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Cameroun: Décès de Ferdinand Léopold Oyono

L’homme de lettres et haut commis de l’Etat est dĂ©cĂ©dĂ© ce jeudi alors qu’il sortait du diner offert par le chef d’Etat Ă  Ban Ki Moon

Circonstances non élucidées
C’est une grosse surprise, la visite du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Organisation des Nations unies a Ă©tĂ© endeuillĂ©e par la mort de Ferdinand LĂ©opold Oyono, ancien ministre, ancien ambassadeur et homme de lettres. Selon les premières informations, il a Ă©tĂ© pris d’un malaise Ă  la sortie du dĂ©jeuner d’Etat offert par le prĂ©sident camerounais Paul Biya Ă  Ban Ki Moon. Les circonstances exactes de sa mort restent non encore identifiĂ©es. Dans son discours face aux dĂ©putĂ©s camerounais, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Ban a adressĂ© ses condolĂ©ances Ă  la nation camerounaise pour la perte d’un haut fonctionnaire, et d’un grand ambassadeur. Alors qu’il Ă©tait ministre de la culture, de nombreuses rumeurs courraient sur son Ă©tat de santĂ©. Depuis sa sortie du gouvernement, il s’Ă©tait fait discret de la scène politique et publique.

Auteur de plusieurs uvres littéraires
Les personnes de la gĂ©nĂ©ration des annĂ©es 80 le connaissent plus Ă  travers une de ses uvres qui a Ă©tĂ© longtemps inscrite dans les programmes scolaires au Cameroun, « Le vieux nègre et la mĂ©daille ». PubliĂ© en 1956, l’ouvrage se concentre sur la date symbolique du 14 juillet, fĂŞtĂ©e dans un district Ă©loignĂ©. Ce jour-lĂ , Meka, qui a donnĂ© du terrain aux missionnaires pour leur Ă©glise et dont les deux fils sont morts Ă  la guerre, est d’abord heureux d’ĂŞtre honorĂ© par une mĂ©daille de reconnaissance de la France Ă  laquelle tous ses proches applaudissent. En deux jours, après une cĂ©rĂ©monie qui tourne au grand guignol et une nuit d’humiliation, le vieil homme prend conscience que ce 14 juillet n’est en fait qu’une mise en scène hypocrite des pouvoirs coloniaux qui parlent d’amitiĂ© en maintenant une stricte exclusion des colonisĂ©s. La solidaritĂ© africaine qui l’entoure Ă  la fin du roman constitue un contrepoint politique et, avec la fiertĂ© retrouvĂ©e du peuple colonisĂ©, une rĂ©ponse Ă  la colonisation des Blancs.

Le Cameroun perd un haut fonctionnaire


Il a aussi Ă©crit deux autres livres, Une vie de boy publiĂ© en 1956 et Chemin d’Europe, publiĂ© en 1960. Ferdinand LĂ©opold Oyono qui est dĂ©cĂ©dĂ© ce jour, est nĂ© le 14 septembre 1929 Ă  Ebolowa dans l’actuelle rĂ©gion du Sud. Il poursuit au lycĂ©e de Provins, en France, des Ă©tudes commencĂ©es au lycĂ©e de YaoundĂ©. Il rĂ©ussit ensuite des Ă©tudes supĂ©rieures de droit Ă  la Sorbonne avant d’entrer Ă  l’École nationale d’administration (ENA) de Paris en section diplomatique. Il dĂ©bute en 1959 sa carrière de haut fonctionnaire avant de devenir ambassadeur du Cameroun dans divers postes (auprès des Nations unies Ă  New York, en AlgĂ©rie, en Libye, en Grande-Bretagne et en Scandinavie). Ă€ partir de 1987 il participe Ă  de nombreux gouvernements de son pays et assure la charge de diffĂ©rents ministères comme les Affaires Ă©trangères ou la Culture. Il restera Ă  jamais connu Ă  travers son uvre majeure,vieux nègre et la mĂ©daille. Les productions romanesques de Ferdinand LĂ©opold Oyono ont Ă©tĂ© traduites dans une dizaine de langues: anglais, allemand ,irlandais, danois, espagnol, italien, russe, tchèque, suĂ©dois, yougoslave

Ferdinand Oyono, 15 mai 2004

Europa.eu)/n

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