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Au Cameroun, on se souvient d’Adolf Lottin A Samè

Adolf Lottin A Samè. ©Droits réservés

70 ans après sa mort, la congrégation qu’il a rénovée et pour laquelle il s’est battu toute sa vie lui organise un mémorial qui va s’étendre sur toute l’année.

La Native baptist church of Cameroon (Nbc) n’oublie pas Adolphe Lottin A samè. Décédé le 29 décembre 1946, le pasteur de la congrégation garde une forte empreinte dans les cœurs des membres de cette communauté religieuse. C’est à ce titre qu’elle lui organise un mémorial, qui va s’étendre du 21 avril au 10 décembre 2017. Huit mois pour rendre hommage à un homme insoumis dont la vie et les combats ne sauraient être retracés dans ce laps de temps.

Adolf Lottin A Samè est  mort à 65 ans, diminué par de longues années de quête pour le respect des valeurs auxquelles il croyait dur comme fer. Il pensait que les Noirs devaient gagner leur autonomie, était convaincu que les colons n’avaient pas à leur imposer une orientation religieuse, militait pour que l’église à la tête de laquelle il était, survive aux tempêtes coloniales.

Au gré des colons, français notamment,  il sera combattu, pourchassé, emprisonné, persécuté. Mais il résistera, malgré l’interdiction de la Native baptict church of Cameroon qu’il préside depuis 1921. Ce qui fait dire à ses héritiers qu’il a inspiré l’action des nationalistes qui ont « prolongé son action sur le plan politique » au Cameroun. Trop subversif, trop avant-gardiste, trop libre d’esprit, Adolf Lottin A Samè aura réussi. La preuve aujourd’hui, avec ce mémorial que lui organise la Native baptist church, qui parle fièrement de l’héritage du père du chanteur à succès, Eboa Lotin. Une conférence-débat a eu lieu vendredi dernier à l’université protestante de Yaoundé. Animé par le Pr Daniel Abwa, ce moment d’échanges était l’occasion de refaire les pas de cet homme rentré dans l’histoire du Cameroun.


Au-delà de son engagement militant, Adolf Lottin A Samè a légué un répertoire de 400 chansons religieuses résumé dans l’Esew’a Bosangui (Saints cantiques). Le président général de cette congrégation, le Révérend Job Salomon Nsoga, lui, pense que ledit répertoire approcherait les 600 chansons.

Le mémorial va donc s’étendre jusqu’au 10 décembre prochain. Des concerts, expositions photos, conférences- débats vont meubler ces célébrations sur les mois à venir. Ces manifestations vont être clôturées par une soirée souvenir « Soir au village » à laquelle sont invités, les artistes, Greg Belobo, Manu Dibango, Toto Guillaume, Marco Mbella, Coco Mbassi, Kareyce Fotso, Ben Decca, Grâce Decca, entre autres.

 

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