Société › Société

Cameroun: Récompensé pour sa lutte en faveur du foncier équitable

Nasako Besingi a reçu le prix TAIGO 2012, de l’acteur non Ă©tatique pour son combat contre l’accaparement des terres dans la rĂ©gion du Sud-ouest

Mercredi 12 dĂ©cembre 2012, Nasako Besingi originaire de la rĂ©gion du sud-ouest du Cameroun, a officiellement reçu des mains du Centre pour l’Environnement et le DĂ©veloppement (CED), son prix TAIGO, rĂ©cupĂ©rĂ© en son nom lors d’une cĂ©rĂ©monie solennelle au Hilton HĂ´tel de YaoundĂ©. Je suis absolument ravi, je ne m’attendais pas Ă  ce qu’on me donne un prix parce que lorsque j’ai dĂ©butĂ© mon combat contre l’accaparement de nos terres, je souhaitais juste que l’affaire soit rĂ©glĂ©e du jour au lendemain. Pour autant, je suis bien content de recevoir ce prix qui dĂ©montre, que je ne suis pas dans le tort et que des gens sĂ©rieux partagent mon opinion et notre combat, a expliquĂ© Monsieur Besingi, s’adressant aux journalistes. Le prix TAIGO, lui a Ă©tĂ© dĂ©cernĂ© en raison du combat qu’il mène contre l’occupation illĂ©gale et illĂ©gitime des terres de sa localitĂ© de Mundemba, par la firme amĂ©ricaine Herakles Farm. Je souhaite et j’espère surtout qu’ĂŞtre ainsi rĂ©compensĂ©, va stimuler tous ceux qui travaillent Ă  mes cĂ´tĂ©s, Ă  faire entendre que le projet de cette entreprise n’est pas le bon pour notre rĂ©gion. Herakles Farm doit arrĂŞter ses travaux et le gouvernement doit pouvoir les utiliser Ă  une meilleure orientation, a ajoutĂ© Monsieur Besingi.

Les motifs de sa rĂ©compense ne sont pas connus, mais selon M. Samuel Nguiffo le principal responsable du CED, Nasako Besingi et ceux qui partagent son combat est celui qui a le plus apportĂ© des informations sur l’Ă©volution et l’expansion de la firme amĂ©ricaine dans la localitĂ©. La remise de ce prix intervient alors que le rĂ©cipiendaire est sur le coup d’une procĂ©dure judiciaire. Fin novembre 2012, il a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© sur instruction de l’ancien sous-prĂ©fet de Mundemba pour tentative d’enlèvement du gouverneur, qui devait visiter avec SGSOC, la filiale camerounaise de Herakles Farm, le projet de construction de palmier Ă  huile. Il n’en est rien, c’est de la diffamation pure et simple. Dès le dĂ©part, nous avons toujours usĂ© des voies lĂ©gales pour nous opposer au projet, parce que des populations se sont levĂ©es un matin et se sont vues interdire l’accès Ă  des zones qui jusque-lĂ  leurs servaient pour la pĂŞche, la chasse ou l’agriculture. Des personnes nous ont fait savoir que c’Ă©tait sur accord du PrĂ©sident de la RĂ©publique du Cameroun qu’ils Ă©taient lĂ . Mon arrestation n’est que le point culminant de longues pĂ©riodes de menaces dont je fais l’objet parce que je refuse d’accepter que les choses se passent ainsi, fait savoir Nasako. Dans son combat, le Camerounais est appuyĂ© indirectement par des actions croisĂ©es d’autres organisations nationales ou internationales. Nous n’avons rien contre le projet d’augmentation des surfaces de cultures du palmier Ă  huile au Cameroun, au contraire. Nous comprenons bien le besoin de combler le gap de production au Cameroun et aussi l’ambition d’ĂŞtre Ă©mergeant en 2035. Mais en vĂ©ritĂ©, quelle Ă©mergence aura le Cameroun si ses populations n’ont plus de terre. D’un autre cĂ´tĂ©, c’est seulement maintenant que le gouvernement rĂ©flĂ©chit sur sa stratĂ©gie palmier Ă  huile, comment ces gens-lĂ  ont-ils pu obtenir des accords pour investir dans un domaine oĂą il n’existe pas encore de stratĂ©gie gouvernementale. Nous ne pensons pas qu’Ă©largir les surfaces cultivĂ©es soit LA solution. Il existe d’autres et on en discute avec le gouvernement qui se montre rĂ©ceptif», a expliquĂ© David Doyle, un des responsables du Fonds des Nations Unies pour l’environnement (WWF).

Au CED on apporte une autre logique. «Ce qui dĂ©range c’est qu’on donne des terres Ă  des gens soit disant pour le palmier Ă  huile, alors qu’ils ne cultivent pas du palmier Ă  huile. Imaginons que finalement ces terres ne servent pas Ă  cultiver ces plantes, que fait-on? Nous ne nous opposons pas aux autoritĂ©s, mais nous leur demandons de mieux repenser cette situation», a indiquĂ© pour sa part Samuel Nguiffo. Aujourd’hui encore, on n’a aucune information sur le dĂ©veloppement du projet, si ce n’est que des hectares de forĂŞts ont Ă©tĂ© dĂ©vastĂ©s. Le gouvernement sur le sujet se refuse Ă  tout commentaire. C’est pourtant un de ses responsables qui aurait signĂ© une convention foncière attribuant 70 000 hectares de terrain, Ă  1 Dollars US l’hectare, pour une pĂ©riode de 99 ans.


Nasako Besingi, récipiendaire du prix TAIGO 2012

Journalducameroun.com)/n

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

Ă€ LA UNE
Retour en haut