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Cameroun: L’affaire Marafa Hamidou Yaya met le rĂ©gime sur la dĂ©fensive

PrĂ©sence de forces de l’ordre dans les villes, rĂ©actions mĂ©diatiques, manipulations de la presse, l’affaire Marafa est de loin celle qui a le plus bousculĂ© le rĂ©gime

Dans son Ă©dition du 31 mai 2012, le journal la MĂ©tĂ©o, très connu pour des rĂ©vĂ©lations indiscrètes sur la vie politique camerounaise, fait savoir, que dans sa logique de rĂ©cuser le juge en charge de son affaire, l’ex-ministre d’Etat et haut fonctionnaire Marafa Hamidou Yaya, aujourd’hui en dĂ©tention provisoire dans le cadre de l’opĂ©ration dite « Ă©pervier », se serait dĂ©shabillĂ©, ce qui a provoquĂ© la fuite du juge venu pour l’interroger dans sa cellule. Si cela reste un fait que Marafa rĂ©cuse publiquement son juge d’instruction, il reste cependant difficile Ă  prouver qu’il serait allĂ© jusqu’Ă  se dĂ©shabiller. L’article n’indique pas clairement s’il y avait des tĂ©moins, et comment l’information a filtrĂ©. De mĂŞme il reste difficile de savoir pourquoi le Juge d’instruction s’est retrouvĂ© seul avec le prĂ©venu, sans la prĂ©sence d’aucune autre personne (greffier, gendarme, avocats), qui puisse confirmer l’histoire. Jusqu’ici cependant, personne n’a encore contestĂ© ce qui a Ă©tĂ© racontĂ©, pourtant l’information fait l’effet d’une bombe au sein de l’opinion, qui consomme sans modĂ©ration l’affaire Marafa, comme une sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e. « Si c’est vrai, c’est trop fort, parce que chez nous lorsque quelqu’un qui est plus âgĂ© que toi se dĂ©shabille devant toi, c’est le signe de la malĂ©diction et c’est trop grave », explique un curieux, qui lisait l’information devant un kiosque.

Cet Ă©pisode marque ainsi toute la singularitĂ© de l’affaire de Marafa. Depuis le dĂ©but de l’opĂ©ration Ă©pervier, son arrestation est celle qui aura le plus fait couler d’encre et de salives, avec au milieu le jeu de certains mĂ©dias qui finalement, est un peu trouble, entre le devoir d’informer et la manipulation de l’opinion. Au sein du pouvoir, on ne nĂ©glige rien. De façon discrète mais effective, le niveau de sĂ©curitĂ© notamment Ă  YaoundĂ© a Ă©tĂ© levĂ©. Pour ceux qui sortent ou circulent tard dans la nuit, ils peuvent se rendre compte de la forte prĂ©sence de gendarmes Ă  tous les grand carrefours de la capitale politique. A Garoua, principale ville de la rĂ©gion du Nord et fief de monsieur Marafa, la diplomatie secrète ne semble pas avoir marchĂ©. Des tracts pro Marafa continuent de circuler et un d’entre eux aurait Ă©tĂ© affichĂ© sur le mur du domicile de Monsieur Tchiroma, l’actuel ministre de la communication, qui avait Ă©tĂ© envoyĂ© pour apaiser les jeunes de cette partie du pays, et qui dans une des lettre du prĂ©venu, est citĂ© de manière nĂ©gative. La police et la gendarmerie dans cette partie du pays, auraient reçu l’ordre d’entendre toute personne en possession des tracts au sujet de cette affaire. Dans son Ă©dition de 13 heures le 31 mai dernier, le journal radiodiffusĂ© a consacrĂ© tout un commentaire Ă  la lettre Ă©crite par le ministre Fame Ndongo en charge de l’enseignement supĂ©rieur, deuxième Ă©tape d’une rĂ©action de l’entourage de Paul Biya, depuis la publication attribuĂ©e Ă  Marafa, de lettres « embarrassantes ». Marafa semble aujourd’hui avoir rĂ©ussi une chose, celle de mettre le rĂ©gime sur la dĂ©fensive. Son activisme dĂ©tourne l’attention Ă  un tel niveau, que de nombreuses personnes au sein de l’opinion publique ne se demandent mĂŞme pas s’il existe une chance qu’il ait dĂ©tournĂ© de l’argent. Selon la loi camerounaise, une somme public de 500 000 FCFA non justifiable est constitutif de dĂ©tournement. Difficile pour un membre du gouvernement camerounais, mĂŞme ceux qui sont aujourd’hui libre, de ne pas tomber dans cette contrainte.


La Une du journal La Météo du 31 mai 2012

cameroon-info.net)/n

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