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Cameroun: Paul Biya ordonne de rétablir Internet en zone anglophone

Selon un communiqué du ministre de la Communication publié jeudi, l’Etat veillera à ce qu’Internet ne soit pas utilisé pour la diffusion de message jugés hostiles à la République.

Le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, a décidé de mettre un terme à la coupure d’Internet infligée aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis le 17 janvier 2017, en riposte à une succession de manifestions corporatistes lancées en octobre dernier. Il instruit à cet effet la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng de «demander aux opérateurs de téléphonies mobile de rétablir la connexion» dans la zone. C’est ce qu’indique un communiqué du ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, lu à la radio publique ce jeudi, 20 avril 2017.

Selon ce communiqué, le gouvernement avait procédé à la suspension de la connexion dans cette partie du pays du fait de certains messages «incitant à la haine» et à l’«hostilité contre la République». Lesdits messages étaient le fait de mouvements contestataires qui demandent le retour au fédéralisme pour certains, et la sécession du pays pour d’autres. Ces groupes appelaient la population à observer des grèves et des villes-mortes.

Le retour au calme dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest serait, selon Tchiroma, la raison pour laquelle le gouvernement a décidé de rétablir la connexion Internet. Des étudiants ayant quitté Bamenda cette semaine ont dressé à Journal du Cameroun le portrait d’une ville toujours sous tension. Selon eux, il arrive encore des moments où des commerces restent fermés pendant des jours en signe  de grève.

«Il reste entendu que le gouvernement se réserve le droit de prendre en tant que de besoin des mesures appropriées pour éviter qu’Internet ne soit locomotiser  pour susciter la haine et la discorde entre les Camerounais ou pour créer des troubles à l’ordre public», poursuit le communiqué.


L’instruction du chef de l’Etat survient  une semaine après une exhortation de l’Onu visant le rétablissement de l’Internet dans les deux régions anglophones. «C’est une situation déplorable. J’encourage le gouvernement camerounais à prendre toutes les mesures qu’il jugerait appropriées, dans les meilleurs délais et dans le cadre de la loi, afin de créer des conditions favorables au renforcement de la confiance nécessaire à la sortie de crise», avait déclaré un émissaire de cette institution le 13 au terme d’une visite de quatre jours.

Avant l’Onu, des ONG, à l’instar d’Internet sans frontière, avaient dénoncé ce qu’ils qualifiaient d’entorse «aux libertés d’expression» et déploré les effets de cette mesure  sur les start-up basées dans la zone anglophone. Des internautes avaient suivi le pas en lançant le hashtag «Bring back our Internet». Sur place, un «camp de réfugié Internet» avait été créé dans le Nord-Ouest pour permettre aux entrepreneurs de poursuivre leurs activités.

 

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