Santé › Conseils pratiques

Au Cameroun, l’hĂ´pital est le miroir de ce qui se passe au pays

Les hĂ´pitaux sont plus malades que les patients qui s’y rendent. Ils sont sous-Ă©quipĂ©s mais aussi il y a du laisser-aller

Hôpitaux délabrés, manque de moyens en personnel, en équipements et en médicaments, corruption, favoritisme, caractérisent le système médical camerounais. Mais la négligence est aussi la cause de décès évitables.

Etre ministre de la santĂ© au Cameroun c’est comme avoir une Ă©pĂ©e de Damoclès par-dessus la tĂŞte. Car les hĂ´pitaux sont plus malades que les patients qui s’y rendent. Ils sont sous-Ă©quipĂ©s mais aussi il y a du laisser-aller.

L’image actuelle de nos hĂ´pitaux est très pathĂ©tique. On dirait des prisons Ă  ciel ouvert. On peut dire sans risque de se tromper que les hĂ´pitaux ne rĂ©pondent pas aux attentes des Camerounais. Tout porte Ă  le croire, vu le nombre de patients qui s’y prĂ©sentent sans voir l’ombre d’un personnel soignant. On peut ajouter Ă  cela, le manque de considĂ©ration notoire envers les patients dans des situations d’urgence, une attitude frĂ©quente dont la consĂ©quence la plus grave est la perte de vies humaines.

Faut-il le rappeler pourtant que s’engager dans la politique et diriger une nation, c’est d’abord et avant tout savoir gĂ©rer l’argent public pour que la population accède aux services publics, y compris les soins sanitaires de qualitĂ©?

Il ne s’agit point de profiter de l’argent public pour se faire voir, et combler ainsi beaucoup plus le besoin de paraĂ®tre de son ego que les besoins vitaux de la population qui meurent dans la misère avec un record africain voir mondial de taux de mortalitĂ© maternelle et infantile : C’est cela la rĂ©alitĂ© au Cameroun.

Pour les Camerounais les plus dĂ©favorisĂ©s qui n’ont pas les moyens de filer des billets doux pour le portefeuille du personnel soignant (du mĂ©decin aux infirmiers, sages-femmes et autres auxiliaires de santĂ©), les hĂ´pitaux publics du pays sont des mouroirs.

Tant qu’une Ă©quipe de politiciens et politiciennes, Ă©clairĂ©s, patriotes et rĂ©ellement dĂ©sireux d’ uvrer pour l’intĂ©rĂŞt supĂ©rieur de la Nation n’arrive un jour pas au pouvoir, la situation dans les hĂ´pitaux publics continueront Ă  se dĂ©tĂ©riorer, tout comme la qualitĂ© des soins, et comme les tenants du pouvoir, au moindre malaise ou accidents, sont Ă©vacuĂ©s en dehors du pays, l’Ă©tat dĂ©sastreux, humiliant, dĂ©gradant et honteux des hĂ´pitaux du pays, ne les concerne pas. Ils n’y vont pas tout comme leurs familles.

L’augmentation de la corruption et la dĂ©tĂ©rioration de la gouvernance au Cameroun depuis des dĂ©cennies sont des rĂ©alitĂ©s politiques indiscutables. N’en dĂ©plaise Ă  celui qui condamnera nos propos car nous disons tout haut ce que les autres prĂ©fèrent gober et mourir en silence. Nous parlons de ces zĂ©lĂ©s, ces griots, et fanatiques supporteurs qui, Ă  la moindre critique, s’empressent de dĂ©douaner leur idole (Biya Paul) devant ses Ă©checs Ă©blouissants, juste pour le plaisir d’une rhĂ©torique oiseuse.

C’est cette espèce de mentalitĂ©, qui tente systĂ©matiquement de cacher la rĂ©alitĂ© et de dĂ©tourner l’attention des insuffisances et des incompĂ©tences de Paul Biya en matière de gestion publique.

La liste des Camerounais qui meurent dans nos hĂ´pitaux par manque de soins s’allonge chaque jour.

Le pouvoir en place au Cameroun, une fois de plus, a ratĂ© son rendez-vous avec l’Histoire parce qu’il est un pur concentrĂ© de contradictions et de tout ce qui est immoralitĂ©. Il a voulu apparaĂ®tre comme le chantre du dĂ©veloppement du Cameroun mais il n’a jamais su rĂ©unir tous ses compatriotes sur cette cause

En rĂ©alitĂ©, Paul Biya, puisqu’il s’agit de lui, aspire Ă  se faire un « rais » de la taille d’Adolph Hitler, qui reçoit offrandes, prix et mĂ©dailles mais il ne les mĂ©rite pas malheureusement. Il est exactement comme d’Adolph Hitler avec la grande diffĂ©rence que lui (Paul Biya) a un QI (Quotient d’Intelligence) de moineau. Il est prĂŞt Ă  tuer des innocents qui ne veulent qu’essayer de vivre un vrai changement, pour asseoir et consolider sa dictature sanguinaire.

Mais effectivement, la sagesse chinoise enseigne que « Quand le sage montre la lune, le fou regarde le doigt ».


Le comble est que, plus il avance en âge, plus il (Paul Biya) devient audacieux et irrespectueux des autres car, il suffit de dĂ©cortiquer l’âme malade de Paul Biya, un personnage qui a soif d’honneurs, pour conclure qu’il n’est pas tout seul dans sa tĂŞte.

S’il y avait des installations sanitaires bien Ă©quipĂ©es, certes la mort est inĂ©vitable, mais les Camerounais pourraient avoir des soins adĂ©quats et mourir dignement et confortablement entre les mains et le regard des parents et amis.

Pourquoi le gouvernement camerounais ne veut pas investir pour construire dans le pays des hĂ´pitaux modernes de premier plan oĂą les Camerounais peuvent bĂ©nĂ©ficier des mĂŞmes qualitĂ©s de soins que les Français et les AmĂ©ricains ? OĂą une mutuelle de santĂ© s’occupera de la couverture des frais sanitaires? OĂą le mĂ©decin ne sera plus un vulgaire commerçant ?…

Cela n’est pas impossible. Aujourd’hui, les hĂ´pitaux camerounais sont dans une situation très inquiĂ©tante. Il manque tout et tout se vend mĂŞme l’accès Ă  l’enceinte des hĂ´pitaux.

Quand est ce que les Camerounais apprendront que les problèmes balayés pour être accumulés sous le tapis ne disparaissent pas mais plutôt, finissent toujours par remonter au même moment à la surface au point de mettre la nation en péril ?

Le salut du Cameroun rĂ©side – que les Camerounais veuillent ou non – dans une remise en question totale de l’ensemble des institutions du pays (l’AssemblĂ©e Nationale, la cour suprĂŞme, le SĂ©nat, la Primature et la PrĂ©sidence).

Il appartient Ă  tous les Camerounais de retrousser les manches, pour que chacun s’engage chacun dans son domaine de compĂ©tences et avec ses talents propres, Ă  l’ uvre de reconstruction d’une nation camerounaise dont l’âme a besoin d’une seconde « renaissance ».

Dans un pays oĂą l’insĂ©curitĂ© sanitaire est grandissant, dans un pays oĂą on meurt Ă  l’entrĂ©e des hĂ´pitaux par manque de soins, dans un pays oĂą les dĂ©tenteurs du pouvoir et les mieux nantis se soignent plutĂ´t Ă  l’Ă©tranger, les Camerounais n’ont qu’une crainte majeure qui hante les esprits : celle de tomber malade et de devoir affronter la misère noire des hĂ´pitaux.

« Ne pas aimer le Cameroun c’est ne pas s’aimer soi mĂŞme. Ce pays nous a nourrit c’est Ă  nous de lui rendre ce qu’il nous Ă  donnĂ© ». A mĂ©diter


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