17 à 21 ans astreints à une période obligatoire de 60 jours et les volontaires pour une durée de 6 mois. L’Agence étendra ses activités sur l’ensemble du territoire national. Déjà budgétisé, son fonctionnement pourrait prochainement démarrer.
L’entrée en service de l’Agence et la réhabilitation des Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes qui contribuent à la formation extrascolaire, devraient apporter à notre jeunesse l’encadrement civique et la formation nécessaires à son insertion sociale. L’élaboration par le Ministère de la Jeunesse d’un « référentiel de l’éducation à la citoyenneté » va dans le même sens. Un autre fait marquant qui mérite d’être signalé a trait au déploiement, à tous les niveaux de notre organisation administrative nationale, des organes du Conseil National de la Jeunesse. Le Conseil, qui a élaboré son plan d’action triennal, devrait être en mesure de jouer son rôle d’interface entre les pouvoirs publics, les partenaires au développement et la société civile d’une part et l’ensemble de notre jeunesse d’autre part. Par une heureuse coïncidence, l’entrée en service effective du Conseil intervient au moment où la Charte Africaine de la Jeunesse vient d’être ratifiée. L’objectif principal de la Charte, je le rappelle, est de renforcer la participation des jeunes à la vie politique, économique, sociale et culturelle. La célébration en 2011 4 de l’Année internationale de la Jeunesse nous donnera opportunément l’occasion de favoriser l’appropriation des dispositions de la Charte par notre jeunesse.

S’agissant de l’insertion des jeunes dans l’économie, l’Etat, à côté des actions menées par le Fonds National de l’Emploi, a continué à soutenir les programmes destinés à donner au plus grand nombre possible de jeunes des chances d’intégrer la vie professionnelle. C’est le cas du Projet d’appui à la jeunesse rurale et urbaine et du Projet d’insertion des jeunes par la fabrication de matériel sportif. Ces deux projets ont permis d’insérer dans la vie économique plusieurs milliers de jeunes, de lancer des centaines de micro-activités et de juniors entreprises et de créer des dizaines de coopératives.

Mes chers jeunes compatriotes,
L’entrée en activité des grands projets structurants évoqués plus haut va générer de nombreux emplois. En attendant, j’ai instruit le Premier Ministre de procéder, cette année, à un recrutement spécial, dans la Fonction publique, de 25 mille jeunes diplômés. Mais comme je l’ai dit précédemment, c’est surtout sur la relance de notre croissance que je compte pour stimuler l’emploi.

Mes chers jeunes compatriotes,
Je n’ignore pas, croyez-le bien, quelles sont vos inquiétudes quant à votre avenir. Je peux imaginer la déception de ceux qui, après de longues années d’études, peinent à trouver un emploi correspondant à leurs qualifications. Le découragement de ceux qui, sans diplômes, n’ont, au mieux, comme perspective, que des emplois précaires. Le sentiment d’injustice de ceux qui, privés de tout espoir, ont l’impression d’être rejetés par la société. A tous ceux-là, je dis qu’ils ne doivent pas désespérer, car notre redressement est en marche. Et je leur citerai l’exemple des pays émergents qui battent aujourd’hui des records de croissance et qui hier connaissaient des convulsions internes, la grande pauvreté et l’oppression. Nous qui bénéficions de la paix, de la stabilité et du progrès démocratique, avons désormais toute chance de bâtir ensemble une société juste et solidaire. C’est pourquoi, comme l’an dernier, je vous demande d’avoir confiance en l’avenir, car nous touchons au but.
Bonne fête à toutes et à tous,
Vive la jeunesse camerounaise,
Vive le Cameroun.

 





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