Martin Camus Mimb: «Ne rien dire pour nuire, ne rien taire pour plaire»

Par Dipita Tongo - 30/06/2011

Le journaliste sportif camerounais a une expérience professionnelle unique dans son domaine

 

Samuel Eto’o ne voulait personne d’autre pour réaliser son interview
Englué dans des polémiques au lendemain du match Cameroun vs Sénégal où les lions indomptables ont quasiment perdu tout espoir de qualification, le capitaine des lions veut expliquer aux camerounais un ensemble de faits dont il est tenu pour principal responsable: Avant de réaliser l’interview que nous lui avons faite, Samuel Eto’o m’a avoué qu’on lui a dit que ce n’est que chez moi qu’il pouvait faire cette interview, un choix orienté grâce au professionnalisme et à la crédibilité dont jouit Martin Camus Mimb. Certains l’appellent affectueusement le «pitchitchi du micro» en reconnaissance à son talent, un talent qui prend son encrage alors même que Martin fait encore ses classes du secondaire. Je commence ce métier au lycée bilingue d’Edéa où je suis le président du club journal, en fait une sorte de rédacteur en chef qui devait veiller sur le contenu, écrire des articles…et nous rendions en général compte des activités scolaires telles que les interclasses. J’ai aussi assumé ce rôle au lycée classique d’Edéa et même à l’université de Douala où j’ai continué mes études.

 

© Journalducameroun.com
Martin Camus Mimb, journaliste sportif
C’est d’ailleurs dans cet établissement académique que ce qui n’était jusque là qu’une simple passion de jeunesse prend une tournure professionnelle: J’arrive à l’université de Douala où je fais sociologie et communication, à priori une filière qui venait d’être inaugurée et qui avait pour vocation de former les communicateurs d’entreprise et des journalistes. A partir de là je suis collaborateur des sports à la Crtv -fm105- et par la suite chef service des sports à Dikalo. La conciliation entre ses activités scolaire et académique avec le journalisme ne semble pourtant pas lui poser de problèmes particuliers. J’ai eu la chance de tomber sur des proviseurs qui aimaient beaucoup les activités culturelles, donc qui encourageaient les jeunes à les pratiquer. En plus nous exercions à des heures de pause. Grâce à cet encadrement Martin Camus crée en 1992 le club journal du lycée bilingue d’Edéa, ce qui coïncide avec le nouveau statut de l’établissement qui autrefois était C.E.S. bilingue. Par contre, au niveau universitaire cet aisance n’est plus la même, les multiples engagements corsent le déploiement du néo-journaliste: En effet il fallait suivre les cours et assurer les engagements que j’avais avec la fm105, par ailleurs les responsables n’aimaient pas ce que nous faisions, certains pensaient que le club journal s’était la préparation d’une révolution, ainsi nous avions été censurés, les parutions étaient parfois interdites, nous avions été traduits au conseil de discipline… Donc la difficulté n’était pas systématiquement au niveau de la conciliation entre les études et la pratique de ce métier mais parce qu’on ne pouvait pas fonctionner sereinement.

 

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Martin Camus et Harry Roselmack
L’équipe type pour se venger de la Crtv
Le véritable contact permanent avec le micro se fait à travers une émission -chaude fréquence- créée par Jacques Logmo à la fm105: Fort de mon statut de correspondant que j’étais à Edéa lorsque j’arrive à Douala, c’est tout naturellement qu’on m’intègre. Il y avait des personnes très ouvertes comme Léonard Châtelain, Léon Bernard Gara, Serges Pouth… Il faut avouer que nous n’étions pas rémunérer et notre salaire c’était de passer à la radio. Jusque là, le pitchitchi du micro ne c’était pas encore spécialisé dans le journalisme sportif, une situation qui se précise lors d’une occasion fortuite: En 1996, j’étais collaborateur de Dikalo et ce canard lors de la finale de la Coupe du Cameroun de football n’avait envoyé personne en couverture. Le rédacteur en chef m’a demandé de regarder le match à la télé et d’en faire le compte rendu. Il a été très satisfait du résultat. L’expérience accumulée permet à Martin Camus de véritablement voler de ses propres ailes notamment à «radio équinoxe» qu’il intègre et devient rédacteur en chef des sports avec des collègues qui composent ce qu’ils appellent «l’équipe type», on retrouve à ses cotés Nana Paul Sabin, Nathalie Wakam, Hervé K, Carole Yemelon. J’avoue que le nom qu’on s’était choisi n’arrangeait pas tout le monde à la radio, encore moins le promoteur, les gens trouvaient qu’on était prétentieux. Notre objectif c’était de faire oublier la fm105 car la plus grosse injustice qu’on a subi là bas était de n’avoir pas été recruté alors qu’il y en avait qui était moins compétent mais intégré. Après six ans d’expérience à la radio puis à la télé équinoxe, Mimb s’en vole vers de nouvelles aventures, la nouvelle cible est Stv: Quand je rentre de la Coupe d’Afrique des Nations 2008, j’ai un projet de démission, mais la radio traverse des déboires et est fermée trois mois après, en plus du comportement du patron j’officialise mon départ.

Le visage camerounais de Canal+
La chaîne de télé privée apparait aussi comme un déclic vers une expérience internationale: 5 mois après mon arrivée à Stv, Mactar Silla l’ancien directeur général m’envoie en stage à Dakar où Canal France Inter (Cfi) forme des journalistes dans le commentaire des meetings d’athlétisme. Là bas je suis l’un des meilleurs et Hédi Hamel le rédacteur en chef de Cfi me dit que je serai bon dans les commentaires du football. Cfi lance par la suite un concours dans les pays francophones pour recruter des commentateurs de football et mon dossier est retenu pour faire un stage à Paris. Parmi les experts qui dirigent le stage on retrouve Philippe Doucet entre autre. Au bout du stage je suis le meilleur et je suis retenu pour aller commenter en 2009 la Coupe des confédérations en Afrique du sud, ensuite la Coupe du monde en 2010 après plusieurs stages à l’issue desquels sur les 200 que nous étions au départ, on n’en a retenu que 4. Ce parcours s’achève par la finale de cette compétition où Martin Camus Mimb assure le commentaire. La belle expérience lui vaut aujourd’hui d’être l’un des correspondants africain de Canal+. Face aux multiples pressions dont il est parfois l’objet, pour lui, seul le professionnalisme est le meilleur gage de protection: Quand tu fais bien ton travail tu inspires du respect, même ton détracteur le plus déterminé ne peut s’en prendre à toi car il a justement du respect pour toi. Celui dont la devise est: Ne rien dire pour nuire ne rien taire pour plaire est né le 5 Octobre 1973 à Mouanko, dans le département de la Sanaga maritime. Marié, Martin Camus Mimb est aussi père de 3 enfants et titulaire d’une licence en sociologie.




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