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Brésil: le président Temer tente de limiter la casse

Le prĂ©sident brĂ©silien Michel Temer, qui a ignorĂ© les appels de plus en plus pressants Ă  la dĂ©mission malgrĂ© de graves accusations de corruption, tente vendredi d’empĂŞcher la dĂ©fection de ses alliĂ©s politiques pour garder le cap malgrĂ© la tempĂŞte.

Certains ont déjà abandonné le navire, comme le ministre de la Culture Roberto Freire, qui a quitté son poste jeudi.

M. Temer, lui, s’est montrĂ© catĂ©gorique: « Je ne dĂ©missionnerai pas. Je le rĂ©pète. Je ne dĂ©missionnerai pas », a-t-il martelĂ© lors d’un discours tĂ©lĂ©visĂ© très attendu, au lendemain des rĂ©vĂ©lations explosives du journal O Globo.

Vendredi, l’heure Ă©tait aux grandes manĹ“uvres. Selon une source de la prĂ©sidence, le gouvernement travaille sur trois fronts pour tenter Ă  revenir Ă  la normalitĂ©: le front politique, le judiciaire et l’Ă©conomique.

Cette même source affirme que le président a tenu vendredi matin une réunion avec des conseillers juridiques.

Dans la sphère Ă©conomique, après la chute brutale de la Bourse jeudi (8,8% Ă  la clĂ´ture), les choses se sont normalisĂ©es vendredi, avec une hausse de 2,78% en dĂ©but d’après-midi.

– ‘La montagne a accouchĂ© d’une souris’ –

Comme l’a rĂ©vĂ©lĂ© mercredi soir le journal O Globo, le prĂ©sident a Ă©tĂ© enregistrĂ© Ă  son insu par Joesley Batista, magnat de l’agroalimentaire et propriĂ©taire de la cĂ©lèbre marque de tongs Havaianas, qui l’a piĂ©gĂ© en train de visiblement donner son accord pour le versement de pots-de-vin.

Ces dessous-de-table seraient destinĂ©s Ă  acheter le silence d’Eduardo Cunha, ancien patron de la chambre des dĂ©putĂ©s, aujourd’hui en prison pour son implication dans le mĂ©ga-scandale de corruption Petrobras.

Lui-mĂŞme visĂ© par plusieurs enquĂŞtes, M. Batista a remis cet enregistrement aux autoritĂ©s en l’espoir d’une remise de peine.

La Cour suprĂŞme l’a rendu public jeudi soir, peu après avoir donnĂ© son feu vert pour l’ouverture d’une enquĂŞte contre le prĂ©sident.

Une fois qu’il a pu y avoir accès, M. Temer s’est confiĂ© au site G1 et affichĂ© une confiance inĂ©branlable en affirmant: « la montagne a accouchĂ© d’une souris, je vais sortir de cette crise plus vite qu’on ne le croit ».

Pour lui, le contenu de l’enregistrement, par ailleurs de piètre qualitĂ©, ne permet pas d’Ă©tablir de façon irrĂ©futable qu’il donne son aval pour le versement de pots-de-vins.


Joesley Batista dit simplement « ĂŞtre en de bons termes » avec Eduardo Cunha, ce Ă  quoi M. Temer dit: « il faut continuer comme ça OK? ».

Le chef d’entreprise lui rĂ©pond alors: « Tous les mois, j’essaie de maintenir les choses sous contrĂ´le », une allusion Ă  des versements mensuels, selon O Globo.

– Motions de destitution –

Pour l’opposition, il n’y a aucun doute: Temer doit dĂ©missionner. Et s’il ne part pas de son propre chef, il faudra lui forcer la main.

Plusieurs motions de destitution ont été déposées par des parlementaires mais la procédure est longue et fastidieuse, devant être approuvée à la majorité des deux tiers par la Chambre des députés, puis par le Sénat.

C’est par le biais de cette procĂ©dure que M. Temer est arrivĂ© au pouvoir, il y a un an, après la destitution de Dilma Rousseff, dont il Ă©tait le vice-prĂ©sident.

Dès jeudi soir, des milliers de BrĂ©siliens ont manifestĂ© dans plusieurs grandes villes, aux cris de « Temer dehors ». D’autre grandes manifestations sont prĂ©vues dimanche, l’occasion de prendre la tempĂ©rature de la pression populaire.

Ce mouvement a reçu le soutien de poids de Joaquim Barbosa, ancien président de la Cour suprême et premier noir a occuper ce poste.

« Il n’y a pas d’autre issue: les BrĂ©siliens doivent se mobiliser, descendre dans les rues et revendiquer avec force la dĂ©mission immĂ©diate de Michel Temer », a-t-il publiĂ© sur Twitter.

En pleine tourmente, le gouvernement tente de sauver les apparences: plusieurs ministres-clĂ© ont publiĂ© sur les rĂ©seaux sociaux des vidĂ©os dans laquelle ils rappellent l’importance des rĂ©formes en cours d’approbation au Parlement pour tenter de sortir le BrĂ©sil de la crise.

Après deux annĂ©es consĂ©cutives de rĂ©cession, les chiffres de l’inflation sont encourageants et la croissance montre timidement le bout de son nez.

Mais la source prĂ©sidentielle consultĂ©e par l’AFP affirme que le gouvernement craint que l’approbation de ces mesures d’austĂ©ritĂ© impopulaires, notamment la rĂ©forme des retraites, ne soit freinĂ©e par cette nouvelle dĂ©flagration politique.

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