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Cameroun: pourquoi la grande UPC?

Par Jean-Pierre Djemba

Parce que l’UPC a toujours Ă©tĂ© grande. C’est en effet, la rĂ©ponse que d’emblĂ©e, on pourrait donner Ă  cette question dont la formulation bien que banale en apparence, est loin de l’ĂŞtre en rĂ©alitĂ©. Une rĂ©ponse qui serait suffisante et ne serait ni une simple clause de style ni une simple vue d’esprit. En effet, l’UPC a toujours Ă©tĂ© grande.

L’UPC a Ă©tĂ© grande du point de vue des raisons pour lesquelles elle a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e le 10 avril 1948 dans le bar Sierra Ă  Douala, Ă  savoir, pour restaurer le Cameroun dans tous ses droits tangibles et intangibles. Elle l’a aussi Ă©tĂ© par les hommes qui l’ont portĂ©e sur les fonts baptismaux. Au nombre de ceux-ci, il y avait notamment Bouli LĂ©onard, et, le plus illustre d’entre eux, Ruben Um NyobĂ©. Elle l’a ensuite Ă©tĂ© par la façon magistrale dont elle a menĂ© son combat jusqu’en 1990, pour s’acquitter de sa mission historique : obtenir la RĂ©unification et l’IndĂ©pendance rĂ©elle du Cameroun. Une IndĂ©pendance qui n’aurait dĂ» absolument rien Ă  voir avec celle dont le colonisateur a gratifiĂ© notre pays en 1960. Rien qu’en se limitant Ă  ses trois raisons, l’on ne saurait dire honnĂŞtement et objectivement le contraire sur la grandeur de l’UPC que nous proclamons.

Mais, cette dĂ©monstration est loin d’ĂŞtre suffisante et surtout ne rĂ©pond pas totalement Ă  la question multi facettes posĂ©e : Pourquoi la Grande UPC ? Oui, la grande UPC aussi parce que notamment, toutes celles qui parlent actuellement en son nom, toutes les chapelles de l’UPC, n’en sont pas, ne serait-ce que parce qu’elles sont multiples. Et le simple fait qu’elles s’en rĂ©clament toutes et portent son nom, en est encore la preuve si besoin Ă©tait. La Grande UPC par dĂ©finition devra absorber toutes les petites UPC : celle que l’on qualifie de gouvernementale ; celle qui se rĂ©clame des fidèles ; mais surtout celle qui, tout en Ă©tant une excroissance directe de l’UPC Ă  cause de la particularitĂ© de l’histoire et des conditions de sa crĂ©ation, s’est donnĂ©e le nom de Manifeste pour la Nouvelle IndĂ©pendance et la DĂ©mocratie (Manidem), le parti que dirige Ă  prĂ©sent le camarade Hebga et qu’Ă  fondĂ© le camarade Anicet EkanĂ©.

Mais ce n’est pas tout car, toujours par dĂ©finition, la Grande UPC devra aussi absorber toutes les autres organisations de la mouvance et d’obĂ©dience upĂ©cistes. Cette fois-ci, il ne s’agit plus de l’UPC mais des upĂ©cistes. Un genre qui n’a pas toujours possĂ©dĂ© la carte de membre de l’UPC. Les organisations dont on parle ici, sont nombreuses. Cette mouvance va de la plus active d’entre elles, le conseil National de la RĂ©volution/Mouvement Um Nyobiste (CNR/MUN) que dirige le camarade TenĂ© Sop, Ă  la kyrielle des organisations crĂ©Ă©es par les membres du cĂ©lèbre Parlement Estudiantin, dont un certain nombre se rĂ©clamait de l’upĂ©cisme.

Et après tout ce qui prĂ©cède, on pourrait croire que l’on a fait le tour de la question de la Grande UPC alors qu’on en est encore bien loin car, il y a aussi des personnalitĂ©s upĂ©cistes. Des femmes et des hommes qui n’ont jamais appartenu Ă  l’UPC mais qui ont toujours Ă©tĂ© upĂ©cistes de c ur et de conviction. Dans le passĂ©, le plus cĂ©lèbre de cet espèce rare mais Ă´ combien prĂ©cieuse Ă©tait certainement l’Ă©mĂ©rite Docteur BĂ©bey Eyidi Marcel. A prĂ©sent, l’espèce existe toujours, nous pouvons l’affirmer sans crainte de nous tromper, il faut simplement aller la chercher et dĂ©finir avec ses reprĂ©sentants qui sont nombreux dans notre pays, les modalitĂ©s de sa participation Ă  la lutte que nous allons relancer sur de nouvelles bases organisationnelles et politiques. C’est une simple question d’intelligence politique dont sera capable la direction que les upĂ©cistes, les militant de l’UPC et les militants non encartĂ©s de l’UPC, se donneront.

Pourquoi ensuite, la Grande UPC ? Parce que sans elle, sans unitĂ© de l’UPC dans tout ce qu’elle compte et reprĂ©sente dans notre pays sur le plan humain, moral et culturel notamment, il n’y aura pas de victoire pour la lutte que nous menons contre le rĂ©gime en place au Cameroun depuis 1960.

Et pourquoi enfin la Grande UPC ? Parce que sans elle il n’y aura tout simplement pas de RĂ©volution au Cameroun. C’est elle qui est le rĂ©ceptacle des camerounais ayant le niveau de conscience politique que requiert la dure et complexe lutte rĂ©volutionnaire. C’est donc elle qui en dĂ©finitive peut et doit conduire la RĂ©volution au Cameroun. Une RĂ©volution qui doit balayer le vieil, archaĂŻque et fĂ©odal ordre politique en place actuellement et mettre Ă  sa place, un nouvel ordre moral, politique, Ă©conomique et social Ă©tant fondamentalement en rapport Ă©troit avec les valeurs et les principes fondamentaux du peuple camerounais.

And last but not least, parce que 2018 pointe Ă  un horizon proche que l’on dit mĂŞme possible en 2017 puisque tout dĂ©pend dans notre pays des humeurs du monarque d’Etoudi. En effet, dans deux ans, si la pauvre constitution camerounaise est respectĂ©e pour une fois, il va se tenir au Cameroun au mois d’octobre, une Ă©lection prĂ©sidentielle qui va ĂŞtre un tournant pour notre pays que dirige depuis 34 ans un seul homme.


Un règne long devenu par la seule volontĂ© et pour les seuls intĂ©rĂŞts d’un homme, si long qu’Ă  lui tout seul, il constitue dĂ©sormais, un casus belli, une anomalie, une calamitĂ© pour l’Etat de droits que nous les rĂ©publicains et les dĂ©mocrates authentiques s’Ă©vertuent laborieusement de construire dans notre pays pour le bien de tous, et une raison de l’ire nĂ©cessaire et suffisante pour y mettre enfin un terme. En 2018, l’on devra absolument mettre fin Ă  cette longue aberration en obtenant par tous les moyens le dĂ©part de Paul Biya qui doit cĂ©der la place Ă  un autre camerounais.

Un dĂ©part qui conditionne notablement l’avenir de notre pays. La Grande UPC devra prendre toutes ses responsabilitĂ©s et toute sa place aux premières loges, dans ce qui va se passer. Elle ne pourra les prendre qu’en s’Ă©tant reconstruite et en Ă©tant redevenue capable de jouer son rĂ´le de parti d’avant-garde de notre peuple et de notre pays. Elle en a le potentiel et doit simplement se donner les possibilitĂ©s pour se mettre en ordre de bataille.

L’UPC a assez perdu de temps. Pendant vingt-six ans, depuis le retour d’exil de ses membres en ordre dispersĂ©, chacun a eu le loisir d’y aller de sa petite musique et de ses petits rĂŞves de chef. L’heure du bilan a sonnĂ©. Un bilan que chacun doit avoir la luciditĂ© de faire pour lui-mĂŞme d’abord et ensuite pour les autres. Le temps oĂą l’on croyait que l’on peut faire ceci et cela est dĂ©sormais rĂ©volu. La fantasmagorie politique doit dĂ©sormais cĂ©der la place Ă  la responsabilitĂ©, Ă  la rĂ©alitĂ© et Ă  la certitude des faits avĂ©rĂ©s et de la capacitĂ© de faire des uns et des autres. La confrontation des bilans respectifs d’une part, et les enjeux, d’autre part, le commandent impĂ©rativement.

La grande ambition que nous nourrissons lĂ©gitimement pour le Cameroun et la grande entreprise qui en dĂ©coule pour sa rĂ©alisation ne peuvent ĂŞtre menĂ©es Ă  bon port que par la Grande UPC dirigĂ©e par des patriotes ayant une vision, Ă©tant conscients des enjeux, justifiant d’une rĂ©elle capacitĂ© politique et organisationnelle et Ă©tant rĂ©solus, et l’ayant prouvĂ©. La direction de la Grande UPC et les travaux d’Hercule qui l’attendent, ne peuvent pas nĂ©cessiter moins que cela si l’on veut faire la RĂ©volution au Cameroun. Il ne s’agit plus de faire du cabotage entre les diffĂ©rents ports de la cĂ´te de notre pays mais de naviguer au long cours. Et pour cela, il nous faut un barreur d’exception.


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