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Cameroun: des poursuites contre des meneurs de la contestation anglophone

Le Mincom a annoncĂ© jeudi qu’une enquĂŞte est ouverte pour dĂ©terminer les responsabilitĂ©s de Fontem afoteka’a Neba et Nkongho FĂ©lix Agbor Balla dans les violences de Bamenda

La justice camerounaise veut Ă©tablir les responsabilitĂ©s des activistes Fontem Afoteka’a Neba et Nkongho FĂ©lix Balla dans les Ă©meutes qui ont secouĂ©es les rĂ©gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis le 08 dĂ©cembre dernier. L’annonce faite jeudi, 19 janvier 2017, par le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary indique que d’autres personnes sont recherchĂ©es pour les mĂŞmes motifs.

«Dans le cadre de l’enquĂŞte judiciaire ouverte pour Ă©tablir les responsabilitĂ©s de ces exactions qui ont causĂ© d’importants dĂ©gâts matĂ©riels et humains, un certain nombre de personnes, dont les nommĂ©s Fontem Aforteka’a Neba et Nkongho FĂ©lix Agbor Balla ont Ă©tĂ© interpellĂ©es et placĂ©es sous-main de la justice. Les intĂ©ressĂ©s bĂ©nĂ©ficieront, cela va de soi, de toutes les garanties lĂ©gales pour un procès Ă©quitable», indique le communiquĂ©.

Fontem Afoteka’a Neba et Nkongho FĂ©lix Balla sont tous deux membres du Consortium de la sociĂ©tĂ© civile du Cameroun anglophone (CRCSC), un mouvement Ă  l’origine des villes mortes observĂ©es les 09, 16 et 17 janvier dans les rĂ©gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays.

Cette organisation et le Southern Cameroon national council (SCNC) ont Ă©tĂ© frappĂ©s de nullitĂ© mercredi, 18 janvier 2017, suite Ă  un arrĂŞtĂ© du ministre de l’Administration territoriale et de la DĂ©centralisation (Minatd).

Lequel interdisait Ă©galement toutes les activitĂ©s, rĂ©unions et manifestations initiĂ©es ou encouragĂ©es par ces deux organisations. Ce, pour des «activitĂ©s contraires Ă  la Constitution et de nature Ă  porter atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© de l’Etat, Ă  l’intĂ©gritĂ© du territoire, Ă  l’unitĂ© nationale et Ă  l’intĂ©gration nationale, les groupements dĂ©nommĂ©s Southern Cameroon national council et Cameroon anglophone civile consortium.»

Nommé le 13 décembre dernier à la tête du bureau national du Consortium, Nkongho Felix Agbor, avocat et juriste spécialisé dans le droit international, est le signataire des différents appels à villes mortes lancés en direction des populations des deux régions anglophones.

Au bas desdits documents se trouve Ă©galement la signature de Fontem Afoteka’a Neba qui assurait le rĂ´le de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Consortium. Ce dernier est par ailleurs enseignant d’anglais Ă  l’universitĂ© de BuĂ©a.


Leurs deux corps de mĂ©tiers sont Ă  l’origine des manifestations survenus Ă  Bamenda au mois de novembre sur initiative des avocats qui rĂ©clamaient, entre autres la traduction de certains textes lĂ©gislatifs en anglais, puis des enseignants qui veulent le retrait des enseignants francophones dans les Ă©coles anglophones. Le mouvement s’est ensuite Ă©tendu aux mouvements sĂ©cessionnistes qui rĂ©clament la partition de l’Etat ou le retour au fĂ©dĂ©ralisme.

Les négociations ont été entreprises avec le gouvernement en vue de trouver des solutions techniques aux problèmes soulevés par les enseignants et les avocats.

Avant leurs arrestations, ces hommes menaient d’autres activitĂ©s syndicales en qualitĂ© de fondateur et prĂ©sident exĂ©cutif du Centre pour les droits de l’homme et la dĂ©mocratie en Afrique et de membre du syndicat national des enseignants du supĂ©rieur, bureau de BuĂ©a.

L’interpellation des meneurs des contestations anglophones est Ă  l’origine de l’arrĂŞt des activitĂ©s observĂ©es jeudi Ă  Bamenda. La tĂ©lĂ©vision nationale annonce la reprise des activitĂ©s dans cette localitĂ© ce vendredi.


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