Coton : Oui au transgénique et non à la concurrence déloyale de la friperie

Par Idriss Linge - 05/03/2011

Au-delà de la mise en place d’un réseau, ces préoccupations ont fait l’objet d’échanges lors du coton business forum

 

La solution du transgénique
Le premier forum international sur le développement des systèmes productifs en réseaux des acteurs de la filière coton/textile en zone CEMAC s’est achevé le 25 février dernier à Yaoundé la capitale camerounaise, sur 16 engagements dont les plus importants sont la mise en place d’un réseau des systèmes productifs dans la zone Afrique Centrale, et l’adoption du principe d’essai des cotons transgéniques. Un seul point de la déclaration finale de cet évènement aborde la question de la mise en réseau, c’est le 10ème. La tache de la mise en place de ce réseau revient au CAARD (Centre d’Appui aux Actions rurales de développement). Ses principales missions seront de mettre en place un réseau d’entreprises de la filière coton/textile en zone Afrique Centrale, promouvoir un cadre de partenariat entre les états de cette zone, développer des approches participatives en vue d’ouvrir de nouvelles perspectives, en établissant des rapports de confiance entre les partenaires, renforcer les capacités des acteurs du réseau et d’assurer le suivi des engagements pris en commun et enfin, assurer la pérennisation du processus de développement du système avec l’organisation de stages de formation et d’ateliers d’apprentissage communs, la fourniture d’une assistance technique adéquate, la présentation des meilleures pratiques, la mise en place de groupes de discussion. Trois points traitent de l’introduction des transgéniques dans la culture du coton. Il sera question du renforcement du cadre de coopération scientifique régionale et de partage de matériel génétique par les instituts de recherche agricole sous régionales (Afrique Centrale), démarrage dès la campagne 2011 des expérimentations, en milieu confiné, du cotonnier génétiquement modifié au Cameroun et dans chaque pays de l’Afrique Centrale, en concertation avec les institutions publiques et privées concernées et enfin renforcement et l’opérationnalisation des comités nationaux de biotechnologie en vue de la promotion de la culture transgénique

 

© Journalducameroun.com
Vendeur de friperie à Yaoundé
Renforcer la production à la base
Lors des discussions en plénière, on a très bien perçu que l’objectif de la rencontre a tourné autour de ces deux points essentiels. Certes d’autres points d’intérêts ont été évoqués dans les déclarations finales. Il s’agit notamment des mesures visant le développement de la filière textile et du renforcement de la production à la base. Certains observateurs sont restés assez critiques sur les engagements finaux. «il aurait été plus raisonnable de suivre la thématique de bout en bout, on a eu l’impression que sur l’ensemble des discussions on a juste voulu retenir qu’il fallait créer un réseau des systèmes productifs d’une part et d’autre part doper la production par l’utilisation des transgéniques, ce n’était pas la bonne manière d’aborder le problème » a fait remarquer un des participants étrangers présent lors des travaux. Le fait est qu’au Cameroun comme dans de nombreux pays où cela existe, la filière textile et coton ne sont pas forcément liés. La filière coton n’est qu’une des solutions de la filière textile qui elle-même utilise divers type de matières premières. Le Cameroun n’échappe pas à la règle. Les confectionneurs de vêtement utilisent du coton, de la laine, et parfois de la soie ; qui n’ont pas les mêmes sources.

 

Contenir la friperie
Selon eux cette activité détruit le tissu de production local, et en plus le fait que ce soit des vêtements précédemment portés par des personnes en occident, pose un problème de santé. La réalité est que la compétitivité de l’industrie textile au Cameroun est limitée. Certes, le secteur bénéficie des avantages fiscalo-douanières qui réduisent fortement les temps de production, mais la production locale de textile est très faible. Le forum essaie d’apporter une solution en suggérant le coton transgénique, mais fait remarquer des experts, ce serait exactement l’effet contraire qui sera obtenu. Entre le temps d’importation des semences et le temps de former les planteurs à leur utilisation efficiente, la filière coton aura encore marqué quatre années d’expansion en moins. Une chose parait évidente, la mise en place des réseaux sera délicate. Pour un réseau pertinent, il faut des partenaires forts. Or au Cameroun, les acteurs de la filière présentent de nombreuses disparités en termes de capacité d’intervention. Le réseau risquera de profiter à tout le monde, sauf aux milliers de planteurs qui eux continue de déserter le secteur, en raison de la faible capacité du coton à soutenir leur épanouissement.




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