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Cameroun, commĂ©morer l’abolition de l’esclavage c’est espĂ©rer Ă  l’humanitĂ©.

Par Vincent-Sosthène Fouda, Président du Mouvement camerounais pour la social-démocratie (M.C.P.S.D)

De la traite nĂ©grière sont nĂ©s des peuples nouveaux, des religions syncrĂ©tiques, des cultures nouvelles, commĂ©morĂ©s la fin de l’esclavage, le reconnaĂ®tre comme crime contre l’humanitĂ©, c’est posĂ© tous les jours les jalons d’un monde libre. L’Afrique en gĂ©nĂ©ral et le Cameroun qui a connu des comptoirs de marchĂ©s d’esclave devrait ĂŞtre pionnier dans cette commĂ©moration.

CommĂ©morer l’abolition de l’esclavage c’est espĂ©rer Ă  l’humanitĂ©, c’est porter au firmament de nos vies toutes celles et tous ceux qui ont souffert de la traite transatlantique, 70 millions d’hommes et de femmes Ă  la verdeur de l’âge, qui furent arrachĂ©s de leurs terres, de leurs racines, dĂ©portĂ©s au loin parce qu’ils Ă©taient diffĂ©rents, voilĂ  pourquoi cette traite est un crime contre l’humanitĂ© parce qu’elle a avili la part d’ĂŞtre Ă©ternel que nous avons en chaque ĂŞtre humain.

CommĂ©morer c’est dire avec Frantz Fanon que « je ne suis pas esclave de l’esclavage, qui dĂ©shumanisa nos pères » oui je parle avec AimĂ© CĂ©saire des « millions d’hommes Ă  qui on a inculquĂ© savamment la peur, le complexe d’infĂ©rioritĂ©, le tremblement, l’agenouillement, le dĂ©sespoir, le larbinisme. » Si l’esclavage fut une vĂ©ritable plaie qui souilla notre humanitĂ©, aujourd’hui le passer sous silence c’est encore pire que ce que subirent ces millions d’hommes et de femmes.

Je voudrais dire avec Gaston Monnerville que « l’esclavage des Noirs n’Ă©tait qu’une des formes de la servitude humaine. Des formes de servitudes ont disparu ; d’autres sont nĂ©es qui pèsent lourdement sur l’humanitĂ©. Tant il est vrai que le progrès lui-mĂŞme crĂ©e ses servitudes. » Alors ensemble gardons la lampe allumĂ©e celle qui a jailli de ce cratère et qui illumine le monde de sa lueur, oui faisons que cette flamme ne s’Ă©teigne plus jamais.

Regardons ensemble le monde qui nous entoure, souvenons-nous de l’American anti-slavery society, avec son prĂ©sident William Lloyd Garrison, souvenons-nous du travail fait par la presse et l’organisation de confĂ©rences publiques vĂ©ritable chemin de la propagande abolitionniste qui utilisait le tĂ©moignage d’anciens esclaves mais aussi la fiction (La Case de l’oncle Tom) pour toucher un large public.


Souvenons-nous du travail de Frederick Douglass, de Angela Davis, de Harriet Tubman, plus proche de nous de Christiane Taubira qui pendant des dĂ©cennies a portĂ© ce combat dans le monde francophone auquel beaucoup de pays africains sont liĂ©s. Je voudrais terminer avec Fanon en disant que je ne veux qu’une seule chose, dans ce souvenir, « que jamais l’homme ne domine l’homme ».


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