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Cameroun: Les héros oubliés de la nation

Aout 1914, sacrifice des hĂ©ros de la nation camerounaise. 95 ans après c’est presque l’oubli

Le mois d’aoĂ»t est un mois des plus normaux au Cameroun. Les jeunes le vivent dans l’insouciance. 95 ans auparavant, deux leaders tribaux du futur Cameroun sous colonie allemande ont trouvĂ© la mort en raison des idĂ©es qu’ils avaient pour leurs zones d’influences gĂ©ographique.

Douala Manga Bell, pour une juste répartition des terres
Rudolf Douala Manga Bell, nĂ© en 1873, est le fils aĂ®nĂ© du roi Manga Ndoumbe. Après ses Ă©tudes primaires Ă  Douala, il entre dans un lycĂ©e en Allemagne et Ă©tudie le droit Ă  l’universitĂ© de BONN, avant de rentrer au Cameroun en 1896. D’abord fonctionnaire, il devient chef supĂ©rieur Ă  la mort de son père, le 02 septembre 1908. Ses relations avec l’administration allemande se refroidissent au sujet de l’expropriation des terres. En 1910, l’administration vient occuper le plateau Joss, Ă  Douala, pour y installer les services officiels et le quartier rĂ©sidentiel europĂ©en. Les Douala, ayant Ă  leur tĂŞte le chef Rudolf Douala Manga, protestent Ă  plusieurs reprises contre cette mesure qui les prive de leur terrain. Ils invoquent le traitĂ© signĂ© en 1884 avec Edouard Woermann qui stipulait que les terrains cultivĂ©s par nous, et les emplacements sur lesquels se trouvent des villages, doivent rester des propriĂ©tĂ©s des possesseurs actuels et leurs descendant. Le chef Douala est destituĂ© le 4 aoĂ»t 1913 Ă  titre provisoire alors que dĂ©bute la guerre de 1914. L’administration allemande l’accuse de haute trahison envers le gouvernement allemand et l’arrĂŞte le 08 aoĂ»t 1914, vers cinq heures du soir. Il est pendu avec un de ses parents, Ngosso Din.

Martin Paul Samba, le guerrier Boulou
Le mĂŞme jour Ă  Ebolowa, Mebenga M’Ebono, dit Martin Paul Samba est fusillĂ© par le allemands. NĂ© au village d’Akok (arrondissement de Kribi) vers 1870, Samba fait ses Ă©tudes d’officier en Allemagne. Revenu au Cameroun, il revient au Cameroun en 1895 avec le grade de capitaine dans l’administration allemande. Il va par la suite se rĂ©volter contre les pratiques de l’administration allemande du Cameroun. Lors de la dĂ©claration de la guerre entre l’Allemagne et la France, Martin Paul Samba aurait cherchĂ© Ă  entrer en contact avec les troupes françaises basĂ©es Ă  Brazzaville en rĂ©publique dĂ©mocratique du Congo et avec les Anglais installĂ©s au NigĂ©ria. Malheureusement pour lui, sa lettre va tomber entre les mains d’un officier allemand. Martin Paul Samba est arrĂŞtĂ©, condamnĂ© pour haute trahison et fusillĂ© Ă  la veille de l’Ă©clatement de la première guerre mondiale le 08 aoĂ»t 1914.


Aujourd’hui ces leaders camerounais sont presque tombĂ©s dans l’oubli. En dehors d’un rappel dans le cadre de certains programmes d’histoire, peu de choses sont faites pour le maintien de leurs mĂ©moires. Il en est de mĂŞme du Grand Batanga, oĂą le chef Madola, accusĂ© d’avoir envoyĂ© une pirogue contacter un bateau ennemi en mer, dĂ©portĂ© et exĂ©cutĂ© Ă  son tour. Dans le Nord Cameroun, quelques jours plus tard, les lamido de Kalfu et de Mindif et cinq dignitaires de Maroua seront Ă©galement tuĂ©s. Morts pour une cause aujourd’hui oubliĂ©e. Heureusement que restent des statuts dans certaines villes du pays.

Martin Paul Samba, à Ebolowa (région du sud Cameroun)

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