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Cameroun: «nul n’a le droit de prendre des libertĂ©s» avec l’unitĂ© du pays

Le Mincom s’est ainsi exprimĂ© mardi au sujet de certains mouvements anglophones rĂ©clamant un retour au fĂ©dĂ©ralisme ou la sĂ©cession du pays

A la suite des rĂ©centes « villes mortes » qui ont paralysĂ©es les activitĂ©s dans les rĂ©gions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest lundi, le ministre camerounais de la Communication Issa Tchiroma est revenu mardi, 17 janvier, sur les demandes de fĂ©dĂ©ralisme et de sĂ©cession soulevĂ©es par certains mouvements anglophones. Il s’est exprimĂ© mardi, 17 janvier 2017 Ă  YaoundĂ©. L’intĂ©gralitĂ© de son message.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue Ă  cette confĂ©rence de presse Ă  laquelle je vous ai conviĂ©s et qui porte sur la situation socio-politique prĂ©valant dans des localitĂ©s des RĂ©gions du Nord-Ouest et du Sud-ouest, suite aux revendications formulĂ©es par certains Avocats et Enseignants de première langue d’expression anglaise.

Comme vous le savez dĂ©jĂ , afin d’examiner ces revendications et d’y apporter autant que faire se peut les rĂ©ponses les mieux appropriĂ©es, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a Ă©tĂ© instruit par Son Excellence Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique, de mettre en place des cadres de dialogue avec les diffĂ©rentes parties prenantes aux problèmes soulevĂ©s, Ă  l’effet d’examiner la pertinence desdits problèmes et de proposer aux instances de dĂ©cision, les solutions susceptibles d’ĂŞtre envisagĂ©es.

En ce qui concerne les problèmes soulevés par les enseignants, deux comités ont été mis en place par le Premier ministre, chef du gouvernement.

Pour ce qui est des questions soulevĂ©es par les Avocats, un autre comitĂ© a Ă©tĂ© crĂ©Ă© par le Premier ministre, chef du gouvernement. S’agissant du cas des enseignants, je rappelle que six syndicats professionnels des enseignants d’expression anglaise avaient rendu public Ă  l’intention des parents, enseignants, Ă©lèves et Ă©tudiants, un mot d’ordre de grève pour la date du 21 novembre, comprenant au total 11 points de contestation sur la base desquels la grève projetĂ©e allait ĂŞtre entreprise.

Une première session de nĂ©gociations s’Ă©tait alors tenue Ă  l’initiative du gouvernement dans la ville de Bamenda. Aucun compromis ne s’Ă©tant dĂ©gagĂ© de ces assises, le Gouvernement est Ă  nouveau allĂ© Ă  la rencontre des contestataires, et c’est le Premier ministre, chef du gouvernement, qui avait alors personnellement conduit les nĂ©gociations, se rendant sur place les 25 et 26 novembre 2016. Les syndicats s’Ă©taient alors engagĂ©s Ă  suspendre le mot d’ordre de grève dès lors qu’au moins une des 11 demandes formulĂ©es dans leur prĂ©avis du 06 novembre 2016 trouvait une rĂ©ponse favorable de la part du Gouvernement au plus tard le 30 novembre 2016.

Dans l’intervalle, le gouvernement avait, conformĂ©ment Ă  ses engagements et Ă  sa volontĂ© d’ uvrer pour un rapide retour Ă  la normale, satisfait non pas Ă  une, mais plutĂ´t Ă  deux revendications comprises dans le registre de dolĂ©ances des syndicats, Ă  savoir celles figurant aux points 5 et 9 de leur prĂ©avis de grève.

C’est Ă  ce titre que, s’agissant du point 5 qui faisait Ă©tat de l’affectation dans les Ă©tablissements anglophones, d’enseignants de première langue d’expression française ayant une maĂ®trise approximative de l’anglais, le chef de l’État a ordonnĂ© le recrutement spĂ©cial de 1 000 jeunes enseignants dotĂ©s d’une parfaite capacitĂ© de dispense des enseignements requis en langue anglaise. En plus de cette rĂ©ponse favorable, le gouvernement en a apportĂ© une autre au point 9 des revendications sus-citĂ©es, qui portait sur la faible capacitĂ© financière des Ă©tablissements privĂ©s laĂŻcs et confessionnels Ă  se situer Ă  la hauteur des objectifs de formation optimale de leurs apprenants.

Pour y faire suite, le chef de l’État a ordonnĂ© la mise en place d’un fonds spĂ©cial d’un montant de deux milliards de francs CFA, pour servir de subvention en faveur des Ă©tablissements d’enseignements privĂ©s laĂŻcs et confessionnels.

Mais contre toute attente et malgrĂ© le respect de ces engagements tant sur le plan de leur consistance que sur celui de leurs formes et de leurs procĂ©dures, les interlocuteurs du Gouvernement avaient refusĂ© de lever leur mot d’ordre de grève, contrairement Ă  ce qu’il avait Ă©tĂ© prĂ©alablement convenu, arguant de ce que les revendications satisfaites par le Gouvernement ne constituaient pas des points majeurs dans leur assortiment d’exigences.

En dĂ©pit de cet Ă©tat de choses, le Gouvernement avait nĂ©anmoins entrepris de rouvrir les nĂ©gociations en convoquant la tenue d’une session du comitĂ© ad hoc le 27 dĂ©cembre dernier Ă  Bamenda.

Et c’est au cours de cette session que les syndicats ont posĂ© deux prĂ©alables Ă  la reprise des travaux, le premier Ă©tant l’accroissement de la reprĂ©sentation de la RĂ©gion du Sud-Ouest dans la composition du comitĂ©, et le second Ă©tant la libĂ©ration sans aucune condition, de toutes les personnes mises en cause dans les violences consĂ©cutives aux diffĂ©rents mouvements d’humeur.

Le comitĂ© ayant fait Ă©tat de ce qu’il n’avait pas compĂ©tence pour connaĂ®tre de ce second prĂ©alable, Ă  savoir la libĂ©ration de personnes dĂ©sormais Ă  la disposition de la justice, les six syndicats avaient alors quittĂ© la table des nĂ©gociations et Ă©taient sortis de la salle. Toujours dans le souci de pĂ©renniser le dialogue et de rechercher une solution concertĂ©e aux problèmes soulevĂ©s par les syndicats, le gouvernement est reparti en nĂ©gociations par le truchement du comitĂ© ad hoc dĂ©signĂ© Ă  cet effet, en dates des 12 et 13 janvier derniers Ă  Bamenda.

Au cours de cette session, les syndicalistes ont fait passer leurs revendications de 11 Ă  18, puis de 18 Ă  21. Chacun de ces points a ensuite fait l’objet d’une analyse concertĂ©e, mĂ©thodique et rigoureuse.

C’est alors qu’au terme de cet examen, les syndicalistes de qui il Ă©tait attendu la signature du communiquĂ© consacrant la levĂ©e du mot d’ordre de grève appelĂ©e de tous leurs v ux par les reprĂ©sentants des parents d’Ă©lèves et des promoteurs d’Ă©tablissements prĂ©sents aux nĂ©gociations, ont plutĂ´t demandĂ© un temps de rĂ©flexion avant de se prononcer ; ce qui leur a Ă©tĂ© naturellement accordĂ©, pour qu’au bout de trente minutes environ, ils opposent finalement une fin de non-recevoir Ă  la reprise des cours.

Et c’est prĂ©cisĂ©ment Ă  ce moment qu’ils ont posĂ© sur la table deux prĂ©alables Ă  la discussion sur la levĂ©e du mot d’ordre de grève : d’abord la mise en libertĂ© sans condition de toutes les personnes interpellĂ©es dans le cadre des opĂ©rations de police et de maintien de l’ordre suite aux dĂ©sordres et violences organisĂ©s sur la voie publique, et l’institution d’une fĂ©dĂ©ration comme forme de l’État dĂ©sormais composĂ© de deux États fĂ©dĂ©rĂ©s.

Après leur avoir fait connaĂ®tre d’une part, que le premier prĂ©alable relevait de la justice et qu’au demeurant de nombreuses personnes interpellĂ©es avaient dĂ©jĂ  fait l’objet d’une mise en libertĂ©, et d’autre part que, s’agissant du retour au fĂ©dĂ©ralisme Ă©tatique, le chef de l’État avait dĂ©jĂ  soulignĂ© que la forme de l’État Ă©tait non nĂ©gociable, le prĂ©sident du comitĂ© ad hoc a levĂ© la sĂ©ance.

Dans un communiquĂ© officiel publiĂ© le lundi 16 janvier 2017, le PrĂ©sident du comitĂ© ad hoc, en la personne, du Ministre, Directeur de Cabinet du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a tenu Ă  rappeler que le Gouvernement avait dĂ©jĂ  mis en uvre de nombreuses solutions issues des revendications formulĂ©es par les syndicats du système Ă©ducatif camerounais, au nombre desquels le recrutement spĂ©cial de 1 000 enseignants bilingues dans les disciplines des mathĂ©matiques, des sciences, des technologies et du français, l’intĂ©gration en cours de la première vague des instituteurs contractuels du cycle primaire et des professeurs contractuels des cycles secondaires, l’octroi aux Ă©tablissements privĂ© du cycle primaire et secondaire, d’une dotation additionnelle de deux milliards de francs CFA, au titre des subventions publiques pour l’annĂ©e scolaire 2016/2017, l’organisation en 2017 du Forum national de l’Éducation, le redĂ©ploiement des enseignants des deux sous-systèmes Ă©ducatifs.

Il a aussi indiquĂ© que les recommandations faites par rapport Ă  toutes les autres questions techniques avaient d’ores et dĂ©jĂ  Ă©tĂ© transmises Ă  l’attention du Premier ministre, chef du gouvernement, et qu’il fallait dès lors considĂ©rer comme achevĂ©e la mission interministĂ©rielle ad hoc placĂ©e sous sa prĂ©sidence.

S’agissant des revendications portĂ©es par les Avocats, le cadre constitutionnel de dialogue conduit par le ministre dĂ©lĂ©guĂ© auprès du ministre d’État, ministre de la Justice, garde des Sceaux, et majoritairement constituĂ© des avocats, au total 12 sur les 15 membres qu’il compte, s’est rĂ©uni Ă  YaoundĂ© les 27 et 28 dĂ©cembre 2016. Les problèmes soulevĂ©s ont portĂ© sur les points suivants :

.le redéploiement du personnel judiciaire en fonction des particularités entre le Civil Law et le Common Law ;
.le redĂ©ploiement des Officiers de Police Judiciaires et les Greffiers de Justice ne maĂ®trisant pas l’anglais ;
.la crĂ©ation d’une Division spĂ©ciale du Common Law au sein de la Cour SuprĂŞme, pour connaĂ®tre des recours provenant des juridictions implantĂ©es dans les rĂ©gions du Nord-ouest et du Sud-ouest ;
.la crĂ©ation d’une Division du Common Law Ă  l’enam, et en attendant que des solutions plus complètes Ă  moyen terme, la rĂ©activation Ă  court terme, de la Section du Droit anglais instituĂ©e par le dĂ©cret du 07 dĂ©cembre 1964 crĂ©ant une Section Judiciaire Ă  l’Enam et le dĂ©cret du 20 octobre 1965 portant organisation de la Division Judiciaire de l’Enam ;

Sur la question de la libĂ©ration sans condition de toutes les personnes interpellĂ©es dans le cadre des mouvements de protestation dans les RĂ©gions du Nord-ouest et du Sud-ouest, la rĂ©ponse du Gouvernement n’ayant manifestement pas Ă©tĂ© du goĂ»t des Avocats partisans de cette thèse, ceux-ci ont prĂ©fĂ©rĂ© quitter la salle.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,


Chacun apprĂ©ciera donc, Ă  l’aune de ce qui vient d’ĂŞtre dĂ©crit dans la conduite du processus de dialogue initiĂ© par le gouvernement, le niveau d’engagement constructif et de redevance citoyenne des uns et des autres parmi les interlocuteurs du gouvernement.

Permettez-moi simplement de revenir ici sur les axes majeurs du discours du Chef de l’État Ă  la Nation le 31 dĂ©cembre 2016 lorsqu’il abordait cette question.

Tout en rappelant Ă  cette occasion que les libertĂ©s politiques et syndicales sont, depuis belle lurette, effectives dans notre pays mais que Ă  l’instar de tout État de droit, ces libertĂ©s sont garanties et encadrĂ©es par nos lois et règlements, le PrĂ©sident de la RĂ©publique affirmait que chaque citoyen Ă©tait parfaitement fondĂ© Ă  exprimer son opinion sur tout sujet de la vie nationale, y compris en faisant grève, ceci de manière pacifique et Ă  condition qu’une telle grève soit formellement dĂ©clarĂ©e.

Le chef de l’État ajoutait alors qu’il s’agit lĂ , je le cite, «d’un droit fondamental du citoyen, voulu par le peuple camerounais puisque garanti par la Constitution», fin de citation.

Dans un tel contexte – et le prĂ©sident de la RĂ©publique l’a Ă©galement affirmĂ© avec force – seul le dialogue peut permettre d’apporter des solutions durables aux problèmes posĂ©s par les uns et les autres ; mais qu’en revanche, rien ne peut justifier ni la violence ou toute autre forme d’exaction, ni l’affrontement de l’autoritĂ©, ni mĂŞme la surenchère verbale.

C’est Ă  ce sujet que le chef de l’État affirme que, je le cite:
«Nous devons donc rester Ă  l’Ă©coute les uns des autres. Nous devons rester ouverts aux idĂ©es mĂ©lioratives, Ă  l’exclusion toutefois, de celles qui viendraient Ă  toucher Ă  la forme de notre État. (.) Nous sommes disposĂ©s, Ă  la suite et dans l’esprit des artisans de la rĂ©unification, Ă  crĂ©er une structure nationale dont la mission sera de nous proposer des solutions pour maintenir la paix, consolider l’unitĂ© de notre pays et renforcer notre volontĂ© et notre pratique quotidienne du vivre ensemble. Et cela, dans le strict respect de notre Constitution et de nos institutions. Dois-je le redire ? Le Cameroun est un et indivisible ! Il le demeurera», fin de citation.

Le chef de l’État l’affirme donc sans ambages : la forme unitaire de l’État est intangible et le Cameroun est et demeure un et indivisible. Il n’y aura donc ni fĂ©dĂ©ralisme, ni sĂ©cession.

Ces propos du prĂ©sident de la RĂ©publique ont dĂ©sormais vocation Ă  servir de boussole et de feuille de route dans l’apprĂ©hension que chaque citoyenne et chaque citoyen doivent avoir de cette situation, ainsi que dans la manière dont elle doit ĂŞtre traitĂ©e par tous les acteurs institutionnels, politiques ou sociaux. Ceux qui s’en dĂ©marquent choisissent de se mettre d’office en marge de la Nation. Ceux-lĂ  – je voudrais parler de ceux qui hier encore, paraissaient Ă  nos yeux comme de lĂ©gitimes porteurs de revendications liĂ©es Ă  leurs diffĂ©rentes corporations, mais qui aujourd’hui montrent le visage d’irrĂ©ductibles contestataires, mus par des visĂ©es politiciennes et ayant choisi la terreur et la violence comme vecteurs de combat – ceux-lĂ  donc, disais-je, doivent savoir que les RĂ©gions du Nord-ouest et du Sud-ouest font partie intĂ©grante de l’ensemble de la Nation, et que ce qui concerne nos compatriotes originaires ou installĂ©s dans ces RĂ©gions intĂ©ressent la Nation tout entière.

Le gouvernement ayant choisi d’aller jusqu’au bout des nĂ©gociations tant qu’elles concernaient des revendications techniques, quels qu’en fussent le nombre et la sensibilitĂ©, ces contestataires en sont aujourd’hui Ă  rĂ©vĂ©ler leur vĂ©ritable agenda, qui ne consiste en rien d’autre qu’en la remise en cause des institutions, Ă  la destruction du socle granitique de la nation, de son unitĂ©, de sa solidaritĂ© et de son intĂ©gritĂ© territoriale.

Il nous revient que ces extrĂ©mistes se seraient constituĂ©s en un consortium. J’affirme ici qu’un tel consortium est illicite, et qu’autant ceux qui l’auraient fondĂ© que ceux qui y auraient adhĂ©rĂ©, devront en rĂ©pondre devant la loi. De tels rĂ©fractaires aux valeurs de la Nation ne laissent donc plus aucun choix Ă  ceux Ă  qui le peuple a confĂ©rĂ© la lĂ©gitimitĂ© de l’exercice de sa souverainetĂ©, autre que celui de restaurer l’ordre rĂ©publicain.

Il s’agit lĂ  d’une responsabilitĂ© Ă  la fois sacerdotale et rĂ©galienne du chef de l’État, garant des valeurs fondamentales de la RĂ©publique et du fonctionnement harmonieux des institutions de la nation.
Le gouvernement dĂ©nonce donc avec la dernière fermetĂ© cette idĂ©ologie de la sĂ©dition, de la forfaiture et de la division que de tels extrĂ©mistes, hier encore embusquĂ©s derrière le masque de revendications professionnelles, veulent porter au c ur de l’espace public et de la sĂ©rĂ©nitĂ© de la nation.

Ces marginaux de la RĂ©publique doivent savoir Ă  quoi ils s’exposent en persistant dans cette voie. On a en effet pu noter que des parents Ă©taient intimidĂ©s, des Ă©lèves et des Ă©coliers terrorisĂ©s, molestĂ©s, menacĂ©s de mort et de toutes sortes de sĂ©vices au seul motif qu’ils revendiquaient leur droit lĂ©gitime Ă  l’Ă©ducation et Ă  la formation. Cela est inadmissible dans un État de droit.

Il ne s’agit lĂ  ni plus ni moins que de ces actes ou menaces prĂ©vus et rĂ©primĂ©s par la rĂ©glementation nationale contre le terrorisme, tel que stipulĂ© Ă  l’article 2 de la loi n° 2014/028 du 23 dĂ©cembre 2014 portant rĂ©pression des actes de terrorisme.

Ces fauteurs de troubles devront donc en rĂ©pondre le moment venu, de mĂŞme que ceux qui, par mĂ©dias interposĂ©s, et particulièrement Ă  travers les rĂ©seaux sociaux, rĂ©pandent la terreur et profèrent des menaces de mort Ă  quiconque oserait braver leurs injonctions au boycott de l’Ă©ducation des jeunes et Ă  l’organisation des villes mortes.

Au nom du gouvernement, je voudrais prendre Ă  tĂ©moin nos partenaires de la communautĂ© internationale sur la gravitĂ© de cette situation. Car, aucun pays au monde n’a jamais acceptĂ© de se laisser ainsi prendre en otage par une poignĂ©e de dissidents dont la prĂ©tention est de nier aux autres citoyens la jouissance de leurs droits les plus lĂ©gitimes, refusant Ă  des familles entières et Ă  des tout jeunes concitoyens parfaitement innocents, l’aspiration Ă  l’Ă©ducation et Ă  la prĂ©paration de l’avenir de tout un peuple, au nom de prĂ©tentions purement politiciennes. Ă€ ce sujet, je rappelle Ă  tous les mĂ©dias leur devoir de citoyennetĂ© et de responsabilitĂ© dont l’exigence est encore plus accrue en pareilles circonstances.

Je leur indique qu’il n’y a pas de place au Cameroun pour des mĂ©dias appelant Ă  la haine de l’autre, Ă  l’insurrection populaire, au dĂ©fi de l’autoritĂ© publique ou Ă  toutes autres formes de dĂ©sordre.

J’adresse aux forces de maintien de l’ordre les fĂ©licitations du gouvernement. Sans cĂ©der Ă  la provocation, elles s’acquittent de leur devoir, avec maĂ®trise et professionnalisme pour maintenir la paix et la tranquillitĂ© publique.

En tout Ă©tat de cause, le prĂ©sident de la RĂ©publique, chef de l’État et garant de la souverainetĂ© nationale donne l’assurance au peuple camerounais qu’il prendra toutes ses responsabilitĂ©s en conformitĂ© avec la Constitution ainsi que les lois et règlements de la RĂ©publique, pour un rapide retour au fonctionnement normal des affaires de la nation, oĂą que les problèmes viennent Ă  survenir, qu’il s’agisse des rĂ©gions du Nord-ouest et du Sud-ouest aujourd’hui concernĂ©es, ou d’autres points du territoire national.

Pour ce faire, le chef de l’État bĂ©nĂ©ficie du soutien du peuple camerounais tout entier, dans l’objectif suprĂŞme de prĂ©servation et de pĂ©rennisation du prĂ©cieux hĂ©ritage que constitue la vision unitaire du pays.

Je voudrais Ă  ce sujet, rappeler, et afin que nul n’en ignore, les propos du Chef de l’État dans son discours Ă  la Nation le 31 dĂ©cembre 2016. Je le cite : «Ne l’oublions jamais, nous marchons sur les pas des pères fondateurs de notre pays, de nos hĂ©ros nationaux, qui ont versĂ© leur sang pour lĂ©guer Ă  la postĂ©ritĂ© une nation unie dans sa diversitĂ©. L’unitĂ© du Cameroun est donc un hĂ©ritage prĂ©cieux avec lequel nul n’a le droit de prendre des libertĂ©s. Et quelle que soit la pertinence d’une revendication, celle-ci perd toute lĂ©gitimitĂ©, sitĂ´t qu’elle compromet, tant soit peu, la construction de l’unitĂ© nationale», fin de citation.

Je vous remercie de votre aimable attention.


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