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Cameroun: Inondations meurtrières dans l’extrĂŞme nord

Les derniers bilans font état de12 morts, des dizaines de blessés et 3000 sans-abris

Huit personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es des suites des inondations consĂ©cutives Ă  une forte pluie de plus de 10 heures de temps, dans la ville de Pouss, une localitĂ© situĂ©e dans la rĂ©gion de l’ExtrĂŞme-nord du Cameroun. On a aussi enregistrĂ© de nombreux blessĂ©s et d’importants dĂ©gâts matĂ©riels dans cette ville, a rapportĂ© samedi soir, la radio nationale. La dernière victime, une jeune fille de 14 ans, est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  l’hĂ´pital rĂ©gional de Maroua, la principale ville de la rĂ©gion. Les autoritĂ©s ont aussi fait part de ce que 3000 personnes seraient sans abris. Selon des tĂ©moignages des personnes jointes par tĂ©lĂ©phone, la pluie a surpris les habitants dans la nuit de jeudi Ă  vendredi dernier. Plusieurs maisons ont Ă©tĂ© inondĂ©es, ce qui a provoquĂ© la mort de leurs occupants. Le marchĂ© principal centre des activitĂ©s, a Ă©tĂ© entièrement dĂ©truit par ces inondations. Ces inondations sont les plus graves depuis celles de 2005 qui avaient frappĂ© les villes de Maroua et de Buea dans le sud-ouest. Le gouvernement de la rĂ©gion, Joseph Betsi Assomo est descendu sur les lieux pour apporter le soutien et le rĂ©confort du gouvernement. Le ministère de la santĂ© a prescrit que tous les blessĂ©s soient gratuitement pris en charge. Mais face Ă  l’ampleur du dĂ©sastre, tout le monde se pose la question de savoir comment l’Etat compte gĂ©rer le cas de ceux qui ont perdu leurs maisons et pour certains l’ensemble de leurs biens. Parmi la population, on craint le pire. « On ne sait pas ce qui nous arrive, les populations ici sont perdus et attendent encore ce que l’Etat va dire, c’est trop grave ici », nous a confiĂ© par tĂ©lĂ©phone, Gaston TchinaĂŻ, un habitant de Pouss.

Le gouvernement s’est prononcĂ© le dimanche 25 juillet 2010
Le Ministre Marafa Hamidou Yaya de l’administration territoriale faisait le point de la situation dans un communiquĂ©. Sur le terrain, les familles sont dĂ©sarmĂ©es alors qu’on craint de nouvelles pluies. Cette catastrophe risque une fois de plus, de mettre Ă  rude Ă©preuve, le système de gestion de catastrophe au Cameroun. Des observateurs craignent que ressurgissent l’Ă©pidĂ©mie de cholĂ©ra que le gouvernement a rĂ©cemment contenu avec grande peine. Le système de protection sociale et autre mĂ©canisme d’intervention face aux catastrophes reste très faible. Le gouvernement s’est toujours dĂ©fendu d’avoir mis sur pied un cadre lĂ©gal que ses promoteurs ont jugĂ© solide, pour rĂ©gir la gestion des catastrophes au Cameroun. Ces textes sont la loi du 6 dĂ©cembre 1986, le dĂ©cret du 6 novembre 1995 et le dĂ©cret du 12 mars 1996. Plusieurs structures interviennent aussi dans la gestion et la prĂ©vention des catastrophes. On peut y rĂ©pertorier la Croix rouge, des ONG nationales et internationales et sur le plan purement mĂ©dical le Service d’aide mĂ©dicale d’urgence (SAMU). Par expĂ©rience, on sait que ce genre de situation entraine des consĂ©quences qui vont au-delĂ  de la fourniture d’une assistance mĂ©dicale. MĂŞme si le gouvernement dĂ©clarait un Ă©tat de catastrophe, les populations qui ont tout perdu ne se verront pas rembourser, parce que le système d’assurance de patrimoine est inopĂ©rant dans cette rĂ©gion oĂą la majoritĂ© des populations vivent en dessous du seuil de pauvretĂ©. Le nord du Cameroun connaĂ®t d’importants contrastes climatiques, des sĂ©cheresses rudes alternant avec parfois de graves inondations.


La pluie est Ă  l’origine des inondations

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