Atangana Nsoé: Un des jeunes loups de la présidentielle

Par Noelle Effoudou - 22/09/2011

Le regard franc et la verve bien sentie, voici le portrait de celui qui veut être président et rien d’autre

 

Malgré le fait qu’il se réclame chrétien, il n’affiche jamais son prénom biblique Simon Pierre. Il le dit, mon nom de marque c’est Atangana Nsoé. À 46 ans il a tout du citoyen ordinaire. A une exception près, il veut devenir le troisième président de la République du Cameroun. Il s’y voit bien, à telle enseigne, qu’il se fait déjà appeler «Président». Jeune bachelier, il aimait déjà la politique. C’est un fervent admirateur de feu le premier président du Cameroun Amadou Ahidjo. Pendant longtemps, il va essayer de s’inspirer de ce dernier, en termes de discours. En 1995, il fait son retour au pays natal et se lance dans la politique sans grand succès. Mais en 2006, il décide de se consacrer exclusivement à la chose politique au Cameroun.

Pour lui, tous les Camerounais peuvent servir l’Etat, son crédo devient alors «un homme, un poste». Dans son programme de 48 points scindé en quatre parties, le candidat Atangana Nsoé, souhaite offrir aux Camerounais, un pays plus juste, plus égal, plus prospère, et plus généreux. Dans son programme d’action, l’on retrouve un assainissement de la justice camerounaise qui devrait permettre à tous de se sentir égaux devant la loi. Une justice lavée de marchandages de tous ceux qui l’ont transformée en fonds de commerce. Sur le plan sportif, son programme explique qu’ il est temps que le Cameroun organise une Coupe d’Afrique des nations; que l’on crée des lycées sportifs pour les jeunes, alliant sport et études, dans chaque région du pays avec toutes les commodités. Pour lui, le régime du Renouveau a mis le sport de côté. Il dit penser à la jeunesse qui est sans avenir, afin de lui redonner espoir en demain. C’est pourquoi, il propose une réelle gratuité de l’école maternelle, en insistant sur des détails comme celui de la cantine scolaire.

 

© Journalducameroun.com
Le candidat Atangana Nsoé
Il se présente comme un candidat très sérieux, avec un programme «puissant», prêt à aller jusqu’au bout. A ceux qui pensent qu’il se présente à cette présidentielle pour de l’argent, il répond: le parti le plus avantagé, c’est le RDPC. La loi sur le financement des partis politiques, qui destine la moitié de l’enveloppe au parti majoritaire à l’Assemblée Nationale, est faite pour remplir les caisses de ce parti. Il s’inscrit en faux devant l’idée selon laquelle, c’est l’argent qui suscite une candidature pour diriger le pays. En parlant d’Elecam, l’homme qui dit avoir confiance en cette institution lui attribue d’emblée la note de 7 sur 10. Un organisme qu’il considère comme une bonne idée, qui travaille bien et prouve qu’il n’est pas une section du RDPC. En fait, dit-il c’est le RDPC qui dérange dans Elecam. Il ne posera aucun recours à la publication du résultat définitif de la présidentielle du 09 octobre prochain, affirme-t-il. L’homme n’est pas modeste. Sa finalité, n’est pas d’être ministre, mais président. Toutefois il reste ouvert pour un apport intellectuel.

Tout un défi pour cet économiste de développement qui se considère comme le meilleur adversaire du Président Biya. En effet, le fait d’être le frère du Commandant de la Garde présidentielle, et d’être la dernière personne que l’on s’attendait à voir en lice pour cette élection, est son principal atout. De ces concurrents, il a son idée. Selon lui, il ne sert à rien de dire que le Président Biya est vieux et de le remplacer par quelqu’un qui a le même âge que lui. Il dit non, à un président qui a atteint un certain âge et il le dit fort, Fru Ndi, Muna, Dang Esther, ils ne me font pas peur, ils représentent le passé. L’avenir, c’est avec des gens comme nous. Aux Camerounais, tout au long de sa campagne, il dira le changement s’impose aujourd’hui. Il est hors de question que les mêmes restent à des postes pendant des années. Ce n’est pas normal que les mêmes soient à la mangeoire toute une vie.

De son parcours, l’on retient que ce dernier garçon d’une famille de 12 enfants, fait ses études primaires et secondaires à Banyo dans la région de l’Adamaoua; où il est certain d’avoir un grand nombre de militants. Sa bourse en poche, il entre à l’université d’Orléans en France pour suivre des études d’informatique, mais son aversion des mathématiques, va le mener vers des études de Sciences économiques. Pas de chance avec les maths. Parallèlement, pour s’offrir des repas «chics», il fait un job de baby-sitter. Son Deug en poche, direction l’Institut d’études des Relations Internationales de Paris, pour une spécialisation en commerce international. Comme à l’époque c’était un peu la mode, il décide de partir à la conquête d’un diplôme de 3ème cycle à l’université de Paris IX Dauphine, en Gestion des entreprises. C’est cet homme à la tête bien rempli, mais peu connu du grand public qui se porte aujourd’hui à la destinée du Cameroun.

 





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