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Burundi: trois jeunes pro-rĂ©gime tuĂ©s par l’explosion d’une grenade

Trois membres des Imbonerakure, la ligue de jeunesse du parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, ont Ă©tĂ© tuĂ©s et deux blessĂ©s par l’explosion d’une grenade mercredi soir dans un quartier du sud de Bujumbura, a-t-on appris jeudi auprès de tĂ©moins et de la police.

Ces Imbonerakure (« Ceux qui voient de loin » en kirundi, la langue nationale), un mouvement que l’ONU qualifie de milice, Ă©taient rĂ©unis dans une maison de Gikoto, dans le quartier de Musaga, « lorsque on a entendu une explosion vers 20h00 (18h00 GMT) », a expliquĂ© un tĂ©moin.

Cette maison leur servait de quartier-gĂ©nĂ©ral et ils s’y retrouvaient presque tous les soirs, selon plusieurs tĂ©moins.

« Tout de suite des dizaines de policiers, des soldats et des agents du SNR (Service national de renseignement, ndlr) ont accouru (…) Nous nous sommes terrĂ©s dans nos maisons par peur de reprĂ©sailles Ă©ventuelles », a ajoutĂ© le mĂŞme tĂ©moin, joint par tĂ©lĂ©phone et ayant requis l’anonymat.

Le commissaire municipal de la police, Bonfort Ndoreraho, a confirmĂ© Ă  la presse que ces victimes Ă©taient des Imbonerakure et prĂ©cisĂ© que l’auteur de l’attaque n’Ă©tait « pas encore connu ».

Une source policière contactĂ©e par l’AFP a cependant expliquĂ© qu’il Ă©tait difficile de dĂ©terminer les circonstances exactes de l’incident et de savoir s’il s’agissait « d’une attaque extĂ©rieure ou d’un accident ».


Le quartier de Gikoto est restĂ© bouclĂ© par la police et l’armĂ©e toute la nuit et tous les hommes ont Ă©tĂ© rassemblĂ©s sur un terrain vague, selon des journalistes et des tĂ©moins.

Le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences depuis la candidature en avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.

Ces violences ont dĂ©jĂ  fait de 500 morts Ă  2.000 victimes, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcĂ©e et de torture et ont poussĂ© Ă  l’exil plus de 400.000 Burundais.

Les Imbonerakure sont accusĂ©s par les ONG locales, internationales et l’ONU d’ĂŞtre responsables aux cĂ´tĂ©s de la police, des services secrets et de l’armĂ©e, des graves violations des droits de l’homme commises depuis avril 2015, dont de nombreux cas de viols.

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